Tillerson n’exclut pas l’action militaire contre Pyongyang

Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a visité la zone commune de sécurité de Panmunjom, gardée depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53) par la Corée du Nord et le commandement de l'ONU dominé par les États-Unis.
Photo: Lee-Jin Man Agence France-Presse Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a visité la zone commune de sécurité de Panmunjom, gardée depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53) par la Corée du Nord et le commandement de l'ONU dominé par les États-Unis.

Les États-Unis ont fait pression vendredi sur la Corée du Nord en n’écartant pas la possibilité d’une action militaire en cas d’escalade avec ce pays doté de l’arme nucléaire, tournant la page de la « patience stratégique » de l’ère Obama.

L’avertissement a été adressé par le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, actuellement en tournée en Asie, sa première expérience diplomatique du management de crise, et quelques jours après des tirs de missiles balistiques présentés par Pyongyang comme un exercice visant les bases américaines au Japon.

Environ 28 000 soldats américains sont déployés en Corée du Sud, mais la capitale, Séoul, est à portée de l’artillerie nord-coréenne.

Lors d’un point de presse conjoint à Séoul avec son homologue sud-coréen, Yun Byung-Se, M. Tillerson a expliqué que la page se tournait sur la politique dite de « patience stratégique » menée par le prédécesseur de Donald Trump à la Maison-Blanche, Barack Obama. « Nous explorons une nouvelle gamme de mesures diplomatiques, sécuritaires et économiques. Toutes les options sont sur la table », a dit M. Tillerson.

« Nous ne voulons certainement pas que les choses en viennent au conflit militaire », a-t-il ajouté. Mais, « s’ils élèvent le niveau de menace de leur programme d’armements à un niveau qui nécessite à nos yeux une action, alors cette option sera sur la table ».

Le président Donald Trump a lui aussi haussé le ton vis-à-vis de Pyongyang vendredi. « La Corée du Nord se comporte très mal. Ilsse jouent des États-Unis depuis des années », a-t-il indiqué dans un tweet.

La Russie a appelé vendredi les États-Unis et la Corée du Nord à sortir du « cercle vicieux » de l’escalade militaire.

Le Nord a mené son premier essai nucléaire souterrain en 2006, ne tenant aucun compte de l’opposition internationale. Depuis, il a mené quatre autres essais, dont deux rien qu’en 2016.

Le Nord a essuyé plusieurs volées de sanctions de l’ONU, qui ne l’ont pas incité à changer de politique.

Le rôle de la Chine

M. Tillerson se rend samedi en Chine, principal allié diplomatique et partenaire commercial de Pyongyang, pour lui demander de faire davantage pression sur le Nord.

« Je ne pense pas que nous soyons jamais parvenus entièrement au niveau maximal d’action possible dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, avec la participation totale de tous les pays. Nous savons que d’autres pays peuvent prendre des mesures », a ajouté le secrétaire d’État.

« La Chine a peu fait pour aider », a de son côté ajouté Donald Trump dans son tweet de vendredi dénonçant l’attitude de la Corée du Nord.

Pékin s’inquiète comme Washington du programme nucléaire de son voisin, mais il estime que les États-Unis ont joué un rôle dans l’escalade des tensions.

La situation est compliquée par le déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain Thaad. Séoul comme Washington assurent qu’il a des visées purement défensives.

Mais Pékin considère que Thaad et son puissant radar sont susceptibles de réduire l’efficacité de ses propres systèmes de missiles. La Chine ne décolère pas, imposant une série de mesures perçues à Séoul comme des représailles économiques.

Washington tourne la page de la « patience stratégique » de l’ère Obama.