Donald Trump agite le spectre d’une course aux armements

Des masques à l’effigie de Vladimir Poutine et de Donald Trump sont vendus dans un kiosque de souvenirs à Saint-Pétersbourg.
Photo: Dmitri Lovetsky Associated Press Des masques à l’effigie de Vladimir Poutine et de Donald Trump sont vendus dans un kiosque de souvenirs à Saint-Pétersbourg.

Donald Trump a signalé vendredi qu’il n’aurait pas peur d’une course aux armements et prévenu que les États-Unis répondraient à tout accroissement par un autre pays de son arsenal nucléaire, dans une nouvelle prise de position spectaculaire sur la politique internationale.

Par téléphone et sur Twitter : en deux déclarations impromptues, Donald Trump se dit prêt si nécessaire à mettre fin à plusieurs décennies de politique américaine visant à réduire l’importance, effective et stratégique, de l’arme nucléaire. Une vision maintenue aussi bien sous des présidents républicains que démocrates.

« S’il le faut, nous aurons une course aux armements », a assuré vendredi le président élu, en s’adressant hors antenne à une célèbre journaliste de la chaîne MSNBC.

La veille, dans un tweet, il affirmait que les États-Unis devaient « grandement renforcer et accroître leur capacité nucléaire ». Comme souvent, le très bref commentaire a déconcerté experts et observateurs.

Réponse à Poutine ?

Le tweet ne précisait pas si Donald Trump répondait à une situation en particulier. Mais beaucoup l’ont lu comme une réponse au président russe, Vladimir Poutine, qui venait de se prononcer lui aussi pour le renforcement de la force de frappe nucléaire de son pays.

« Il y a des pays qui parlent en ce moment d’augmenter leurs capacités nucléaires. Les États-Unis ne vont pas observer ça de loin et permettre que cela arrive sans agir en conséquence », a précisé sur CNN Sean Spicer, le porte-parole de Donald Trump.

La Russie est-elle visée par ces propos ? « Il y a plusieurs pays autour de la planète, la Russie étant l’un d’entre eux, la Chine, d’autres, qui ont parlé d’augmenter leurs capacités nucléaires », a-t-il répondu.

Donald Trump « fera ce qu’il faudra pour protéger le pays et si un autre pays, ou des pays, veulent menacer notre sécurité, notre souveraineté. Il fera le nécessaire ».

Les déclarations de Donald Trump contrastent en tout cas avec les positions exprimées par le président sortant Barack Obama qui, dans un célèbre discours prononcé à Prague en 2009, avait appelé à un monde sans armes nucléaires.

Les États-Unis disposent actuellement d’un arsenal de 7000 têtes nucléaires, juste derrière la Russie, qui en possède quelques centaines de plus.

Le Pentagone entend moderniser les trois volets de la triade de l’arsenal nucléaire américain — missiles intercontinentaux, sous-marins et bombardiers stratégiques — pour un coût estimé par les experts à 1000 milliards de dollars sur 30 ans.

Au cours de sa campagne présidentielle, Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, n’avait pas été précis sur ses priorités en matière de modernisation de cet arsenal. Il s’était même attiré les moqueries pendant la primaire républicaine lorsque sa réponse hésitante lors d’un débat avait semblé indiquer qu’il ignorait ce que désignait le mot « triade ».

« Rien de nouveau »

La Russie et les États-Unis traversent une crise dans leurs relations qui n’ont jamais été aussi mauvaises depuis la fin de la guerre froide.

Mais le futur président américain a signalé sa volonté d’oeuvrer à un réchauffement des relations. Un souhait partagé par Vladimir Poutine, qui, dans une lettre adressée au président désigné des États-Unis, a dit vouloir restaurer une bonne coopération russo-américaine. Un message « très aimable », a réagi Donald Trump, qui s’est chargé de publier lui-même la missive.

Le président russe a aussi minimisé la portée du tweet de Donald Trump sur les armes nucléaires, affirmant ne voir « rien de nouveau » dans ses déclarations.

2 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 23 décembre 2016 11 h 34

    Résumons!

    Résumons simplement en constatant que c'est la doctrine de la National Rifle Association qui fait son apparition à Washington.

  • Patrick Daganaud - Abonné 24 décembre 2016 15 h 24

    Qui est qui?

    Une poule pas de tête et un coq imbu : choisissez.

    Mais c'est vice et versa.

    Et ça, ÇA, mène le Monde : rien n'a servi à rien!

    Nous ne tirons aucune leçon de l'histoire des dictatures et du fascisme.