Obama bloque une loi visant l’Arabie saoudite

Le président américain, Barack Obama
Photo: Carolyn Kaster Associated Press Le président américain, Barack Obama
Le président américain, Barack Obama, a opposé vendredi son veto à une loi qui autoriserait les proches des victimes du 11-Septembre à poursuivre l’Arabie saoudite, engageant sur ce dossier sensible un bras de fer périlleux avec le Congrès.
 

Tout en exprimant sa « profonde sympathie » pour les victimes et affirmant comprendre leur « désir de justice », le président américain a souligné que cette loi « aurait un impact néfaste sur la sécurité nationale des États-Unis ».

La Maison-Blanche estime que le texte affaiblirait le principe d’immunité qui protège les États (et leurs diplomates) de poursuites judiciaires et risque, par un effet boomerang, d’exposer les États-Unis à des poursuites devant divers tribunaux à travers le monde.

Mais les défenseurs du « Justice Against Sponsors of Terrorism Act » insistent sur la nécessité pour les victimes des attentats du 11-Septembre de pouvoir réclamer justice et affirment que l’opposition de l’administration Obama est avant tout liée à la crainte de provoquer la colère de Riyad.

« Les familles des victimes sont scandalisées et très déçues » par la décision de M. Obama, a déclaré à l’AFP Terry Strada, dont le mari, Tom, a été tué dans le World Trade Center où il travaillait.

Trump dénonce

Le candidat républicain, Donald Trump, qui répète à l’envi que le président démocrate et sa rivale démocrate, Hillary Clinton, manquent de poigne dans la lutte contre le terrorisme, a immédiatement dénoncé cette décision.

« Que le président Obama puisse empêcher les parents, les épouses et les enfants de ceux que nous avons perdus de refermer ce douloureux chapitre de leurs vies est une honte », a-t-il affirmé.

Veto possiblement surmonté

Si les deux tiers des élus se rassemblent derrière le texte, ils pourront surmonter le veto présidentiel et la loi entrera alors en vigueur, ce qui représenterait un cinglant camouflet pour Barack Obama à quelques mois de son départ. Depuis son arrivée au pouvoir en 2009, aucun de ses veto n’a jamais été rejeté.

L’exécutif américain est donc à la manoeuvre sur Capitol Hill, en particulier auprès des représentants démocrates, pour s’assurer que le cap fatidique ne soit pas atteint.

Il dénonce les petits calculs politiques des élus qui expriment « en privé » des réserves sur les dangers du texte, mais votent pour, les yeux rivés sur les élections du 8 novembre (scrutin présidentiel mais aussi renouvellement d’une partie du Congrès).