Washington défend l’entrée d’un conseiller controversé au Conseil de sécurité nationale

Steve Bannon a été vilipendé pour avoir dirigé le site d’information d’extrême droite «Breitbart».
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Steve Bannon a été vilipendé pour avoir dirigé le site d’information d’extrême droite «Breitbart».

Washington — La Maison-Blanche a défendu dimanche sa recomposition du cénacle très influent qui conseille le président sur les questions de sécurité nationale, et notamment l’arrivée de son controversé conseiller en stratégie Steve Bannon.

Vilipendé pour avoir dirigé le site d’information d’extrême droite Breitbart, M. Bannon accède au rang de membre permanent du Conseil de sécurité nationale (CSN).

Sa participation « va être cruciale » a justifié le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer, lors d’un entretien sur la chaîne ABC. « Il était officier de marine, et il a une compréhension fantastique du monde et du paysage géopolitique dans lequel nous nous trouvons », a-t-il ajouté, estimant que Steve Bannon a les capacités nécessaires pour faire le tri dans la masse d’informations fournie au CSN et conseiller au mieux le président.

Nombre d’observateurs ont également été surpris par la décision de ne pas faire participer automatiquement le chef d’état-major des armées et le directeur du renseignement américain aux réunions du Conseil. Ils ne participeront que si les sujets abordés les concernent directement, précise le décret signé samedi par Trump.

Sous le président Obama, ces personnalités étaient membres permanents du CSN et l’ancienne conseillère pour la sécurité nationale Susan Rice a vivement réagi sur Twitter dimanche, estimant « complètement dingue » de ne pas les laisser siéger en permanence au CSN. « C’est complètement dingue. Après une semaine dingue. Qui a besoin de conseil militaire ou de renseignement quand on décide de la stratégie à adopter envers le groupe EI, la Syrie, l’Afghanistan ou la Corée du nord ? », a-t-elle fulminé sur un ton ironique.

Sean Spicer a défendu cette décision par la volonté de « moderniser le CSN pour le rendre moins bureaucratique » et plus concentré sur la tâche de « fournir au président les informations dont il a besoin ».

Il a aussi expliqué que le conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, Michael Flynn — ancien responsable du renseignement des forces spéciales et directeur du renseignement militaire —, était parfaitement au fait de ces questions.

Outre M. Bannon, les autres principaux membres permanents du CSN sont le secrétaire d’État, le secrétaire au Trésor, le secrétaire à la Défense, le secrétaire à la Sécurité intérieure, le secrétaire général de la Maison-Blanche, le conseiller à la sécurité nationale et celui à la sécurité intérieure.

Pour une «application rigoureuse» de l’accord nucléaire iranien

Washington — Le président américain Donald Trump et le roi Salmane d’Arabie saoudite se sont dits favorables à une « application rigoureuse » de l’accord sur le nucléaire iranien, selon le compte-rendu d’un entretien téléphonique entre les deux hommes publié par la Maison-Blanche. La teneur de la conversation semble indiquer que Trump — jusque-là un farouche opposant à cet accord phare de la présidence Obama et censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique — pourrait avoir évolué sur la question. Il n’avait cessé de critiquer l’accord pendant sa campagne et il a nommé à des postes clés de son administration des personnalités ouvertement anti-iraniennes. M. Trump et le souverain saoudien ont aussi insisté sur la nécessité de répondre « aux activités déstabilisantes de l’Iran » dans la région. Téhéran est la bête noire de Washington et de Riyad. À la demande du président américain, les deux hommes se sont mis d’accord pour créer des « zones de sécurité » au Yémen et en Syrie et d’apporter leur soutien à « d’autres idées pour aider les nombreux réfugiés déplacés par les conflits en cours ». Les modalités pratiques de la mise en place de ces zones n’ont pas été détaillés.