Présidentielle: les Américains excédés par le ton des discussions politiques

Des partisans de Donald Trump lors d'un rassemblement à Orlando, mardi. Les réseaux sociaux sont devenus une plateforme privilégiée de débat pour les Américains. 
Photo: Joe Raedle / Getty Images / Agence France-Presse Des partisans de Donald Trump lors d'un rassemblement à Orlando, mardi. Les réseaux sociaux sont devenus une plateforme privilégiée de débat pour les Américains. 

Washington — Le débat politique a pris une tournure trop viciée sur les réseaux sociaux pour de nombreux internautes américains, au point que certains ont changé leurs paramètres pour expurger au maximum leur « mur » ou limiter les messages de contacts trop virulents.

En cette année d’élections aux États-Unis, avec une campagne particulièrement acrimonieuse, les réseaux sociaux sont devenus un moyen de communication crucial pour véhiculer les positions des candidats et une plateforme privilégiée de débat pour des internautes.

Ton des échanges

Sauf que, d’après une étude du Pew Research Center publiée mardi, de nombreux utilisateurs (37 %) sont arrivés à saturation face au ton des discussions politiques. C’est bien davantage que les 20 % qui disent apprécier ces échanges.

« Une partie substantielle des utilisateurs des réseaux sociaux ont le sentiment que ces plateformes sont des endroits pour engager un débat politique uniquement furieux et irrespectueux », a relevé le rapport de Pew.

« Dans ces espaces, les utilisateurs peuvent tomber sur des déclarations qu’ils peuvent considérer hautement discutables ou extrêmement offensantes, même lorsqu’ils n’ont entrepris aucun effort pour trouver ces éléments », a-t-il relevé.

Ainsi, 59 % des personnes interrogées ont qualifié leurs interactions sur Internet avec des internautes dont ils ne partagent pas les positions politiques de « stressantes et contrariantes ».

Filtrer les flux

Et filtrer les flux pour s’épargner les messages déplaisants peut s’avérer ardu car de nombreux utilisateurs peuvent voir les messages postés et les informations partagées par leurs amis ou des personnalités qu’ils suivent.

« La plupart des utilisateurs essaient d’ignorer les querelles politiques sur les réseaux sociaux du mieux qu’ils peuvent. Lorsqu’ils n’y parviennent pas, ils prennent des mesures pour expurger leurs fils et éviter les contenus les plus offensants », a indiqué Pew.

Et quatre internautes sur cinq ont précisé qu’ils évitaient de prendre part à des prises de bec politiques, tandis que 15 % ont reconnu qu’ils postaient des commentaires.

Près d’un sur trois (31 %) a déclaré avoir modifié ses paramètres de compte sur les réseaux sociaux pour diminuer le nombre de messages d’une personne à cause du contenu d’un post politique.

L’enquête de Pew a été réalisée auprès de 4579 adultes interrogés entre les 12 juillet et 8 août sur Internet et par courrier. La marge d’erreur a été estimée à 2,4 points de pourcentage.

2 commentaires
  • Maxim Bernard - Abonné 25 octobre 2016 23 h 36

    Ces élections auront principalement été un concours de personnalité. Quelques candidats ont tenté de faire des campagnes d'idées, mais au final, c'est l'image qui l'a emporté. Pas surprenant que les discussions ne lèvent pas haut, quand les partisans appuient leur candidat sur la base de critères superficiels, donc hautement subjectifs. Cela au lieu d'avoir fait des choix rationnels sur la base de propositions, de convictions et de principes.

    Dans de telles circonstances, on ne pouvait rien espérer de mieux pour la qualité des débats publics.

  • Bernard Terreault - Abonné 26 octobre 2016 12 h 51

    Heureusement

    Il y a encore des Américains sensés qui aspirent à un débat plus rationnel. J'ai vécu huit ans dans ce pays en 62-68 et 70-72 et mes collègues et amis étaient des gens tout à fait intelligents et respectueux, les plus nombreux démocrates, mais d'autres fervents républicains, mais on ne se criait pas des insultes vulgaires par la tête.