Tillerson promet que le chef du groupe EI sera tué bientôt

Rex Tillerson (à droite) et le premier ministre irakien, Haidar al-Abadi, lors de la rencontre de mercredi
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Rex Tillerson (à droite) et le premier ministre irakien, Haidar al-Abadi, lors de la rencontre de mercredi

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a promis mercredi la défaite du groupe État islamique et la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, lors d’une réunion de la coalition internationale antidjihadiste assombrie par un raid meurtrier sur des civils en Syrie.

Il s’agit du baptême du feu pour le discret chef de la diplomatie américaine, qui accueille 67 autres pays de la « coalition mondiale » contre le groupe EI, certains membres s’interrogeant sur la stratégie de Donald Trump, qui ne cesse de marteler qu’il va « démolir » les djihadistes.

Battant le rappel, son ministre des Affaires étrangères, Tillerson, a réaffirmé que « notre grand point commun […] est l’engagement à faire tomber cette force mondiale du mal ».

Et il a promis que le chef du groupe EI Abou Bakr al-Baghdadi serait bientôt tué, comme l’avait été en mai 2011 le fondateur d’al-Qaïda, Oussama Ben Laden. « Presque tous les adjoints de Abou Bakr al-Baghdadi sont morts, y compris le cerveau des attentats de Bruxelles, Paris et d’ailleurs. Ce n’est qu’une question de temps avant que Baghdadi lui-même rencontre le même destin », a martelé M. Tillerson.

Mais cette dixième réunion de la coalition, mise sur pied en septembre 2014 par le président américain de l’époque, Barack Obama, est dominée par la mort d’au moins 33 civils près de Raqqa, capitale de facto du groupe EI, dans un raid présumé de cette coalition sur une école servant de centre de déplacés.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), la frappe a eu lieu mardi matin au sud d’Al-Mansoura, une ville tenue par le groupe EI dans la province septentrionale de la Syrie, régulièrement visée par des raids des avions de la coalition.

Cette dernière a indiqué qu’elle allait mener une « enquête ». Les militaires de la coalition ont déjà été montrés du doigt la semaine dernière pour un bombardement qui aurait fait des dizaines de victimes civiles dans une mosquée dans la province d’Alep (nord).

La coalition est réunie au grand complet, mais des désaccords se font jour entre certains pays sur la stratégie à suivre, tant à Raqqa qu’à Mossoul, le bastion du groupe EI en Irak que les forces locales tentent de reprendre.

En Syrie, Raqqa est désormais pratiquement isolée du monde, les principales voies de communication ayant été coupées par les forces kurdo-arabes alliées de la coalition. Mais les États-Unis et la Turquie s’opposent sur la force qui doit conduire l’assaut final sur cette ville.

En outre, la coalition doit répondre à la question du futur statut des territoires libérés en Syrie : autonomie ou retour dans le giron du régime.

Côté français, une source diplomatique a dit « attendre des réponses » de Washington sur « comment et avec qui » Raqqa sera reconquise.