La paralysie menace le gouvernement américain

Le bras de fer engagé est d’autant plus crucial pour Donald Trump que ce dernier n’a à ce stade aucune grande mesure à son actif.
Photo: Jim Watson Agence France-Presse Le bras de fer engagé est d’autant plus crucial pour Donald Trump que ce dernier n’a à ce stade aucune grande mesure à son actif.

Le gouvernement du président Donald Trump a réaffirmé dimanche que le financement de son mur à la frontière mexicaine est une condition à l’approbation du budget américain, quitte à risquer une paralysie du gouvernement en cas d’échec des négociations.

Le milliardaire républicain espère que le Congrès approuvera dans les jours qui viennent une partie du financement de ce mur, promesse phare de sa campagne, avant d’entériner lui-même le budget.

Faute d’accord, le gouvernement risque d’être paralysé samedi prochain, à l’occasion du 100e jour du magnat new-yorkais à la Maison-Blanche, ce qui engendrerait la fermeture de facto d’agences gouvernementales.

Le directeur du Budget, Mick Mulvaney, a tendu la main à l’opposition démocrate, affirmant que la Maison-Blanche était prête à lâcher du lest sur la réforme de l’assurance maladie « Obamacare », pour obtenir ce financement.

Obamacare est en sérieux danger. Les démocrates ont besoin de beaucoup d’argent pour aller de l’avant — ou [Obamacare] mourra bien plus tôt que quiconque ne l’a prévu

À défaut, Donald Trump mettra-t-il son veto au budget ? « Je ne sais pas encore », a répondu Mick Mulvaney sur Fox News. « Nous demandons à ce que nos priorités » soient financées. « La paralysie n’est pas ce que nous désirons et ce n’est pas un levier. Nous ne voulons pas en arriver là », a-t-il ajouté.

« Obamacare est en sérieux danger. Les démocrates ont besoin de beaucoup d’argent pour aller de l’avant — ou [Obamacare] mourra bien plus tôt que quiconque ne l’a prévu », a menacé Donald Trump dans un tweet dimanche après-midi.

« Les démocrates ne veulent pas que l’argent du budget aille au mur à la frontière bien qu’il va stopper la drogue et les gangs », a-t-il encore dénoncé.

À terme, a promis le 45e président américain, « le Mexique va payer, d’une manière ou d’une autre, pour le mur dont on a tant besoin ».

Photo: Guillermo Arias Agence France-Presse Vue de la clôture qui trace la frontière entre le Mexique et les États-Unis

Symbole

Les démocrates ne semblent toutefois pas enclins à saisir cette occasion. « Penser qu’il pourrait envisager la paralysie du gouvernement américain en raison de sa proposition excentrique de mur à la frontière, […] ce serait le comble de l’irresponsabilité », a dénoncé le numéro 2 démocrate au Sénat, Dick Durbin, sur CNN.

De son côté, le ministre de la Sécurité intérieure, John Kelly, a estimé sur CBS que le financement du mur « valait certainement le coup de mener une dure négociation ».

« Cela nous aidera à réaliser la promesse que le président a faite au peuple américain », a abondé le ministre de la Justice, Jeff Sessions, sur ABC.

Le bras de fer engagé est d’autant plus crucial pour Donald Trump que ce dernier n’a à ce stade aucune grande mesure à son actif, à moins d’une semaine de la date symbolique de son centième jour au pouvoir.

À cette occasion, la Maison-Blanche a prévu une série d’événements toute la semaine, qui culminera avec un grand rassemblement sur son thème fétiche, « l’Amérique d’abord » et un discours samedi prochain.

Régulièrement, le spectre d’une paralysie du gouvernement fédéral est brandi lors des négociations sur le budget aux États-Unis. Souvent évitée, elle est toutefois devenue réalité à quelques reprises ces dernières années, notamment en 2013 déjà sur fond d’affrontement politique concernant « Obamacare », mesure emblématique du mandat de Barack Obama. Le blocage avait alors duré 16 jours.

4 commentaires
  • Yvon Pesant - Abonné 24 avril 2017 09 h 04

    Le mur du con

    Il n'y a pas si longtemps, à Berlin, un mur de la sorte, on l'appelait le "mur de la honte".
    Et tout le monde aux États-Unis s'est réjoui de le voir tomber en 1989.

    Bien sûr, le mur de Berlin était plus le fait des méchants communistes alors que celui de monsieur Trump serait le fait de...

    De qui et de quoi, au juste?

  • Nicole Delisle - Abonné 24 avril 2017 09 h 46

    100 jours d'irresponsabilité et de délinquance!

    Si ces premiers cent jours sont annonciateurs des années "trumpiennes" à venir, les
    américains n'en ont pas fini d'en voir de toutes les couleurs! Désorganisation structurée, improvisation continuelle, marchandage abusif, non-transparence sur les conflits d'intérêts du président, garde rapprochée teintée de partisanerie familiale et l'on en passe! Quant à la politique extérieure, elle est catastrophique pour quiconque s'y intéresse. Manque de sérieux, de diplomatie et de connaissance des enjeux géo-politiques sont les grandes lignes de sa conduite jusqu'à date. Un bouffon qui semble se foutre éperdument de son rôle et de sa responsabilité! Il décevra beaucoup et encore plus s'il déclenche une guerre dont personne ne veut. Avec son caractère narcissique, rien n'est moins sûr!

  • Claude Gélinas - Abonné 24 avril 2017 10 h 20

    Frapper un mur !

    Et si à l'instar de d'autres décisions rendues obsolètes et contestées le Président frappait un mur dans le financement de sa promesse électorale déraisonnable ce serait peut-être là le début de la sagesse, une sagesse qui lui fait tellement défaut.

  • Denis Paquette - Abonné 24 avril 2017 15 h 20

    peut etre que les paradis sont faits pour ne durer qu'un temps

    «L'Amérique d'abord ,n'en a-t-il pas toujours été ainsi, a la différence pres que l'amérique n'a jamais boudé le commerce, serait-ce que l'amérique n'est plus ce qu'il a été, et dire qu'il y a deux cent ans ils importaient des esclaves par pleins bateaux , l'amérique, devant la complexité du monde serait-elle devenue frileuse, le paradis d'antan serait- il sur le point de s'effronder