Dans les mots de Donald Trump

Cette illustration montre les mots le plus souvent utilisés par Donald Trump jeudi soir lors de son discours clôturant la convention républicaine.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Cette illustration montre les mots le plus souvent utilisés par Donald Trump jeudi soir lors de son discours clôturant la convention républicaine.

On n’en attendait pas moins de celui qui martèle qu’il faut « redonner sa grandeur à l’Amérique » : le candidat républicain à la présidence, Donald Trump, a privilégié dans son discours de clôture de la convention républicaine des mots qui font référence au nationalisme et au populisme.

Ainsi, les mots « America », « American », « country » et « people » ont été les plus utilisés jeudi soir par le milliardaire new-yorkais, selon l’analyse qu’a effectuée Le Devoir. Quand on pense à tous ces articles qui ont présenté le républicain comme le candidat de la loi et de l’ordre, c’est un peu surprenant que des mots comme « sécurité » ou « justice » n’aient pas été utilisés plus souvent, non ?

Pas tout à fait, fait remarquer Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand à l’UQAM. « Il semblait y avoir ce grand thème [de la loi et l’ordre], mais finalement, il en a surtout parlé en début de discours », a-t-il indiqué. Les mots « wall » et « border » ne ressortent pas beaucoup non plus, a souligné son collègue chercheur Rafael Jacob. « Pourtant, c’est au centre de son discours », a-t-il dit.

 

Guillaume Levasseur, Le Devoir
Cette illustration montre les mots le plus souvent utilisés par Donald Trump jeudi soir, lors de son discours clôturant la convention républicaine.

 

Intérêts américains d’abord

Un grand incompris, Donald Trump ? Un peu, mais pas complètement, répondent les deux chercheurs.

Le nouveau candidat à la présidence n’est pas le va-t-en-guerre qu’on dépeint souvent dans les médias, a rappelé M. Jacob. « Oui, il veut faire la guerre au groupe État islamique, mais l’idée qu’il veut intervenir et lancer des guerres partout, c’est complètement à côté de la track », a-t-il déclaré, en rappelant que Donald Trump a déjà formulé le souhait de fermer des bases militaires à l’étranger.

Aussi, les républicains n’ont pas encore choisi « leur grand thème », a fait valoir M. Gagnon, et cela a pu amener le républicain à tenter de réunir ses partisans autour des thèmes refuges que sont la grandeur des États-Unis et l’aversion pour Hillary Clinton.

« On ne retrouve pas de mots comme “multilatéralisme”. Ce qu’il dit, c’est que les intérêts américains vont passer avant ceux des autres pays », a analysé Frédérick Gagnon.

En résumé, « Trump est deux choses : un populiste et un nationaliste », a renchéri Rafael Jacob. D’ailleurs, le texte officiel que Le Devoir a analysé ne contient pas les mots que Donald Trump a scandés, ad lib, quand il a été emporté par la foule réunie au Quicken Loans Arena de Cleveland.

Autrement, le graphique aurait sans doute mis en évidence tous ces « USA ! USA ! » qu’il a criés pour joindre sa voix à celles des délégués.

Quelques mots-clés du discours d’investiture

Mots les plus utilisés
Country: 33 occurrences

America: 25 occurrences

People: 19 occurrences


Mots les moins utilisés

Security: une occurrence

Justice: une occurrence

World: une occurrence

Ce texte fait partie de notre section Perspectives.