Pour sortir de sa bulle cette semaine: divergences idéologiques à la Maison-Blanche, déficit de loyauté et le problème nord-coréen

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques quand on parle de Donald Trump ? Ornières d’autant plus profondes à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions. À la manière de la série « Burst Your Bubble » du Guardian, Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.


La déchéance de Steve Bannon?
Quelqu’un peut-il réconcilier Donald Trump avec Steve Bannon, l'idéologue d'abord présenté comme l'homme fort de la Maison-Blanche, mais que le président prétend désormais à peine connaître ? C’est la question que pose d’emblée Rich Lowry dans une collaboration avec le Politico Magazine. L’éditorialiste du National Review revient ici sur les luttes intestines au sein de la Maison-Blanche, plus précisément sur les divergences entre Steve Bannon et Jared Kushner, gendre du président. Ce dernier se voit attribuer de plus en plus de responsabilités, alors que Bannon semble de son côté sur la sellette depuis que le président Trump a pris ses distances dans un entretien pour le New York Post cette semaine.

Extrait: « How did we get to this point? Bannon is saddled with the failed launch of the first travel ban, a gruff personal style that doesn't necessarily wear well in the corridors of power, and (fairly or not) the rocky first several months that have seen Trump's numbers sink while the Republican Congress spins its wheels. »

Traduction libre : « Comment en sommes-nous arrivés là ? Bannon est d’abord accablé par l’échec du premier décret migratoire de Donald Trump. Il met aussi de l’avant un style râpeux qui détonne dans les couloirs du pouvoir, et les premiers mois (plus ou moins) cahoteux de la présidence ont vu la popularité de Trump plonger alors que le Congrès (républicain) roule sa bosse. »

Lisez l'article : « When Jared Wins »


La Longue Marche de Donald Trump
Donald Trump fait face à un problème de taille : un déficit de loyauté dans son entourage. Le président n'a pas suffisamment de gens qui lui sont loyaux pour garnir son administration. Sans expérience politique antérieure, explique le chroniqueur Byron York dans le Wasghinton Examiner, Trump n'a pas pu mettre les pieds à Washington avec un bassin de fidèles accumulés au fil du temps. Le chroniqueur illustre son propos avec une comparaison pour le moins inattendue : la Longue Marche, au terme de laquelle le Grand Timonier Mao Zedong a pris les reines de la Chine continentale, entourés d'un noyau de vétérans révolutionnaires. Noyau dont ne peut jouir Donal Trump à l'heure actuelle.

Extrait: « In Chairman Mao's China, veterans of the Long March held a special status; they had been with the Great Helmsman for the entire journey. The situation is much the same in any American political operation, where candidates value people who have been with them all the way. In TrumpWorld, that's nobody — outside the president's family and a few assistants from Trump's company. »

Traduction libre : « Dans la Chine de Mao, les vétérans de la Longue Marche jouissaient d’un statut spécial; ils avaient accompagné avec le grand leader pendant toute l’aventure. Cette dynamique peut se transposer sur n’importe quelle entreprise politique américaine, où les candidats apprécient ceux qui sont avec eux depuis le début et qui les ont soutenus tout au long du trajet. Dans l’univers de Donald Trump, personne ne correspond à cette définition — sinon la famille du président et quelques assistants de l’entreprise Trump. »

Lisez l'article : « Donald Trump's Long March problem »


Le piège nord-coréen
Avec le récent regain de tensions dans la péninsule coréenne, certains commentateurs conservateurs remettent en question le jeu d’alliances des États-Unis. C’est le cas de Patrick J. Buchanan, dans les pages de The American Conservative dont il est l’un des fondateurs. « Si la Chine ne règle pas le cas de la Corée du Nord, nous le ferons », disait cette semaine le président Donald Trump. Pourquoi serait-ce aux États-Unis de « régler » le « problème nord-coréen » ? « Ne serait-il pas préférable que nous conservions la pleine liberté d’action et de décision sur la manière de répliquer, si la Corée du Nord en venait à attaquer ? » demande l’éditorialiste. Buchanan se dresse ici en partisan d'une véritable politique étrangère sous le sigle de « l'Amérique d'abord », slogan qu'il reprend de la bouche du président Trump pour critiquer ce qui apparaît comme un changement de cap.

Extrait: « The United States is in rising danger of being dragged into wars in half a dozen places, because we have committed ourselves to fight for scores of nations with little or no link to vital U.S. interests. »

Traduction libre : « Les États-Unis sont de plus en plus à risque d'être entraînés dans des guerres aux quatre coins du monde, parce que nous nous sommes engagés à combattre aux côtés de quantité de pays ne représentant pas (ou peu) un intérêt vital pour l'Amérique. »

Lisez l'article: « Why Is Kim Jong-un Our Problem? »