Pour sortir de sa bulle cette semaine: populisme, assurance maladie et image chancelante

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques quand on parle de Donald Trump ? Ornières d’autant plus profondes à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions. À la manière de la série « Burst Your Bubble » du Guardian, Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Les textes choisis cette semaine viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.


Au-delà de la crise
La récente débâcle entourant le projet de réforme de santé de Donald Trump laisse entrevoir une certaine discorde au sein de l’équipe mise en place par le président républicain. Mais si cette crise était plus grande qu’un simple projet de loi avorté ? Plus grande même que les sondages défaillants et les multiples scandales… Selon Rich Lowry, l’éditeur du National Review qu’on peut régulièrement entendre sur les ondes de Fox News, cette dernière reposerait en effet plutôt sur une incompréhension du populisme de Trump. Incompréhension que l’auteur détaille dans The Crisis of Trumpism publié sur Politico.

Extrait : «Maybe Ryan doesn’t “get” the new political reality created by Trump’s victory, as the president’s boosters like to say. But what excuse does the president himself have for evidently not “getting” it, either?»

Traduction libre : « Peut-être que [Paul] Ryan ne saisit pas très bien cette nouvelle réalité politique créée par l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche [...]. Mais quelle est l’excuse du président lui-même ? Pourquoi ne semble-t-il pas plus la comprendre ? »

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Les limites de l’assurance maladie ?
La réforme de santé proposée par les républicains était, sans conteste, vouée à l’échec. Mais rien n’indique, jusqu’à présent, que l’Obamacare serait bien mieux, soutient Ross Douthat, la voix conservatrice de la page éditoriale du New York Times. Dans un texte intitulé Is Obamacare a Lifesaver ?, l’auteur revisite les arguments pour et contre la mise en place d’une couverture médicale universelle.  

Extrait : «Maybe Obamacare is a huge lifesaver, but so far the evidence is conspicuously missing. The link between health insurance and actual health has always been a lot murkier than most champions of universal coverage admit, with studies going back decades that show little evidence that giving people insurance actually makes them healthier.»

Traduction libre : « Peut-être que l’Obamacare permettra de sauver bien des vies, mais pour le moment, les preuves allant en ce sens manquent cruellement. Le lien entre la mise en place d’une assurance maladie et la santé réelle n’a jamais été aussi clair que ce que veulent bien prétendre les défenseurs de la couverture universelle. En fait, malgré les nombreuses études portant sur la question, peu de résultats ont jusqu’à présent réussi à démontrer que les personnes disposant d’une telle assurance sont en meilleure santé. »
 
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La face cachée de Trump
Loin de ne faire que des heureux, Donald Trump s’attire depuis ses débuts à la Maison-Blanche les foudres de plusieurs conservateurs. Parmi eux, on peut compter, depuis le temps des primaires républicaines, Ben Shapiro, un fier partisan de la droite américaine et ancien auteur pour le controversé Breibart. Dans un texte intitulé When does Trump become the establishment? et publié ces jours-ci dans le Conservative Review, l’auteur fustige le président américain, déplorant que ce dernier s’assoie sur son image « anti-establishment », mais n’en fasse, finalement, pas grand-chose.  

Extrait : « And because Trump played an anti-establishment figure on TV, too many conservatives assume he is one. He isn’t. President Trump is anti-establishment when it comes to persona, of course — he thinks that every governmental Gordian knot can be cut, that he can simply bulldoze his opposition, that deals are for sissies and that tough guys finish first. But the deals he wants to cut look a lot more like former President George W. Bush’s “compassionate conservatism”. »

Traduction libre : « Et parce que Trump joue, depuis le début, la carte de “l’anti-establishment”, de nombreux conservateurs croient que c’est ce qu’il représente. Or, il n’en est rien ! Oui, la personnalité du président Trump tranche avec celle de l’“establishment” politique traditionnel — il pense que tous les nœuds gouvernementaux peuvent être coupés, qu’il peut simplement passer outre à l’opposition et que les vrais hommes finissent toujours par gagner. Mais concrètement, ce qu’il propose de changer ressemble beaucoup au “conservatisme compatissant” qu’offrait l’ancien président George W. Bush. »

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