Le second décret migratoire de Trump bloqué à son tour

L'organisations de défense des libertés et des réfugiés American Civil Liberties Union (ACLU) affirme que le décret vise de façon discriminatoire les musulmans.
Photo: Manuel Balce Ceneta Associated Press L'organisations de défense des libertés et des réfugiés American Civil Liberties Union (ACLU) affirme que le décret vise de façon discriminatoire les musulmans.

Un juge fédéral américain a bloqué mercredi, pour l’ensemble des États-Unis, la deuxième version du décret anti-immigration de Donald Trump, infligeant un nouveau revers judiciaire au président républicain sur une des mesures phares de sa présidence.

À quelques heures seulement de l’entrée en vigueur du nouveau texte, qui avait pourtant été expurgé de ses éléments les plus contestés, le magistrat d’Hawaï Derrick Watson a expliqué dans son jugement que la suspension temporaire du décret éviterait un « préjudice irréparable ».

Le juge Watson s’appuie notamment sur plusieurs déclarations de Donald Trump à l’égard des musulmans pour conclure que le décret comporte « des preuves significatives et irréfutables d’animosité religieuse ».

Deux autres audiences

Le texte controversé, qui bannit l’entrée des États-Unis aux ressortissants de six pays musulmans, devait entrer en vigueur mercredi à minuit, heure de Washington. Deux autres audiences se sont également déroulées mercredi sur les deux côtes américaines, donnant lieu à de vives joutes sur ce décret migratoire.

À Greenbelt, ville du Maryland, dans l’est des États-Unis, le juge Theodore Chuang avait été saisi par une coalition d’organisations de défense des libertés et des réfugiés, dont la puissante American Civil Liberties Union (ACLU), qui affirment que le décret vise de façon discriminatoire les musulmans.

« Dans l’esprit [de M. Trump], le danger associé aux musulmans et le danger associé aux réfugiés ne sont qu’un seul et même danger », a dénoncé Omar Jadwat, l’avocat de l’ACLU.

Le nouveau décret « ne fait aucune distinction entre les religions », a répliqué Jeffrey Wall, l’avocat du gouvernement.

Le second décret bloqué prévoyait de fermer temporairement les frontières américaines aux réfugiés du monde entier et de suspendre l’octroi de visas durant 90 jours pour les ressortissants d’Iran, de Libye, de Syrie, de Somalie, du Soudan et du Yémen.

Premier décret

Cette mesure, qui ne concerne plus l’Irak et qui exempte les détenteurs de visas et de « cartes vertes », sésame des résidents permanents, était pourtant atténuée par rapport au premier décret adopté le 27 janvier.

Celui-ci avait brusquement semé le chaos dans les aéroports et suscité des réactions outrées à l’étranger. Son application avait été bloquée le 3 février.

Ces derniers jours, le président et ses principaux ministres, Rex Tillerson (Affaires étrangères), Jeff Sessions (Justice) et John Kelly (Sécurité intérieure), ont défendu un texte « vital » pour la sécurité nationale, face à des menaces ne cessant selon eux d’évoluer. Mais les opposants au décret ne sont pas convaincus de cette urgence.

2 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 15 mars 2017 20 h 28

    Bravo!

    Que dire, sinon bravo! Heureusement qu'il y a un solide et indépendant pouvoir judiciaire aux États-Unis.

    M.L.

  • Colette Pagé - Inscrite 16 mars 2017 08 h 19

    La Justice, un chien de garde !

    Dans cette saga des décrets sur l'immigration qui donne le tournis et qui ne repose sur aucune assise juridique solide heureusement que le pouvoir judiciaire joue son rôle de chien de garde visant à contrer les décisions inappropriées d'un Président narcisssique et de ses conseillers, un Président qui veut imposer sa Loi quitte à en abuser mais qui devra apprendre à respecter la Constitution, les jugements et la jurisprudence.