Les États-Unis se souviennent dans un climat tendu

Des proches des victimes ont lu les noms des quelque 3000 victimes des attentats du 11-Septembre.
Photo: Justin Sullivan / Getty Images / Agence France-Presse Des proches des victimes ont lu les noms des quelque 3000 victimes des attentats du 11-Septembre.

Plusieurs milliers de personnes ont assisté à une cérémonie pour commémorer les événements du 11-Septembre, dimanche matin, à Ground Zero, à New York, là où les tours du World Trade Center frappées par des avions kamikazes se sont écroulées il y a maintenant 15 ans.

Une minute de silence a été observée alors que des cloches ont résonné à 8 h 46, heure précise où le premier avion dérouté par des terroristes avait heurté la tour nord.

Des proches des victimes ont ensuite commencé à lire les noms des quelque 3000 victimes des attentats, survenus au World Trade Center, au Pentagone et en Pennsylvanie.

Le 11 septembre 2001, 19 pirates de l’air d’al-Qaïda avaient détourné quatre avions. Il s’agit encore à ce jour de l’attaque terroriste la plus meurtrière perpétrée en sol américain. Les États-Unis répondraient en lançant une « guerre mondiale contre le terrorisme » qui fait rage encore aujourd’hui.

On croit que certaines choses nous divisent, mais ce n’est vraiment pas le cas. Nous faisons tous partie de cette Terre dans ce vaste univers.

 

La cérémonie du 15e anniversaire a duré près de quatre heures.

James Johnson, un policier new-yorkais à la retraite, est revenu pour la première fois sur le site du World Trade Center depuis le début de l’année 2002. « J’ai des sentiments mitigés, mais je suis encore hébété. Je crois que tout le monde a besoin de tourner la page et c’est le moment pour moi de tourner la page », a-t-il soutenu.

Des cérémonies se sont aussi déroulées à Washington, en présence du président Barack Obama. À Shanksville en Pennsylvanie, où s’était écrasé un autre avion dérouté par des terroristes, environ 1000 personnes se sont réunies pour assister à la lecture des noms des 40 victimes.

Une trêve politique, ou presque

La commémoration survient en pleine campagne électorale, mais les deux candidats à la présidence ont convenu de faire trêve de partisanerie, dimanche. La démocrate Hillary Clinton — qui était sénatrice de l’État lors des attentats — et son rival républicain, le New-Yorkais Donald Trump, étaient présents à New York, mais aucun des deux n’a parlé en public. Les candidats ont aussi décidé de ne pas diffuser de publicités électorales pendant la journée.

C’est « notre devoir solennel d’agir ensemble dans l’unité nationale pour préserver tous les nôtres d’un ennemi qui ne cherche rien d’autre que détruire notre mode de vie », a déclaré M. Trump dans un communiqué, en allusion à la menace djihadiste. « Nous n’oublierons jamais les horreurs du 11 Septembre 2001. Aujourd’hui, rendons hommage aux vies et au courage extraordinaire des victimes et de ceux qui les ont secourues », a tweeté Mme Clinton.

Ça ne devient pas plus facile. Le deuil ne disparaît jamais. Tu n’avances pas: ça reste toujours avec toi.

 

De son côté, le président Barack Obama a souligné lors d’une cérémonie au Pentagone que la « diversité » était la force de l’Amérique, y compris face à des menaces comme l’extrémisme islamique. « Al-Qaïda ou le groupe État islamique savent qu’ils ne pourront jamais vaincre une nation aussi forte que l’Amérique, alors ils essaient de terroriser en espérant que la peur nous dressera les uns contre les autres », a déclaré M. Obama. Dans une allusion indirecte aux propositions controversées de Donald Trump, M. Obama a rappelé que des gens « venus de tous les coins du monde, de toutes couleurs, de toutes religions » avaient fait de l’Amérique ce qu’elle est aujourd’hui.

Quelque 75 000 personnes souffrent toujours aujourd’hui de troubles mentaux et physiques liés à ces attaques, dont de nombreux urgentistes ayant respiré des particules cancérigènes en tentant de sauver des vies.

2 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 12 septembre 2016 09 h 34

    Cette si sélective mémoire

    J'aimerais, sans réduire l'importance du 11 septembre 2001 évidemment, que les Américains se souviennent.

    Le 11 septembre 1974, ce sont leurs dirigeants, nommément Nixon et Kissinger, qui ont télécommandé le putsch contre Allende au Chili, et, sans vouloir en rendre chaque américain responsable, je crois que chacun doit par contre l'assumer en son esprit.

    Dans ce cas, j'hésite toujours à parler de terrorisme international, surtout parce que je crois qu'on devrait parler de banditisme plutôt. Mais, bon, en général on se plie au jugement général de tous... en autant que ce jugement existe, et pour l'action de Pinochet il existe surtout un grand silence. Pourtant, il s'agit ici de deux actions qui se ressemblent un peu trop.

    À New-York il y a eu 3000 morts ce jour-là, surtout des américains.
    À Santiago, environ 4500, surtout des chiliens.

    Dans les années qui ont suivi New-York, approximativement 25,000 à 30,000 personnes ont été torturées, principalement des Afghans.
    Dans celles qui ont suivi Santiago, de 25,000 à 30,000 personnes ont été torturées, principalement des Chiliens.

    Se souvenir exige, me semble-t-il un minimum de rigueur. Il serait ridicule de vouloir culpabiliser tout un chacun puisqu'à la limite nous sommes tous coupables. Il me suffira qu'on parle de ces deux événements graves de concert, pour montrer comment la bêtise humaine et bien répartie.

    C'est la toute première leçon à en tirer.

  • Raymond Vallée - Abonné 12 septembre 2016 16 h 34

    Bêtise humaine.

    Einstein disait que l'univers et la bêtise humaine êtait infinies.Il avait encore des doutes sur la premiere.