Des élus de Floride furieux du coût des visites de Donald Trump

Si le président continue à venir à Mar-a-Lago, la petite ville devra en outre trouver les fonds pour lutter contre les cyberattaques et prévenir les attentats terroristes.
Photo: Alex Brandon Associated Press Si le président continue à venir à Mar-a-Lago, la petite ville devra en outre trouver les fonds pour lutter contre les cyberattaques et prévenir les attentats terroristes.

Des élus de Floride réclament au président des États-Unis, Donald Trump, le remboursement des coûts engendrés localement par le transfert régulier des opérations de la Maison-Blanche dans sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach.

« Les pertes globalement enregistrées par les petites entreprises représentent à ce jour la somme stupéfiante de 720 000 $ », après cinq week-ends passés dans le sud-est des États-Unis par le président depuis sa prise de fonctions en janvier, selon une lettre envoyée à M. Trump par des représentants démocrates de Floride, dont l’AFP a obtenu copie mardi.

Le comté de Palm Beach estime que le coût des fréquentes visites présidentielles pourrait atteindre sur l’année entre 3,3 et 5,8 millions, selon cette lettre envoyée la semaine dernière.

Rien que pour les pompiers, les dépenses supplémentaires occasionnées s’élèvent déjà à 1,7 million, précise la lettre signée par Lois Frankel, Alcee Hastings et Ted Deutch.

Réduire le nombre de visites

Si le gouvernement fédéral ne garantit pas des compensations au comté, « nous demandons respectueusement que vous réduisiez vos visites jusqu’à ce que cette question soit résolue dans des termes favorables à notre région », écrivent les signataires.

« Nous comprenons que le président veuille venir ici. Nous comprenons cela. C’est le paradis, n’est-ce pas ? » a déclaré lundi à des journalistes Mme Frankel, élue démocrate de West Palm Beach à la Chambre des représentants.

« Nous redemandons qu’il contribue à obtenir le remboursement à ce comté et cette ville » des frais occasionnés par l’installation de la « Maison-Blanche d’hiver » à Mar-a-Lago, a-t-elle poursuivi.

Plutôt que de fréquenter sa luxueuse résidence, M. Trump « pourrait se rendre à Camp David. Il peut faire ce choix afin de limiter les dépenses de notre zone », a insisté Mme Frankel, se référant à la résidence présidentielle située dans le Maryland, dans le nord-est des États-Unis.

« Nos policiers et nos pompiers doivent travailler à 120 % de leurs capacités durant les week-ends où le président vient », a renchéri la maire de West Palm Beach, Jeri Muoio, « cela signifie recruter des renforts et payer des heures supplémentaires ».

Mesures de sécurité

Les visites de M. Trump impliquent la fermeture de l’espace aérien local et de certaines routes, ainsi que le déploiement des services spéciaux et la gestion des manifestants pro et anti-Trump.

La petite ville, plutôt habituée au calme de ses riches résidents, est submergée. Si le président continue à venir à Mar-a-Lago, elle devra en outre trouver les fonds pour lutter contre les cyberattaques et prévenir les attentats terroristes.

Un sommet la semaine prochaine à Mar-a-Lago entre M. Trump et son homologue chinois, Xi Jinping, coûtera ainsi 280 000 $, selon la lettre des représentants démocrates de Floride. Cette rencontre n’a pas encore été confirmée officiellement à Washington.

La mairesse du comté de Palm Beach, Paulette Burdick, réclame au gouvernement fédéral depuis deux mois, aux côtés d’autres responsables locaux, le remboursement des coûts supplémentaires induits par les visites de M. Trump. Elle n’a jusqu’à présent obtenu aucune réponse.

Parmi les coûts induits figurent ainsi les restrictions aériennes imposées par les services de renseignement à l’aéroport local de Lantana, qui clouent au sol 200 vols chaque jour que passe M. Trump à Mar-a-Lago.

Stellar Aviation, la compagnie qui gère ce petit aéroport, a ainsi perdu 170 000 $ à ce jour.

En outre, les écoles d’aviation locales ont perdu 14 000 $ pour chaque week-end passé par le président sur la place, une note totalisant 70 000 $ jusqu’à présent.

1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 30 mars 2017 10 h 36

    Un Président qui dérange !

    Pas bienvenu ni en Floride ni à New York et pas davantage dans un grand nombre de pays ce Président atypique qui déplace la Maison Blanche le temps des week-end est historiquement après moins de 70 jours le moins populaire dans les sondages.

    Comme il appert que sa femme Mélanie n'a ni intérêt ni enthousiame à déménager à la Maison Blanche, pas plus que de se priver du soleil de la Floride, les critiques ne feront qu'augmenter.

    D'aucuns évoquent même les dissensions dans le couple qui pourraient conduire à son éclatement. La première Dame n'ayant aucun intérêt à jouer ce rôle.