Trump invente un attentat en Suède… et la laisse perplexe

Le président américain, Donald Trump, s'adresse à la presse à bord d'Air Force One avant de se rendre à un rassemblement à Melbourne, en Floride, le 18 février 2017.
Photo: Nicolas Kamm Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, s'adresse à la presse à bord d'Air Force One avant de se rendre à un rassemblement à Melbourne, en Floride, le 18 février 2017.

Washington — Donald Trump a laissé la Suède perplexe, voire goguenarde, lors d’un discours samedi où il devisait sur la crise des réfugiés et l’insécurité dans le monde, en évoquant un attentat dans le pays scandinave — qui n’a jamais eu lieu.

« Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l’aurait cru ? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l’auraient jamais pensé », a lancé le président américain dans un discours virulent en Floride.

Il a également cité les attentats, bien réels ceux-là, de Bruxelles, Nice et Paris.

Plus tard dans la journée, M. Trump a twitté : « Ma déclaration sur ce qui se passe en Suède se référait à un reportage diffusé sur [la chaîne conservatrice] @FoxNews sur les immigrés et la Suède ».

Une explication intervenue après que le ministère suédois des Affaires étrangères eut joint son ambassade à Washington pour en savoir plus. « Nous avons contacté le [département d’État] américain pour comprendre et obtenir clarification », a déclaré à l’AFP Catarina Axelsson, une porte-parole de la diplomatie suédoise.

Hors du milieu feutré de la diplomatie, les railleries sont allées bon train, notamment sur les réseaux sociaux.

Très vite, la fausse information a fait le tour de Twitter, sous les mots-clics #lastnightinSweden (hier soir en Suède) et #SwedenIncident (incident en Suède).

L’ex-premier ministre suédois Carl Bildt a ouvert le feu : « La Suède ? Un attentat ? Qu’est-ce qu’il a fumé ? ».

Gunnar Hokmark, un eurodéputé suédois, a retwitté un message d’un compatriote disant : « Hier soir en Suède, mon fils a laissé tomber son hot-dog dans le feu de camp. C’est tellement triste ».

« Mais comment [Trump] a-t-il pu le savoir ? » se demandait le député dans son commentaire.

D’autres tweets se moquent de M. Trump, publiant sous l’appellation de « plan secret pour un attentat en Suède »… des instructions de montage de meubles Ikea.

Le site officiel national @sweden, qui est tenu chaque semaine par un citoyen suédois différent, a reçu quelque 800 questions en quatre heures.

« Non. Rien de ce genre ne s’est passé en Suède. Il n’y a pas eu d’attaque terroriste. Du tout », a répondu la responsable de la semaine, une bibliothécaire mère de famille.

Ce n’est pas la première fois que des membres de l’administration Trump font référence à des attentats inexistants — expliqués ensuite par des lapsus.

La conseillère de Donald Trump Kellyanne Conway — qui a inventé la notion de « faits alternatifs » — a fait allusion au « massacre de Bowling Green » lors d’une interview. Elle a expliqué ensuite qu’elle voulait parler des « terroristes de Bowling Green », deux Irakiens inculpés en 2011 pour avoir tenté d’envoyer de l’argent et des armes à al-Qaïda.

Et le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a parlé trois fois en une semaine de l’« attentat d’Atlanta » (Géorgie) — avant de se souvenir que celui-ci avait en réalité eu lieu à Orlando, en Floride.

« Sans heurt »

Le discours de Donald Trump s’inscrivait dans un grand rassemblement samedi qui a ravi ses partisans, comme s’il était encore en campagne électorale, assurant sur un ton combatif, voire agressif, que sa présidence se déroulait « sans heurt » malgré un premier mois houleux à la Maison-Blanche.

Dans son discours devant des milliers de personnes rassemblées dans un hangar à l’aéroport de Melbourne, en Floride, le milliardaire au programme populiste, nationaliste et protectionniste a de nouveau attaqué les médias « malhonnêtes », les accusant de propager des « mensonges », des « fausses informations ».

« La Maison-Blanche fonctionne tellement sans accroc, sans heurt. Croyez-moi, j’ai hérité d’un grand bazar », a lancé le successeur de Barack Obama, sous les cris et les applaudissements de ses partisans.

Pourtant, la jeune présidence Trump est secouée par une série de revers politiques, comme la suspension par la justice de son décret anti-immigration et la démission de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, par de vives tensions avec les médias et par des fuites à répétition.

Interrogé sur le réseau NBC samedi, le sénateur républicain John McCain a dit qu’une presse libre est vitale pour « préserver la démocratie telle que nous la connaissons ». Il répondait à une question de l’animateur à propos du tweet du président Donald Trump critiquant « les faux médias d’information » qui sont « l’ennemi du peuple américain ».

« Quand on regarde l’histoire, la première chose que font les dictateurs c’est de museler la presse », a ajouté M. McCain.


Brian Mulroney chante la pomme à Donald Trump lors d’une soirée de bienfaisance

Palm Beach — L’ancien premier ministre Brian Mulroney aurait chanté la pomme au président Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, samedi soir.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre M. Mulroney chanter When Irish Eyes are Smilings sur la scène du club du Mar-a-Lago. Les images semblent avoir été prises lors d’une soirée de bienfaisance pour le Dana-Farber Cancer Institute.

La tête d’affiche de l’événement était l’auteur-compositeur canadien David Foster.

« Je n’aurais jamais osé supposer pouvoir demander au président des États-Unis de chanter, alors je ne le ferai pas », a blagué M. Foster avant de convoquer M. Mulroney

Selon le Palm Beach Daily News, Mulroney était assis à la même table que Donald Trump et sa femme Melania, lesquels sont ses voisins depuis longtemps à Palm Beach. « Monsieur le président, j’espère que cela ne nuira pas aux relations entre les États-Unis et le Canada pour les décennies à venir », a lancé M. Mulroney avant de commencer à chanter.

Ce n’était pas la première fois que Brian Mulroney entonne cette chanson en présence d’un président américain.

Sa femme Mila et lui l’avaient chantée en compagnie de Ronald et Nancy Reagan lors de leur rencontre à Québec en 1985.

Aucun porte-parole de l’institut Dana-Farber, de M. Mulroney ni de M. Foster n’a rappelé La Presse canadienne.