Dans les mots de Donald Trump

Donald Trump nous a habitués, au cours des derniers mois, à des coups d’éclat flamboyants. C’est pourtant un discours tout en retenue et « relativement conciliant » qu’a prononcé le républicain vendredi midi lors de la cérémonie d’intronisation qui l’a officiellement consacré 45e président des États-Unis d’Amérique.

Sans surprise, on a tout de même pu retrouver, tout au long de sa plus récente prise de parole, des thèmes — comme le populisme et le nationalisme —, qui lui ont été chers tout au long de la campagne électorale.

Les mots « Americans », « country », « people » et « nation » ont été parmi les plus utilisés par le milliardaire new-yorkais vendredi midi, selon l’analyse qu’a effectuée Le Devoir. « Ce n’est pas particulièrement surprenant, note Christophe Cloutier, chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de Chaire Raoul-Dandurand. Ce sont des choses qu’il a répétées tout au long de la campagne électorale. Encore une fois, aujourd’hui, nous avons senti qu’il a voulu se positionner comme le président de l’ensemble des Américains. C’est donc au peuple qu’il s’est adressé, ce peuple qui l’a élu d’abord, mais à tous les autres aussi, dans une moindre mesure. »

Principaux mots du discours d'intronisation de Donald Trump
 


 

Le protectionnisme économique a également été un élément central de ce premier discours, le nouveau président ayant insisté sur l’importance d’acheter aux États-Unis et de protéger les emplois américains. « We will bring back our jobs. We will bring back our borders. We will bring back our wealth. And we will bring back our dreams », a-t-il martelé sous les acclamations de la foule rassemblée à Washington.

« Encore une fois, c’est cohérent avec la position que Donald Trump a prise au cours des derniers mois », ajoute Christophe Cloutier. C’est donc sans surprise qu’on retrouve dans son discours les mots de son slogan de campagne : « Make America great again ».

Christophe Cloutier s’attendait tout de même à ce que Donald Trump aborde davantage les questions d’immigration. Tout au plus, le nouveau président a évoqué la question du terrorisme islamique, sans toutefois s’étendre sur les mouvements de population ou les tensions raciales. C’est plutôt sur la grandeur de l’Amérique, en comparaison, peut-être, avec le reste du monde, qu’il a misé.

Chose certaine, l’homme politique souhaite — dans un futur plus ou moins rapproché — faire de grandes choses. En ce sens, le mot « will » est sans doute le plus important de tout son discours, ce dernier ayant été prononcé une quarantaine de fois.

Ce premier discours à titre de chef d’État ne risque toutefois pas de passer à l’histoire, lance le chercheur, et ce, même si M. Trump a insisté sur le fait « qu’il s’agira d’une journée dont on se souviendra longtemps ». « Ce sera toutefois très intéressant d’y revenir au terme de sa présidence, souligne M. Cloutier. [A posteriori], l’analyse de ce discours pourrait prendre une tout autre forme. »

Discours plus sombre

Le discours d’intronisation de Barack Obama, de même qu’une bonne partie de sa présidence, a été porté par l’espoir et le renouveau. À l’inverse, les discours de Donald Trump — et son plus récent ne fait pas figure d’exception — sont souvent marqués par un important pessimisme vis-à-vis du présent, avance Christophe Cloutier.

« Trump s’adresse à une Amérique brisée, soutient le chercheur. Il souligne ce qui ne fonctionne pas — la criminalité en hausse, les usines en ruine, etc. — pour refléter un futur plus brillant. »

Principaux mots du discours d'intronisation de Barack Obama