Pour sortir de sa bulle cette semaine: espionnage, démocratie chancelante et Trumpcare

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques quand on parle de Donald Trump ? Ornières d’autant plus fortes à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’ajustent à nos opinions. À la manière de la série « Burst Your Bubble » du Guardian, Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle. 

Les textes choisis cette semaine viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.



Espionnage légal
Faute de preuves, les allégations du président Trump comme quoi Barack Obama l’aurait mis sur écoute sont en voie d’être de l’histoire ancienne. L’incident soulève tout de même une question pertinente, note Neema Guliani dans Could the President Spy on His Political Opponents?, un texte publié par The American Conservative. Selon cette ancienne employée du ministère de la Sécurité intérieure, le nœud de l’affaire n’est pas de savoir si l’ancien président démocrate a surveillé ses opposants politiques, mais plutôt s’il aurait pu le faire, au regard de sa propre interprétation de la loi. Et, à terme, cela voudrait-il dire que Donald Trump pourrait, à son tour, le faire ?

Extrait : « But regardless of whether these claims turn out to be completely false, which is all but certain now, they do raise a question that shouldn’t be casually dismissed: Could President Obama’s administration have surveiled his political opponents under its interpretation of the law? Could President Trump’s administration now do the same? The answer, unfortunately, is yes. And that should make Republicans and Democrats nervous enough to work together to reform our surveillance laws. »

Traduction libre : « Or, que ces allégations s'avèrent ou non — ce qui demeure incertain —, il n'en reste pas moins qu'elles soulèvent une question qui ne devrait pas être écartée : en vertu de son interprétation de la loi, le gouvernement du président Obama aurait-il pu mettre sous surveillance ses opposants politiques ? Et le gouvernement du président Trump pourrait-il faire de même? La réponse est malheureusement oui. Et cela devrait rendre les partis politiques, tant républicain que démocrate, assez nerveux pour qu'ils unissent leurs efforts pour réformer nos lois de surveillance. » 

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Les piliers démocratiques
Donald Trump se pose, depuis son entrée en politique, comme le défenseur d’une classe malmenée, voire oubliée, par l’establishment politique. Posture qui, au cours des longs mois de campagne, en est venue à écorcher l’image de la démocratie américaine. Deux mois après son entrée à la Maison-Blanche, le journaliste Charles Krauthammer pose un regard critique sur cette « supposée démocratie chancelante » dans un article intitulé American Democracy : Not So Decadent after All et publié dans le National Review. À la lumière de son texte, force est de constater que les différents leviers démocratiques n’ont peut-être jamais été aussi solides chez nos voisins du sud. 

Extrait : « Who would now prevent him from trampling, caudillo-like, over a Washington grown weak and decadent? A Washington, moreover, that had declined markedly in public esteem, as confidence in our traditional institutions — from the political parties to Congress — fell to new lows. The strongman cometh, it was feared. Who and what would stop him? Two months into the Trumpian era, we have our answer. Our checks and balances have turned out to be quite vibrant. »

Traduction libre : « Dans un tel contexte, qui l’empêcherait maintenant de gouverner, tel un dictateur, sur un Washington affaibli? Un Washington qui, au fil des mois, n’a cessé de perdre des points auprès de l’opinion publique, alors que la confiance envers les institutions démocratiques — des partis politiques au Congrès — n’a cessé de décroître. Et l’homme fort vint, il était craint. Qui pourrait l’arrêter? Deux mois après le début de l’ère Trump, nous avons finalement une réponse. Nos freins et contrepoids démocratiques semblent finalement très dynamiques. »

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Une autre finale possible?
Le fiasco entourant le projet de réforme santé de Donald Trump aurait-il pu être évité ? Peut-être bien, écrit Jennifer Rubin, la voix conservatrice du Washington Post, sur son blogue Right Turn. Dans un billet intitulé The health-care fiasco was not inevitable, la chroniqueuse propose de multiples scénarios qui, sans garantir le succès de l’entreprise, auraient peut-être permis au Trumpcare de connaître une fin plus heureuse. 

Extrait : « Another scenario would have recognized that health care is, in fact, “complicated.” The White House has begun not so quietly expressing buyer’s remorse about starting the agenda with health care. Had the administration started with an infrastructure bill or a tax bill (including corporate tax reform and middle-class tax cuts), Trump might have gained momentum. »

Traduction libre : « Une autre possibilité aurait été de reconnaître que les soins de santé sont, à la base, quelque chose de "compliqué". La Maison-Blanche commence à peine à regretter de s'être d'abord attaquée au dossier de la santé. Si Trump et son équipe s'étaient d'abord intéressés aux infrastructures ou aux impôts (comme à une réforme fiscale pour les entreprises ou à une réduction des impôts de la classe moyenne, par exemple), peut-être auraient-ils su voir plus grand. »

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