Rex Tillerson dénonce le «danger» russe

Rex Tillerson
Photo: Alex Wong / Getty / Agence France-Presse Rex Tillerson

Le chef de la diplomatie américaine choisi par Donald Trump, Rex Tillerson, s’est démarqué mercredi du président désigné des États-Unis, en particulier sur la Russie, un « danger », mais aussi sur la prolifération nucléaire et le changement climatique.

Le patron du géant pétrolier ExxonMobil entre 2006 et 2016, auditionné pendant plus de neuf heures par la Commission des affaires étrangères du Sénat pour être confirmé comme secrétaire d’État, est un proche du président russe, Vladimir Poutine, avec lequel Donald Trump prône justement un rapprochement.

« La Russie représente aujourd’hui un danger », a jugé Rex Tillerson, assurant que Washington et Moscou ne seront « probablement jamais amis »,car leurs « systèmes de valeurs sont clairement différents ». Il a condamné le fait que Moscou avait « envahi l’Ukraine en s’emparant de la Crimée et apporté son soutien aux forces syriennes », réclamant une « réponse vigoureuse » des États-Unis.

M. Tillerson, un Texan de 64 ans à l’imposante carrure et qui s’exprimait pour la première fois depuis sa nomination le 13 décembre, a toutefois refusé de suivre le sénateur républicain Marco Rubio, qui a traité Vladimir Poutine de « criminel de guerre ».

Celui qui a fait toute sa carrière chez ExxonMobil avait tissé dès 1999 une relation qu’il avait lui-même qualifiée de « très proche » avec le chef du Kremlin. Ce dernier l’avait d’ailleurs décoré en 2012 de l’ordre de l’Amitié, notamment pour les investissements d’Exxon dans l’industrie pétrolière russe.

Durant la campagne présidentielle, le candidat Trump avait vanté au contraire une détente Washington-Moscou et critiqué l’Alliance atlantique et son principe de solidarité entre États membres en cas d’agression extérieure. Cela avait inquiété les alliés européens de l’Amérique.

Rex Tillerson, qui brigue la tête de la diplomatie américaine, a également reconnu que les « activités récentes » de la Russie allaient « à l’encontre des intérêts américains ».

M. Tillerson a aussi été interrogé sur le piratage informatique durant la présidentielle américaine pour lequel Washington accuse Moscou. Il a admis du bout des lèvres qu’on « pouvait raisonnablement penser » que le président russe était derrière.

Mais pour l’industriel, novice en politique, la riposte américaine, sous forme de sanctions imposées par le président sortant Barack Obama, « fait du mal aux milieux d’affaires américains » désireux d’investir en Russie. Il ne s’est d’ailleurs pas engagé sur la poursuite de ces représailles juridiques et financières antirusses.

Autres dossiers

M. Tillerson a aussi fait entendre sa différence par rapport à Donald Trump dans d’autres dossiers stratégiques : il a assuré que les États-Unis continueraient d’oeuvrer à la non-prolifération nucléaire dans le monde et qu’ils resteraient impliqués contre le réchauffement climatique.

Les ministres nommés par M. Trump ont besoin de 51 sénateurs sur 100 pour être confirmés. Les républicains sont 52. Si tous les démocrates et trois républicains votent contre Rex Tillerson, il ne sera pas chef de la diplomatie. Marco Rubio semblait particulièrement remonté, rappelant à M. Tillerson que « l’Amérique avait à coeur la démocratie et la liberté » et qu’elle avait « besoin d’un secrétaire d’État qui se batte pour ces principes ».