Donald Trump rallie ses grands électeurs

Les rares défections de lundi ont été plus nombreuses dans le camp démocrate que dans le camp républicain.
Photo: Mark Makela / Getty Images / Agence France-Presse Les rares défections de lundi ont été plus nombreuses dans le camp démocrate que dans le camp républicain.

La tentative des farouches opposants à Donald Trump a échoué : le collège électoral a, sans surprise, confirmé lundi l’élection du magnat de l’immobilier pour succéder à Barack Obama à la Maison-Blanche.

Selon le décompte effectué par les médias américains, le républicain a franchi en fin d’après-midi le cap des 270 grands électeurs, synonyme de majorité absolue. « Félicitations à Donald Trump, officiellement élu président des États-Unis aujourd’hui par le collège électoral », a immédiatement twitté le vice-président désigné, Mike Pence.

Les quelque 136 millions d’Américains qui se sont rendus aux urnes le 8 novembre n’ont pas directement élu le prochain locataire de la Maison-Blanche… mais 538 grands électeurs chargés de le faire.

Le vote de ces grands électeurs, élus ou militants locaux pour la plupart inconnus du grand public, passe d’habitude quasiment inaperçu. Mais la personnalité de M. Trump, la tonalité extrêmement agressive de la campagne et l’avance significative de Mme Clinton avec le vote populaire lui a donné cette année un relief particulier.

Pour parvenir à leurs fins, les anti-Trump devaient arriver à convaincre 37 grands électeurs républicains d’abandonner leur candidat. Les grands électeurs ne sont pas tenus de respecter le mandat qui leur a été confié mais il est extrêmement rare qu’ils dérogent à ce principe.

Ironie cruelle : les rares défections de lundi étaient, suivant le décompte encore partiel des médias américains, plus nombreuses chez les démocrates que les républicains. Dans l’État de Washington, qu’Hillary Clinton avait emporté haut la main, un tiers des 12 grands électeurs n’ont ainsi pas voté en sa faveur.

Un sondage Politico/Morning Consult publié lundi montre que les Américains ont peu d’enthousiasme pour cette « révolte » : 46 % d’entre eux jugent que les grands électeurs devraient être tenus de suivre le vote de leur État (34 % pensent le contraire). Des manifestations rassemblaient malgré tout des dizaines de personnes dans les capitales de plusieurs États. À Denver par exemple, Capitale du Colorado, un petit groupe de personnes bravaient le froid devant le Capitole local, tenant des panneaux où ils demandaient aux grands électeurs de « rejeter Trump », ou de « rejoindre les autres courageux grands électeurs » ayant changé leur vote au cours de l’histoire.

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