L’Obamacare sous le bistouri de Trump

Le président américain, Donald Trump, a présenté son plan de remplacement de l’Obamacare la semaine dernière.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, a présenté son plan de remplacement de l’Obamacare la semaine dernière.

Moins de dépenses, moins d’assurés. L’analyse du plan républicain de substitution de l’Obamacare dévoilée lundi par le Bureau du budget du Congrès (CBO) conclut que le nombre d’Américains qui n’auront pas d’assurance maladie augmentera de 24 millions d’ici 2026, une situation qui permettra à l’État de retrancher 337 milliards du déficit fédéral durant la même période.

Le nombre de personnes non assurées atteindrait donc 52 millions en 2026, estime le CBO, une agence fédérale non partisane. Si l’Affordable Care Act de l’ex-président Barack Obama avait été maintenu, le nombre d’Américains sans assurance aurait plutôt été de 28 millions, selon les mêmes calculs.

Dès l’an prochain, 14 millions de personnes perdraient leur assurance maladie, selon l’analyse. De quoi tempérer les propos du président Donald Trump, qui a promis en janvier « une assurance pour tout le monde ». Ou pas : son secrétaire à la Santé, Tom Price, a affirmé lundi que le rapport du CBO était « tout simplement erroné », parce qu’il ne tient pas compte des nouvelles lois et changements réglementaires que le Parti républicain entend proposer.

L'Obamacare est en train d'imploser. C'est un désastre et l'année 2017 sera la pire. Les républicains vont s'organiser, ils vont régler la situation.

 

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, s’est néanmoins basé sur cette analyse pour faire la promotion du projet de loi républicain, qu’il doit présenter à l’ensemble de la Chambre la semaine prochaine. « Réduction des primes de 10 %. Réduction du déficit fédéral de 337 milliards. Réduction d’impôts de 880 milliards », a-t-il tweeté, et retweeté, en utilisant les chiffres fournis par le CBO. « L’Obamacare est en train d’imploser. C’est un désastre, et l’année 2017 sera la pire. Les républicains vont s’organiser, ils vont régler la situation », a aussi promis le président Trump sur Twitter.

 

Un plan de remplacement

Les républicains ont dévoilé la semaine dernière l’American Health Care Act, qui doit remplacer le plan de couverture maladie imaginé par le gouvernement Obama en 2010. La nouvelle proposition prévoit l’abrogation des crédits d’impôt destinés aux personnes à faible revenu, met fin à la pénalité imposée aux Américains qui ne souscrivent pas à une assurance maladie et réduit l’expansion du programme Medicaid, destiné aux personnes vivant dans la pauvreté. En revanche, le projet de loi républicain suggère des crédits d’impôt basés sur l’âge et dit encourager les Américains à souscrire à une assurance en imposant une pénalité de 30 % à ceux qui n’ont pas gardé une couverture continue.

Sans grande surprise, donc, le CBO prévoit que le nombre de personnes qui deviendraient non assurées d’ici neuf ans serait beaucoup plus important chez les Américains dont le revenu équivaut à moins de 200 % du taux de pauvreté fédéral, établi à 30 300 $ par personne, en dollars de 2026. L’écart est le plus marqué chez les 30-49 ans, qui seraient non assurés dans une proportion de 39 % s’ils sont « pauvres », mais de 10 % seulement s’ils sont « riches », et gagnent donc plus que 30 300 $, individuellement, en 2026.

« Trumpcare, ça veut dire qu’un enseignant paiera plus pour son assurance maladie afin qu’un gestionnaire de fonds de placement qui gagne dans les six chiffres profite d’un crédit d’impôt », a conclu le sénateur démocrate du Nouveau-Mexique Martin Heinrich. « Retirer la couverture santé de 24 millions de personnes pour que des milliardaires profitent d’allégements fiscaux, c’est cruel et irresponsable », a aussi affirmé la sénatrice démocrate du Massachusetts, Elizabeth Warren.

Retirer la couverture santé de 24 millions de personnes pour que des milliardaires profitent d'allégements fiscaux, c'est cruel et irresponsable

 

De bonnes nouvelles

Le rapport du CBO ne contenait cependant pas que de mauvaises nouvelles pour les républicains. L’analyse conclut que les primes d’assurance augmenteraient de 15 à 20 % dans la première année de la nouvelle loi, par rapport au niveau où elles se situeraient si l’Obamacare était maintenu. Mais elles diminueraient ensuite de 10 %, à partir de 2026. Les changements permettant de réduire les primes, combinés aux crédits d’impôt proposés par les républicains — malgré qu’ils soient moins généreux que ceux qui existaient sous Obama — attireraient également un nombre suffisant de personnes en santé pour permettre de stabiliser les marchés, note le CBO.

Quant aux économies prévues pour l’État américain, elles reposeraient surtout sur la réduction des dépenses associées à Medicaid et sur l’élimination des subventions accordées aux personnes souscrivant à des assurances individuelles.

L’Affordable Care Act du gouvernement Obama a permis à environ 20 millions d’Américains d’avoir accès à une assurance maladie. La moitié de ces personnes a profité de l’expansion de Medicaid, dans 31 États et dans le district de Colombia.

Le nombre d’Américains sans assurance maladie augmentera de 24 millions d’ici 2026, mais l’État économisera 337 milliards.

4 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 14 mars 2017 02 h 21

    les USA de moins en moins au service de la planete

    Trump de par sa coardise a provoqué une onde de choc que les pays ne peuvent plus ignorer, il a forcé un réalignement de pays comme, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark, la France, en fait nous allons assister a un durcissement de positions envers l'Iran, la Libye, la Syrie, Somalie, le Soudan, le Yémen et d'autres pays a venir, il a décidé de stopper le ronron quotidien, de plus en plus impossible, sa politique est simple les USA ne sont pas les boucs émissaires , qu'ils ont étés depuis la guerre et décidé que les USA allaient revoir toutes leurs politiques, la décennie qui s'en vient va etre cruciale pour le monde

  • Denis Paquette - Abonné 14 mars 2017 07 h 36

    quel horreur,se faire les esclaves des riches ou mourrir

    En fait il s'agit d'une approche républicaine ou chaque individu doit assumer sa survie, une utopie ou la mort peut delivrer tout ceux qui n'y arrivent pas, quelle culture et quelle mentalité , combien de temps encore les américains vont accepter cette état de faits sans rien dire

  • Patrick Daganaud - Abonné 14 mars 2017 07 h 36

    Ils l'ont voulu...

    Ils l'ont!

    Comme nous avec Couillard ou Trudeau!

    • Pierre Pinsonnault - Abonné 16 mars 2017 16 h 38

      Pourquoi Trump et ses sbires s'en feraient-ils ?

      La Bible vient au secours des imbéciles et des méchants:

      «Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font» (Lc 23,34).

      Matthieu 5
      …43Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. 44 Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, ... »

      Ils lisent la Bible aux États alors, n'est-ce pas, Sin's Open Bar ...