Une fusillade fait 5 morts et 8 blessés dans un aéroport de Floride

Des premiers répondants ont sécurisé les abords de l'aéroport de Fort Lauderdale après la fusillade.
Photo: Joe Raedle/Getty Images/Agence France-Presse Des premiers répondants ont sécurisé les abords de l'aéroport de Fort Lauderdale après la fusillade.

Les États-Unis ont été endeuillés vendredi par une nouvelle fusillade dans une foule paniquée, quand un homme a ouvert le feu à l’aéroport international de Fort Lauderdale en Floride, faisant cinq morts et huit blessés avant d’être interpellé.

Le tireur présumé se nomme Esteban Santiago, selon le sénateur de la Floride, Bill Nelson. L’individu avait avec lui des pièces d’identité militaires. Le sénateur ne savait pas si ces pièces d’identité appartenaient au suspect, mais un porte-parole militaire a indiqué qu'Esteban Santiago avait été licencié de la garde nationale de l’Alaska en raison d’un « rendement insatisfaisant ».

Le lieutenant-colonel Candis Olmstead n’a pas fourni plus de détails sur le congédiement de l’individu de 26 ans, survenu en août 2016. Esteban Santiago aurait rejoint la garde nationale en novembre 2014.

«Il tirait au hasard»
Au sortir de l'avion, le suspect a ramassé son bagage avant de se diriger vers les toilettes afin de charger son arme. Puis il s’est mis à faire feu en visant directement les voyageurs qui attendaient de récupérer leurs bagages aux abords des carrousels, selon les autorités.

Un témoin a décrit avoir entendu ce qu’il a cru d’abord être des détonations de pétards, avant que n’éclatent les cris de passagers tentant frénétiquement de fuir l’auteur de l’attaque, dans la zone de récupération des bagages.

« Il tirait sur les gens au hasard », a relaté Mark Lea, sur l’antenne de MSNBC, en précisant que le tireur avait une arme de poing et plusieurs chargeurs.

« Il est resté calme tout le temps », a-t-il ajouté, en précisant que l’homme avait visé les personnes qui tentaient de se cacher.

Le suspect n’a selon lui pas cherché à fuir. Après avoir épuisé ses munitions, il a posé son arme et s’est laissé interpeller sans combattre. « Aucun policier n’a fait feu », a confirmé le shérif du comté de Broward, Scott Israel, dans une conférence de presse dans l’aéroport.

Parti de l'Alaska
 

Selon le chef de police de l’aéroport international d’Anchorage, en Alaska, le suspect avait pris un vol de la compagnie Delta depuis Anchorage. Le vol à destination de Fort Lauderdale comprenait une escale à Minneapolis, au Minnesota.

Les deux principales compagnies aériennes utilisant le terminal 2 de l'aéroport de Fort Lauderdale, où s’est déroulé le drame, sont Air Canada et Delta.

De premières informations avaient fait état que le tireur était passager d'un vol provenant du Canada. Mais ces informations ont par la suite été démenties.

À l'aéroport de Fort Lauderdale, tous les vols ont été suspendus et l'aéroport a été fermé jusqu'à nouvel ordre.

Situé dans le sud-est des États-Unis, cet aéroport voit transiter de nombreux touristes inscrits pour une croisière ou se rendant dans un pays des Caraïbes.

Identité du suspect
Contrairement à ce qui avait été rapporté d’abord, le suspect n’a pas été blessé lors de son arrestation et les autorités n’ont pas ouvert le feu au cours de cette opération. Il a été interrogé par le FBI.

Selon des enquêteurs fédéraux cités par CBS News, un homme correspondant au signalement d’Esteban Santiago est entré il y a deux mois dans un bureau du FBI à Anchorage, en Alaska, affirmant que les autorités l’avaient contraint à regarder des vidéos du groupe État islamique.

Préoccupés par son état mental, les agents du FBI avaient conduit l’individu dans un hôpital psychiatrique.

Les autorités ne se sont pas avancées sur les motifs du tireur jusqu’à maintenant.

Des Canadiens témoins
Une Canadienne qui attendait son vol vers Toronto, assise dans la salle d’attente, raconte que « les gens couraient et criaient “shooter, shooter, shooter, get out, get out, get out”. Et là, tout le monde s’est mis à se jeter par terre pour se protéger. On était un par-dessus l’autre. On essayait de se glisser en dessous des bancs pour se protéger ».

 

« Des tirs viennent de retentir. Tout le monde court », a tweeté l’ancien porte-parole de George W. Bush, Ari Fleischer, qui se trouvait lui-même sur place.

Présente sur le tarmac, Valérie Dufour, une Québécoise, a précisé être « coincée sur le tarmac ». « Mais tout est ok sinon », a-t-elle écrit sur Facebook.

Caroline Guertin, de Montréal, se trouvait également sur le terrain vendredi après-midi. En entrevue au Devoir, elle a relaté avoir été déplacée à maintes reprises, sur le tarmac puis dans un hangar, pour des raisons de sécurité.

« C’était vraiment le chaos. Des agents de sécurité ont commencé à courir et nous ont demandé de nous coucher par terre. On a entendu des coups de feu », a pour sa part expliqué à Radio-Canada Denis Constantineau, de Sudbury. L’aéroport était très achalandé au moment du drame, a-t-il ajouté.

De nombreux véhicules de secours et de la police ont été déployés sur les lieux, selon des images diffusées par les chaînes d’information américaines.

Le gouverneur de la Floride, Rick Scott, a appelé les Floridiens a observer une période de deuil pour les personnes décédées et à prier pour les blessés, affirmant à maintes reprises que « ce n’est pas le temps pour la politique ».

Le Canada aux aguets
Dans un courriel, une porte-parole d’Affaires mondiales Canada a indiqué que le ministère « surveille de près la fusillade ».

« Nous sommes en contact avec les autorités locales et nous nous tenons prêts à offrir de l’aide consulaire aux citoyens canadiens, au besoin. Aucun autre renseignement n’est disponible pour le moment », a affirmé Diana Khaddaj. Elle n’a pu préciser si des Canadiens se trouvaient parmi les victimes.

Les citoyens canadiens qui ont besoin d’une aide consulaire d’urgence devraient communiquer avec le Consulat général à Miami au 305 579 1600, ou appeler en tout temps le Centre de surveillance et d’intervention d’urgence d’Affaires mondiales Canada au +1 613 996 8885 (à frais virés, où disponible). Ils peuvent aussi envoyer un courriel à sos@international.gc.ca.
 


Réactions politiques

Donald Trump, président américain élu. «Monitoring the terrible situation in Florida. Just spoke to Governor Scott. Thoughts and prayers for all. Stay safe!»

Denis Coderre, maire de Montréal. «Nous condamnons vigoureusement tout acte de violence. […] J’ai une pensée toute particulière pour tous les Québécois qui se trouvent sur les lieux et qui sont des habitués de la région de Fort Lauderdale.»

Rick Scott, gouverneur de la Floride. «Les citoyens de la Floride ne toléreront pas de tels actes dignes du diable. Toute personne responsable du drame devra payer pour ses gestes.»

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 6 janvier 2017 15 h 29

    Tuer pour tuer

    quelle terrible culture que de vouloir tuer du monde pour les tuer ,les causes personne ne les connait vraiment, est-ce les noirs, les islamistes radicaux, se pourrait-il que les sociétés ne puissent pas se passer d'une bonne guerre, les humains sont-ils ainsi faits que seul une bonne guerre puisse canaliser certaines pulsions, enfin c'est ce que René Gérard a semblé vouloir nous dire il y a un certain temps