La mort de Freddie Gray restera sans suite

Photo: Steve Ruark Associated Press

L’abandon mercredi des poursuites contre tous les policiers impliqués dans l’homicide de Freddie Gray, un Noir mortellement blessé l’an dernier dans un fourgon de police à Baltimore, risque d’accroître un peu plus les tensions raciales déjà très vives aux États-Unis.

Aucun des policiers initialement poursuivis n’aura donc été condamné dans cette affaire qui avait déclenché de violentes émeutes dans Baltimore, ville portuaire de l’Est américain, et pris une dimension nationale aux États-Unis.

« Les services du procureur de la ville de Baltimore ont décidé d’abandonner les poursuites dans les dossiers restants liés à l’arrestation et à la mort de Freddie Gray », a indiqué une cour du Maryland, dont dépend Baltimore, dans un bref communiqué.

Après les émeutes de Ferguson à l’été 2014, l’affaire Freddie Gray, qui avait éclaté au printemps 2015, était devenue pour beaucoup le symbole des violences policières envers la communauté noire.

Freddie Gray, un jeune Noir de 25 ans, avait été installé dans un fourgon de police le 12 avril 2015 pour être emmené au poste. Le jeune homme a subi, dans des circonstances qui n’ont jamais été clairement établies, une fracture des vertèbres cervicales lors du transport avant de succomber à ses blessures le 19 avril.

Le premier procès dans cette affaire s’était soldé par un non-lieu-surprise. Les deux procès suivants, y compris celui de Caesar Goodson, le chauffeur du fourgon qui faisait face aux chefs d’inculpation les plus graves, avaient débouché sur des acquittements.

Les autorités avaient dû déclarer l’état d’urgence et appeler les militaires de la garde nationale en renfort pour tenter de rétablir le calme dans la ville.

Fossé

L’affaire Freddie Gray avait souligné une nouvelle fois le fossé qui sépare souvent les forces de l’ordre de la communauté noire aux États-Unis.

Depuis Baltimore, les violences policières envers les Noirs n’ont cessé de défrayer la chronique, non pas parce que le phénomène est nouveau mais parce que les téléphones portables ont changé la donne.

Là où ces affaires pouvaient plus ou moins facilement être étouffées, les images des violences sont désormais partagées sur les réseaux sociaux et relayées par les médias. L’interpellation de Freddie Gray, pour un regard de travers, avait d’ailleurs été filmée et les images étaient devenues virales.

La communauté noire se mobilise et a réussi à se faire mieux entendre, au point de faire des violences policières l’un des thèmes centraux de l’élection présidentielle.

Mardi, lors de la convention du Parti démocrate, neuf mères de victimes ont plaidé pour que l’on s’attaque sérieusement à ce fléau, sous les cris de « Black lives matter ! », repris par de nombreux délégués.

« Black Lives Matter », né lors des manifestations de 2014 pour dénoncer les bavures, est devenu un mouvement influent qui a forcé les candidats aux primaires côté démocrate comme républicain à parler de ce sujet délicat.

1 commentaire
  • Matthieu Leclerc - Inscrit 27 juillet 2016 12 h 38

    Quel manque d'imputabilité!

    Les choses semblent pourtant claires:
    Un homme (noir, aux U.S de surcroit) se fait interpeller par la police. Jusque là, il est toujours en bonne santé.
    Il y a altercation avec les agents, puis il se fait ammener au poste. Pour la santé, on ne sait pas trop.
    Lorsqu'il ressort de la camionnette, on le retrouve avec une fracture des vertèbres cervicales.
    Pas bien compliqués, soit la blessure est survenue lors de "l'intervention policière", soit lors du transport vers le poste de police.
    Dans tous les cas, le corps policier ayant arrêter Mr. Gray et ayant assurer son transport sont forcément responsables.

    Il y a un manque d'imputabilité flagrant dans toute cette histoire, qui se joue sur trame de fond de racisme sans doute, mais je pense que le problème est encore plus grand et qu'il faut dénoncer ce manque d'imputabilité pour les forces de l'ordre en général, que ce soit ceux aux États-Unis, au Québec ou autres endroits!
    Les gens ayant le devoir de protéger les citoyens devraient certainement avoir des comptes à rendre par rapport à la loi, tous comme nous.
    Tous les policiers impliqués dans cette histoire méritent la prison, comme toutes personnes qui se retrouvent impliquées dans un meurtre, peu importe la coleur de son habit/uniforme cette journée là!