Michael Flynn parlera à condition d’avoir l’immunité

Michael Flynn avait été nommé conseiller à la sécurité nationale en novembre dernier après avoir conseillé le milliardaire pendant sa campagne.
Photo: Carolyn Kaster Associated Press Michael Flynn avait été nommé conseiller à la sécurité nationale en novembre dernier après avoir conseillé le milliardaire pendant sa campagne.

L’ancien conseiller de Donald Trump Michael Flynn veut bien parler aux enquêteurs de l’affaire russe, mais voudrait d’abord obtenir l’immunité, ce que les élus ne semblent pas pressés de lui accorder.

C’est l’offre qu’a soumise, à la police fédérale (FBI) ainsi qu’aux deux commissions d’enquête de la Chambre des représentants et du Sénat, celui qui a été forcé de démissionner en février pour avoir menti au vice-président sur ses contacts avec l’ambassadeur russe aux États-Unis.

Mais selon la chaîne NBC, qui cite vendredi une source anonyme au Congrès, l’avocat de Michael Flynn se serait vu répondre que l’option de l’immunité n’est pour le moment « pas sur la table ».

« C’est un geste grave de la part d’un conseiller à la sécurité nationale de demander l’immunité. Beaucoup de travail reste à faire avant même d’envisager [de la lui accorder] », a renchéri Adam Schiff, le chef de file des démocrates à la commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

M. Schiff précise qu’il va cependant en « discuter » avec ses homologues du Sénat et le département de la Justice.

Selon l’avocat de cet ancien général, Robert Kelner, M. Flynn « a assurément une histoire à raconter et il veut vraiment la raconter, si toutefois les circonstances le permettent », a-t-il écrit dans un communiqué.

« Par respect pour les commissions » d’enquête au Congrès, a-t-il précisé, « nous ne commenterons pas les détails des discussions » entre l’ancien conseiller et celles-ci.

La Maison-Blanche dit n’avoir rien à craindre

Quelle est la substance des révélations dont l’ex-conseiller souhaite se délester ? Et surtout, celles-ci sont-elles de nature à faire trembler le président Trump ?

Les parlementaires et le FBI s’intéressent actuellement à l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, et notamment à une éventuelle collusion entre l’entourage de Donald Trump et des responsables russes, démenties par le milliardaire.

Celle du FBI tente notamment d’établir « s’il y a eu coordination » entre l’équipe de campagne de Donald Trump et les « efforts russes » d’interférer dans la présidentielle, a confirmé la semaine dernière son directeur, James Comey.

Le président américain s’est en tout cas montré serein, vendredi, en assurant dans un tweet matinal que « Mike Flynn devrait demander l’immunité » dans un contexte de « chasse aux sorcières » politique ourdie par l’axe médias-opposition démocrate.

« Le président est très clair. Il veut que Mike Flynn soit ouvert et transparent », a renchéri le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer.

Il reste que la demande d’immunité de l’ex-général, révélée d’abord par le Wall Street Journal, suggère la crainte d’éventuelles poursuites.

Ce genre d’accord, informations contre immunité, est assez classique aux États-Unis. Le Congrès peut d’ailleurs, selon la loi fédérale, la garantir pour faire témoigner une personne, mais réserve généralement cette option dans le cadre de dossiers judiciaires épineux.

7 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 31 mars 2017 07 h 42

    Quand on ceache en l'air..

    Le brillant ex-général affairiste avait encouragé le «lock her up» à propos de Mme Clinton. Et comme entendu chez un commentateur, c'est devenu «don't lock me».

  • Claude Poulin - Inscrit 31 mars 2017 08 h 02

    Un "loose cannon"

    Le nuage s'épaissit sur l'administration Trump et il devient clair qu'une grave tempête se prépare et que les tactiques du conseiller Bannon pour couvrir les scandales qui s'accumulent de jours en jours, ne marchent plus. Michael Flinn est un "loose cannon" et Dieu sait les domages qu'il pourrait poser si jamais il devait témoigner devant les parlementaires.

    • Claude Poulin - Inscrit 31 mars 2017 10 h 20

      Correctio...dommages qu'il pourrait causer...

    • Pierre Fortin - Abonné 31 mars 2017 19 h 46

      Il est bien possible que le Général Flynn soit un " Loose canon ", mais ce qu'il a à dire devrait apporter un peu plus d'éclairage sur l'administration américaine et ses turpitudes.

      L'aventure Donald Trump montre bien que le Président ne contrôle pas seul la machine.

  • André Labelle - Abonné 31 mars 2017 10 h 26

    TRUMP EX-PRÉSIDENT ?

    Trump pourra-t-il se maintenir encore longtemps à la présidence des USA ? Pourra-t-il seulement terminer son premier mandat ? De plus en plus de factions qui l'ont appuyé, se braquent maintenant contre lui. On voit clairement que Trump, ce fort en geule, est incapable de livrer la marchandise comme il l'avait promis.

    En fait on voit bien que tous les outils constitutionnels américains pour éviter la main mise de leur président sur la gestion du pays, jouent aujourd'hui leur rôle. Il est donc possible que tant que Trump sera président, les USA seront ingouvernables et donc terriblement affaiblis. Pendant combien de temps les institutions et citoyens américains l'accepteront-ils ?

    «Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.»
    [Albert Einstein]

    • Pierre Fortin - Abonné 31 mars 2017 20 h 43

      Mais, qu'en dit la Constitution ?

  • Gilles Bonin - Inscrit 31 mars 2017 14 h 51

    Pourquoi l'immunité?

    Il ne dira rien d'intéressant concernant Trump et son gang et les liens et compromissions avec la Russie; Flynn cherche l'immunité pour sauver ses fesses des autres affaires qui lui pendent au nez: mentir au FBI; lobbying non déclaré de représentation d'intérêts étrangers dont des intérêts de Turquie, etc... «Lock him up»