Trump refuse de dire s'il reconnaîtra le résultat de l'élection

Donald Trump et Hillary Clinton croisaient le fer pour une dernière fois mercredi, à Las Vegas, avant le vote du 8 novembre.
Photo: Paul J. Richards Agence France-Presse Donald Trump et Hillary Clinton croisaient le fer pour une dernière fois mercredi, à Las Vegas, avant le vote du 8 novembre.

Le candidat républicain Donald Trump a refusé une fois de plus de s’engager à reconnaître le résultat de l’élection américaine, qu’il qualifie de « truquée ». Dans le troisième et dernier débat de la campagne présidentielle, mercredi soir, Donald Trump et Hillary Clinton ont croisé le fer sur une série d’enjeux cruciaux, de l’avortement à l’immigration en passant par la bombe nucléaire.

Les deux rivaux dans la course à la Maison-Blanche se sont décrits mutuellement comme une « menace » pour la sécurité des États-Unis, dans ce face-à-face qui portait sur six enjeux de fond. Le ton du débat a été nettement plus civilisé que celui des deux premiers affrontements, même si les adversaires se sont qualifiés de « marionnettes ». Le modérateur Chris Wallace, de Fox News, a rappelé les candidats à l’ordre quand ils s’éloignaient du sujet.

Fait marquant du débat, Donald Trump a suscité un malaise en refusant à nouveau de dire qu’il reconnaîtrait le résultat de l’élection en cas de défaite. « Je vous le dirai à ce moment », a-t-il répondu. Il s’agirait d’une première dans l’histoire moderne des États-Unis. Hillary Clinton a rétorqué que son rival menace carrément la démocratie par sa bravade « ahurissante ».


Le doigt sur la détente

La candidate démocrate a tenté de dépeindre son adversaire comme un être instable qui peut déclencher une guerre nucléaire sur un coup de tête. « Quand le président donne l’ordre, celui-ci doit être suivi », a lancé Hillary Clinton. L’attaque nucléaire serait déclenchée en quatre minutes, a-t-elle prévenu. Elle a rappelé que 10 personnalités se sont prononcées contre Trump pour ses failles en tant qu’éventuel commandant en chef de l’armée.

Le candidat républicain, lui, a mis en doute la crédibilité d’Hillary Clinton sur la scène internationale. Le président russe Vladimir Poutine « n’a aucun respect pour elle », a-t-il affirmé.

« Il préférerait avoir une marionnette » comme président des États-Unis, a répliqué Clinton.

« C’est vous, la marionnette ! » a renchéri Trump.

La candidate démocrate a insisté sur les liens entre Trump et la Russie. Elle a rappelé que 17 responsables de la sécurité américaine ont conclu que la Russie est derrière le piratage des courriels de la campagne Clinton, révélés par WikiLeaks. Trump a été mis sur la défensive.

Il s’agissait du troisième et dernier débat de la campagne présidentielle, à trois semaines du scrutin. Donald Trump devait à tout prix frapper un grand coup, car il traîne huit points derrière Hillary Clinton dans les intentions de vote, selon une moyenne des sondages compilés par CNN.

Deux États pivots, la Floride et le Nevada, penchent désormais du côté démocrate. Deux autres États considérés comme des forteresses républicaines, l’Utah et l’Arizona, donnent lieu à des luttes extrêmement serrées.

Avortement

Les deux rivaux ont croisé le fer sur des enjeux sociaux comme l’immigration, le port d’armes et l’avortement. Donald Trump a expliqué qu’il nommerait des juges conservateurs à la Cour suprême pour faire respecter le second amendement de la Constitution (qui garantit le droit au port d’arme) et dans l’espoir de faire tomber le célèbre jugement Roe contre Wade, qui garantit le droit à l’avortement.

« Elle dit qu’on peut sortir le bébé de l’utérus de la mère durant le neuvième mois, durant le dernier jour » de la grossesse, a dit Donald Trump.

« Ce n’est pas au gouvernement de réglementer ces décisions personnelles. Je vais me battre pour ce droit des femmes », a répliqué Hillary Clinton.

Trump s’est aussi insurgé contre l’intention de Clinton de réglementer le port d’armes. Elle est favorable au droit de porter une arme, mais ce droit peut être limité lorsque c’est raisonnable, selon elle. En 2008, Clinton avait critiqué un jugement qui a eu pour effet de limiter la capacité d’empêcher des enfants d’accéder à une arme : « Il y a des douzaines de bambins qui se blessent et qui tuent des gens avec des armes, parce que, malheureusement, ce ne sont pas tous les détenteurs d’armes chargées à la maison qui prennent les précautions », a-t-elle dit.

Dehors, les méchants

L’immigration, l’autre grand sujet de discorde entre les deux rivaux, a donné lieu à de vifs échanges. Donald Trump a répété qu’il veut construire un mur à la frontière du Mexique et expulser les immigrants illégaux : « Les méchants, on va les mettre dehors ! »

« Ils nous apportent des drogues, ils repartent avec l’argent », a-t-il ajouté.

Hillary Clinton a insisté sur son plan pour régulariser des millions d’immigrants illégaux et leurs enfants. Onze millions d’adultes et quatre millions de leurs enfants se trouvent illégalement au pays, a souligné la candidate démocrate. Elle avait invité au débat une jeune femme, née aux États-Unis, qui craint que ses parents soient expulsés du pays car ils sont « illégaux ». Donald Trump, lui, avait invité au débat quatre femmes dont un proche a été assassiné par des immigrants illégaux.

Le plan de Trump briserait tout simplement le tissu social des États-Unis, a fait valoir Clinton. Il faudrait embaucher des milliers de policiers, patrouiller dans les écoles et remplir des trains et des autobus pour mettre en oeuvre l’expulsion massive prônée par Trump, selon elle.

Les rivaux ont tenté de se décrire comme les plus aptes à assumer la présidence des États-Unis. Hillary Clinton a décrit ses 30 années d’expérience au service de l’État, et Donald Trump a rappelé qu’il a bâti un empire immobilier qui l’a rendu milliardaire.

« La journée où j’étais dans la salle de crise de la Maison-Blanche, en train de suivre en direct le raid qui a mené Oussama ben Laden devant la justice, il animait l’émission Celebrity Apprentice », a lancé Hillary Clinton.

Par contre, la candidate démocrate a été mise sur la défensive pour les liens entre la Fondation Clinton et des entrepreneurs américains qui ont obtenu des contrats pour la reconstruction d’Haïti, tel que révélé par les fuites de WikiLeaks.

 

2 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 20 octobre 2016 09 h 34

    Tout un clown!

    Tout un zigoto ce Trump! Toujours égal à lui-même. Plus sérieusement, voilà où le pouvoir de l'argent peut mener dans une démocratie gravement malade : deux candidats à la présidence fort riches ou appuyés par les riches, mais assez peu aimés de la population et avec plusieurs squelettes dans leur placard. Le bon sens devrait toutefois finalement permettre à la candidate démocrate de gagner. Ouf!

    M.L.

  • Pierre Brosseau - Abonné 20 octobre 2016 16 h 24

    UN SHOW

    Donald Trump est en perpétuelle représentation. Il donne un show et ne mesure pas le poids de ce qu'il dit en tant que candidat à l'élewction présidentielle.

    Dire et répéter que nous saurons en temps et lieu s'il respectera le résultat de l'élection est une fanfaronnade d'un dangereux incompétent.

    Bien sûr, il reconnaîtra la victoire de sa rivale, mais en semant des doutes comme il l'a fait pendant des années pour le lieu de naissance de Barack Obama. Cet homme sème le vent, il récoltera la tempête.