Donald Trump aux commandes des États désunis d’Amérique

C’était un grand jour pour les partisans de Donald Trump, mais ceux-ci sont néanmoins restés posés, calmes, presque amorphes au cours de la journée. Ici, des Américains attendent le passage de leur nouveau président dans la parade de l’avenue Pennsylvania.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir C’était un grand jour pour les partisans de Donald Trump, mais ceux-ci sont néanmoins restés posés, calmes, presque amorphes au cours de la journée. Ici, des Américains attendent le passage de leur nouveau président dans la parade de l’avenue Pennsylvania.

Ils sont rentrés tôt à la maison, ils ont célébré sobrement et en nombre restreint, les partisans du nouveau président américain. À Washington, ceux qui portaient fièrement la casquette rouge « Make America Great Again », le long de l’avenue Pennsylvania, ont donné l’impression de ne pas vouloir s’éterniser à la fête, peut-être pour permettre à leur nouveau dirigeant de se mettre rapidement au travail.

Parce que c’est exactement ce que Donald Trump a promis de faire. « Nous nous souviendrons de la journée du 20 janvier 2017 comme celle ayant permis au peuple de redevenir le dirigeant de cette nation », a-t-il lancé dans son discours d’intronisation, en promettant de se battre pour le peuple américain « à chacune de ses respirations ».

Trois heures plus tard, le 45e président des États-Unis apparaissait, l’air affable derrière la vitre de sa limousine, dans le défilé qui l’a conduit du Capitole vers la Maison-Blanche. Il y a eu quelques applaudissements. Puis, les partisans se sont regardés. « L’as-tu vu ? » se sont-ils demandé.

Qu’importe. Les adeptes de Donald Trump n’en demandaient pas plus. Le républicain les a convaincus qu’il allait « redonner sa grandeur à l’Amérique », comme le disait son slogan. La foule était confiante, bien que discrète, presque amorphe, dans une journée qui aura aussi exposé les lignes de fracture de la société américaine.

Dès l’aube, les Américains qui attendaient d’entrer dans le parc du National Mall s’invectivaient. D’un côté, des gens déçus, honteux, venus dénoncer un président qu’ils ne souhaitent pas considérer comme le leur. De l’autre, des personnes reconnaissables à leur casquette rouge, à leurs commentaires reprenant les mots préférés de Donald Trump.

Nous nous souviendrons de la journée du 20 janvier 2017 comme celle ayant permis au peuple de redevenir le dirigeant de cette nation

 

« Il redonnera sa grandeur à l’Amérique », a ainsi affirmé à trois reprises Linda Bacon, une femme noire de l’Ohio, dans un court échange avec Le Devoir. « Les voici, les producteurs de fake news », a également lancé un partisan en apercevant le groupe de journalistes qui accompagnait le président pendant le défilé. Les mots et les concepts de Trump ont été transformés en espoirs et en vérités. Ils ont été prononcés et entendus des dizaines de fois dans la journée.

Reste qu’ils n’ont pas trouvé écho chez tous les Américains et que la division s’est faite visible dans la capitale. Des groupes de manifestants ont tenté à quelques reprises de bloquer les accès aux postes de sécurité permettant d’accéder à la cérémonie. Une centaine d’entre eux ont été arrêtés.

« Ils pensent que c’est raciste de vouloir protéger les travailleurs américains », a réagi Jim Melchiors, après avoir traité les manifestants de « perdants ». « Dans les faits, 50 % des jeunes noirs n’ont pas d’emploi », a-t-il ajouté en faisant référence à une statistique avancée par Donald Trump en campagne. Selon le Bureau du travail des États-Unis, ce pourcentage est plutôt de 20 %.

« Où est la viande ? ! » a aussi crié un homme, en référence au « mur de viande » que des motocyclistes avaient promis de former pour protéger leur nouveau président. À travers les postes de contrôle installés partout autour du National Mall, ceux qui voulaient assister à l’intronisation passaient au compte-gouttes.

À l’intérieur, ils ont formé une foule clairsemée. Bien que le service des parcs nationaux américains n’estime plus le nombre de participants à divers événements depuis 1995, le service de métro de Washington a annoncé que 317 000 personnes avaient utilisé ses services. En 2009, à l’intronisation de Barack Obama, 513 000 personnes avaient emprunté le métro. Dans le parc du National Mall, ils avaient été 1,8 million.

Mais Donald Trump n’en a pas fait grand cas. « Vous êtes venus par dizaines de millions pour participer à ce mouvement historique d’une ampleur sans précédent », a-t-il proclamé.

1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 21 janvier 2017 07 h 33

    Ce n'est plus le temps de rire.

    On ne sait plus où est la vérité. La troupe est divisée.Le terrain est inconnu.Le chef est imprévisible.Danger.
    Pourtant,il y a l'espoir. L'espoir que le brouillard se lève et que l'on voit.

    Que l'on voit que l'argent ne doit plus être un obstacle au soutien des pauvres et au développement des peuples.

    Quand Donald nous annonce qu'il fera un déficit de plusieurs centaines de milliards de dollars, c'est qu'il a compris qu'il faut rendre financièrement possible ce qui est physiquement réalisable et socialement souhaitable.

    La directrice de la FED (Banque centrale américaine) acceptera de mettre l'argent au service des gens.

    On peut craindre l'inflation et la dévaluation du dollar, mais ces problèmes sont moins graves que la révolte et la misère.

    A surveiller. Jusqu'où notre planète peut-elle supporter l'appétit des humains?