L’enquête sur les fuites à la CIA se concentre sur les sous-traitants

Que la fuite soit le fait de sous-traitants ne serait pas une grosse surprise.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Que la fuite soit le fait de sous-traitants ne serait pas une grosse surprise.

Washington — Les autorités américaines responsables de l’enquête sur les fuites de documents concernant la CIA se concentrent sur d’anciens sous-traitants qui auraient pu être vexés d’avoir perdu un contrat avec l’agence américaine d’espionnage, révélait le Wall Street Journal dimanche.

WikiLeaks a diffusé mardi près de 9000 documents présentés comme provenant de la CIA, estimant qu’il s’agissait de la plus importante publication de données secrètes du renseignement jamais réalisée.

Le site y dévoile « la majorité de l’arsenal de piratage informatique » de la CIA, programmes malveillants, virus, chevaux de Troie et autres logiciels pouvant infiltrer des appareils électroniques et en prendre le contrôle.

Une enquête a donc été ouverte pour savoir d’où provenaient les fuites et qui avait procuré ces données à WikiLeaks. Selon le site, les documents lui auraient été fournis par un groupe de sous-traitants privés de l’agence.

Les enquêteurs se sont dans un premier temps intéressés à une petite équipe d’informaticiens qui ont développé des logiciels pour l’agence et qui avaient apparemment des autorisations de sécurité. Ils travaillaient sur des projets de piratage avec la CIA, selon le Wall Street Journal.

Citant des sources anonymes, le quotidien avance que certaines de ces personnes étaient « mécontentes », notamment après avoir perdu leur emploi. Elles auraient pu faire fuiter des données en représailles.

Des précédents

Que la fuite soit le fait de sous-traitants ne serait pas une grosse surprise. L’Agence de sécurité nationale (NSA), soeur de la CIA en quelque sorte, a en effet été ébranlée par les fuites d’Edward Snowden en 2013, qui travaillait pour une entreprise contractante de la NSA.

Et fin 2016, la même NSA a découvert qu’un autre collaborateur, Harold Martin, employé dans la même entreprise sous-traitante, avait dérobé et caché chez lui environ 50000 gigaoctets de documents et de données, dont certains éléments sensibles.

Mais les grandes fuites de documents ne viennent pas toujours de contractuels : Chelsea Manning, qui a donné à WikiLeaks des centaines de milliers de pages de correspondances diplomatiques en 2010, était analyste du renseignement dans l’armée.