Donald Trump gèle le programme d’accueil des réfugiés

Donald Trump accompagné du secrétaire à la Défense, James Mattis (à droite), et du vice-président, Mike Pence, vendredi, au Pentagone
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse Donald Trump accompagné du secrétaire à la Défense, James Mattis (à droite), et du vice-président, Mike Pence, vendredi, au Pentagone

Washington — Le président des États-Unis, Donald Trump, a durci le ton sur l’accueil de réfugiés aux États-Unis, décrétant de nouvelles directives pour filtrer les nouveaux arrivants afin de garder les « terroristes islamistes radicaux » hors du pays.

Une semaine après son entrée à la Maison-Blanche, M. Trump s’est rendu au Pentagone, vendredi après-midi, pour rencontrer son secrétaire à la Défense, James Mattis, et signer le décret « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis », qui modifie en profondeur les politiques sur l’accueil de réfugiés et des immigrants.

Créé par une loi du Congrès en 1980, l’ambitieux programme fédéral de réinstallation de réfugiés est ainsi suspendu. Il a permis d’accueillir aux États-Unis quelque 2,5 millions de personnes depuis sa création, selon le Pew Research Center.

Le décret prévoit l’arrêt complet pendant quatre mois de ce programme, ainsi que le gel pendant trois mois de l’entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Quant aux réfugiés syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, et dont 18 000 ont été acceptés aux États-Unis depuis 2011, ils sont, eux, définitivement interdits d’entrée.

Filtrer les « terroristes »

Par ce décret, qui contient de « nouvelles mesures de contrôle » pour stopper l’entrée éventuelle sur le territoire américain de « terroristes islamiques radicaux », Donald Trump souhaite s’assurer de ne pas admettre au pays « les mêmes menaces que [les] soldats combattent à l’étranger ».

« Nous n’oublierons jamais les leçons du 11-Septembre », a proclamé M. Trump, en allusion aux attentats perpétrés par le groupe al-Qaïda et qui ont traumatisé l’Amérique. Seuls les réfugiés qui « appuient le pays et qui aiment son peuple » seront acceptés, a-t-il ajouté.

Pendant la campagne présidentielle contre Hillary Clinton, M. Trump avait promis d’implanter un « filtrage extrême » pour les nouveaux arrivants provenant de pays ayant des liens avec le terrorisme.

Un accueil restreint

Donald Trump a aussi abaissé le nombre de réfugiés qui seront accueillis aux États-Unis. Alors que Barack Obama avait fixé la limite à 110 000 réfugiés par année budgétaire, M. Trump l’a diminuée à 50 000. Pour l’année budgétaire 2016, les États-Unis, gouvernés par Barack Obama, avaient admis précisément sur leur territoire 84 994 réfugiés, toutes nationalités confondues, dont 12 587 Syriens.

Après avoir reconnu en septembre 2015 qu’il pouvait faire davantage, le gouvernement Obama s’était donné pour objectif d’en accepter 110 000 en 2017. L’administration Trump vise dorénavant « pas plus de 50 000 » réfugiés, toutes nationalités confondues.

Le gouvernement américain précédent se targuait d’avoir un des systèmes de tri et d’admission de réfugiés parmi les plus rigoureux de la planète, afin de faire en sorte qu’aucun « terroriste » ne passe entre les mailles du filet.

Par exemple, des agents du département de la Sécurité intérieure se rendent régulièrement au Moyen-Orient pour interviewer les candidats à l’exil vers les États-Unis. Le département d’État exerce aussi un contrôle serré.

Le processus d’accueil d’un réfugié pouvait prendre de 18 à 24 mois, s’attirant les critiques d’organisations humanitaires pour sa lenteur. Le programme avait déjà été gelé pendant trois mois, mais dans un contexte dramatique : juste après les attentats du 11 septembre 2001, rappelle le centre Pew.

Trump et Peña Nieto calment le jeu

Mexico — Les présidents américain et mexicain, Donald Trump et Enrique Peña Nieto, ont cherché vendredi à faire baisser la tension diplomatique au sujet du projet de mur à la frontière lors d’un entretien téléphonique. La discussion est intervenue au lendemain de l’annulation par M. Peña Nieto de son voyage à Washington, initialement programmé le 31 janvier, où il devait rencontrer le nouveau locataire de la Maison-Blanche. Les deux chefs d’État se sont parlé durant une heure et ont constaté leurs divergences « très claires et très publiques » sur ce « sujet délicat ». Selon les autorités mexicaines, les deux chefs d’État ont convenu « de ne plus parler publiquement » pour le moment du sujet polémique, mais la Maison-Blanche n’a pas fait mention de cet engagement de Donald Trump.
1 commentaire
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 28 janvier 2017 06 h 39

    Bref !

    « Une semaine après son entrée à la Maison-Blanche, M. Trump s’est rendu au Pentagone, vendredi après-midi, pour rencontrer son secrétaire à la Défense, James Mattis, et signer le décret » (AP, AFP, USA)

    Futur prix Nobel de la Paix ?!?, Trump, par le moyen des décrets, fait bouger plein de monde, plein de loi, plein de chose !

    En ce sens, il sait remplir ses promesses que plusieurs, une fois au pouvoir, aiment utiliser prétexte sur prétexte pour ne pas les accomplir, du moins retarder leur application !

    Bref ! - 28 jan 2017 -