Carnage dans un club d’Orlando: au moins 50 morts et 53 blessés

Un Américain soupçonné de liens avec le groupe État islamique (EI) a perpétré dimanche aux États-Unis le pire attentat « terroriste » depuis le 11-Septembre 2001, avec au moins 50 morts dans une boîte de nuit gaie de Floride.

Une dizaine d’heures après la fusillade la plus meurtrière de l’histoire de l’Amérique, le FBI, qui enquête pour « terrorisme », a identifié le tireur, tué par la police, sous le nom d’Omar Seddique Mateen. La police fédérale soupçonne fortement cet Américain d’origine afghane de 29 ans d’avoir prêté « allégeance » au groupe EI dans un appel passé aux services d’urgence 911 quelques instants avant son terrible crime.

Le FBI a aussi révélé avoir interrogé le jeune homme ces dernières années pour ses présumées « sympathies » islamistes mais que l’enquête n’avait jamais donné suite. Reste que, selon une agence de presse liée aux djihadistes, c’est bien un « combattant du groupe EI » qui est l’auteur de ce massacre dans un club gai d’Orlando, le Pulse, établissement emblématique de la cause homosexuelle en Floride.

La fusillade, couplée à une prise d’otages de plusieurs heures dans la nuit, a fait au moins 50 morts et 53 blessés. La tuerie s’est soldée par la mort du tireur abattu par les policiers d’élite du SWAT.

En raison de l’ampleur de la tuerie, le maire de la ville a demandé au gouverneur de l’État de Floride d’instaurer l’état d’urgence et il l’a d’ores et déjà fait pour sa ville, ce qui lui permet de mobiliser des ressources supplémentaires.

Sans attendre et tout en annonçant qu’il « n’y a pas d’autre menace », les autorités ont permis à un imam local d’intervenir pendant la conférence de presse. Il a appelé au calme et a demandé à la population et aux médias de ne pas tirer de conclusions hâtives sur le mobile du tireur.

John Saeki Gal Roma Agence France-Presse

Enquête

Le FBI a ouvert une enquête pour « acte de terrorisme » et a évoqué les « sympathies » du jeune homme pour l’islamisme. Les autorités cherchent à déterminer les mobiles de celui qui s’était introduit au Pulse avec un fusil d’assaut et une arme de poing dans la boîte.

Le FBI a confié que M. Mateen n’était pas un inconnu. Son chef à Orlando, Ronald Hopper, a révélé à la presse que le jeune homme avait été interrogé à deux reprises : « le FBI a eu connaissance de son existence quand il a fait des remarques à ses collègues laissant penser à d’éventuels liens avec des terroristes », a-t-il expliqué. Les autorités ont aussi évoqué les « sympathies » de M. Mateen pour l’islamisme.

Mais le père du tireur, Mir Seddique, a lui assuré à la chaîne NBC que le massacre n’avait « rien à voir avec la religion », mais qu’il s’agissait plutôt d’un coup de sang dirigé contre la communauté homosexuelle. « Nous étions dans le centre-ville de Miami […] et il a vu deux hommes qui s’embrassaient devant les yeux de sa femme et son enfant, et il est devenu très énervé », a-t-il ajouté, se disant « choqué comme tout le pays ».

Drame humain 
La soirée « latine » tapageuse avec spectacle de drag-queens dans la boîte gaie a tourné vers 02 h 00 (heure locale) « à la prise d’otages », selon la police. Trois heures plus tard, les policiers d’élite du SWAT sont intervenus sans que l’on sache exactement dans quelles conditions sont mortes les victimes ni le tireur.

À Orlando, une des plaques tournantes mondiale du tourisme, des témoins ont décrit des scènes d’horreur, de corps qui s’effondrent et du sang partout dans ce club, le Pulse.

« Quelqu’un a commencé à tirer. Les gens se sont jetés sur le sol », a raconté l’un des clients de la discothèque, Ricardo Negron, sur SkyNews. « Il y a eu une courte pause dans les tirs et certains d’entre nous ont pu se lever et sortir en courant vers l’arrière » de l’établissement. Ce témoin dit avoir entendu « des tirs continus » pendant probablement moins d’une minute. Il y avait plus de 300 personnes au Pulse juste avant le carnage.

Sur CNN, Christopher Hanson a expliqué avoir d’abord cru qu’il s’agissait de la musique avant de comprendre que c’était des tirs. « Je n’ai vu aucun des tireurs. J’ai juste vu des corps tomber. J’étais au bar pour commander un verre, je suis tombé, j’ai rampé pour sortir. Les gens essayaient de sortir par derrière. Quand je suis arrivé dans la rue, il y avait du monde, du sang partout ».

Le Pulse d’Orlando, qui se présente sur son site web comme « le bar gay le plus chaud d’Orlando », postait peu après sur sa page Facebook un dernier message lapidaire : « Sortez tous et courez ! »

 
Vives réactions
Le président Barack Obama a condamné « un acte de terreur et de haine » et s’est félicité que le FBI ait ouvert « une enquête pour terrorisme ». « Nous en savons assez pour dire qu’il s’agit d’un acte de terreur et de haine », a affirmé le président lors d’une très brève allocution en direct de la Maison-Blanche. « Aucun acte de terreur et de haine ne peut changer qui nous sommes », a-t-il souligné alors que la rhétorique anti-gay et anti-islamique s’est enflammée dans le pays à la faveur notamment de la campagne présidentielle.

« Réveillée avec les bouleversantes nouvelles de Floride. […] Mes pensées sont avec ceux qui sont touchés par cet acte tragique », a réagi sur Twitter la candidate démocrate à la Maison-Blanche Hillary Clinton. 

De son côté, Donald Trump, qui espère succéder au président démocrate à la Maison-Blanche, a remercié, dans un tweet, les personnes qui le « félicitent d’avoir eu raison sur le terrorisme islamique radical »« Mais je ne veux pas de félicitation, je veux de la vigilance et de la sévérité. Il nous faut être intelligents ! », a lancé le milliardaire qui avait prôné l’interdiction d’entrée aux États-Unis pour tous les musulmans.

Le président François Hollande a condamné « avec horreur la tuerie », selon un communiqué publié dimanche par l’Élysée. Le chef de l’État « exprime le plein soutien de la France et des Français aux autorités et au peuple américains dans cette épreuve ». De son côté, le premier ministre Manuel Valls a exprimé sur twitter sa « compassion » et sa « solidarité avec le peuple américain ».

Le pape François a exprimé dimanche son « exécration» face à la «haine insensée» du tireur. « Le terrible massacre qui a eu lieu à Orlando, qui a fait de très nombreuses victimes innocentes, a suscité chez le pape François et chez chacun de nous des sentiments très profonds d’exécration et de condamnation, de douleur, de trouble devant cette nouvelle manifestation d’une folie meurtrière et d’une haine insensée », a indiqué son porte-parole, le père Federico Lombardi.

Selon le gouverneur de l’Etat, Rick Scott, la pire fusillade de l’histoire des Etats-Unis est « clairement un acte de terrorisme ». 
 

Multiplication des fusillades

Ce nouveau drame survient moins de 48 heures après le meurtre par balle, dans cette même ville de Floride, d’une jeune chanteuse américaine, deux affaire qui ne sont pas liées selon la police.

Les violences par armes à feu sont quasi quotidiennes aux États-Unis. Depuis le début de l’année, il y a déjà eu plus de 5800 morts par armes à feu dans le pays et plus de 23 000 incidents impliquant des armes à feu d’après le site Gunviolencearchive.org.

Situé dans le comté d’Orange, la ville d’Orlando, qui compte environ 250 000 habitants, se trouve à l’intérieur des terres et est connue pour ses parcs d’attraction thématiques, notamment son complexe Disneyworld.

Une autre attaque évitée pendant la Gay Pride de Los Angeles

Une attaque visant la communauté homosexuelle a été évitée dimanche à Los Angeles où un homme équipé d’un arsenal d’explosifs et armes à feu a été arrêté, déclarant aux autorités qu’il avait prévu de «causer des dégâts» pendant la Gay Pride.

James Howell, 20 ans, a «dit à un agent de police pendant son arrestation qu’il voulait causer des dégâts pendant la Gay Pride», a écrit la chef de police de Santa Monica Jacqueline Seabrooks sur Twitter. Elle a toutefois précisé qu’il n’y avait «pas de lien connu avec les événements» d’Orlando.

Santa Monica est une localité de bord de mer qui jouxte Los Angeles, où quelque 400 000 personnes étaient attendues à la Gay Pride avant l’annonce de la fusillade d’Orlando.

Dans un communiqué la police de Santa Monica a donné des détails sur l’arrestation: James Howell, un jeune homme aux cheveux auburns et yeux clairs selon une photo diffusée par la police, a été interpelé à 5h00 du matin (heure locale). Il aurait frappé à la porte et la fenêtre d’un résident de ce quartier qui aurait appelé la police, craignant un «rodeur».

«Trois fusils d’assaut, des chargeurs de munitions à haute capacité» ainsi «qu’un seau contenant environ 18 litres de produits chimiques capables de former un explosif improvisé» ont été «retrouvés dans le véhicule d’Howell», immatriculé de l’État d’Indiana, poursuit le communiqué de la police de Santa Monica.
6 commentaires
  • Jérôme Faivre - Inscrit 12 juin 2016 10 h 29

    Encore plus d'armes ?

    Comme chaque fois , le lobby des armes , là-bas, mais également ici, va encore soutenir que si toute le monde était armé , on aurait limité le nombre de victimes.
    Le site Gunviolencearchive.org, qui devrait avoir une version canadienne et une version en français, recense le résultat de cette ineptie dangereuse.

    Au 16 juin à 10h21, en comptant cette épouvantable tragédie d'Orlando, le sinistre bilan est de 5894 morts par arme à feu aux Etats-Unis pour ce seul début d'année 2016.
    En temps de paix !

    Quelle efficacité, quel sentiment de sécurité !
    Avis à tous ceux qui critiquent les politiques publiques de contrôle des armes.

    Le site mentionné dans l'article:

    http://www.gunviolencearchive.org/

    • Jérôme Faivre - Inscrit 12 juin 2016 21 h 51

      Coquille: il s'agissait du 12 juin et non du 16 juin.

      À noter que le chiffre horrible a été mis à jour: maintenant 5959...

  • Maryse Veilleux - Abonnée 12 juin 2016 13 h 01

    Insensibilité

    Je réalise que je deviens insensible aux tueries aux États-Unis, bien que ces drames soient horribles aucun choix social n'est fait pour qu'ils cessent, nous lisons donc les articles, les uns après les autres, en attendant de lire le suivant...

  • Jean Lefebvre - Inscrit 12 juin 2016 14 h 25

    « rien à voir avec la religion »?

    Et en plus il ajoute : « choqué comme tout le pays »... Voila deux beaux mensonges! S'il espère nous faire croire que la violance peut être justifié par la religion, il faudra s'y reprendre. On est dans société où la tolérance fait bien plus de bien que la religion! Son fils a été nourri de dogmes qui l'ont poussé à bout. Voilà le résultat malheureux d'un lavage de cerveau par la religion. Et je ne serais pas étonné que son père soit fier de son fils...

    • - Inscrit 12 juin 2016 22 h 40

      M. Lefebvre, la tactique de l'islamisme politique est justement de clouer le bec à tous ceux qui expriment leur crainte du danger de perdre une lutte qui est menée depuis 2 siècles pour la liberté de culte et de conscience dont l'État laïc est l'expression la plus accomplie et la condition de base.

      Devant cette montée de la confessionalisation de l'État et de l'espace civil, les islamistes ont réussi à démoniser les tenants de la laïcité en les associant à l'extrême droite identitaire, alors que ce sont eux, les communautarites qui sapent l'espace démocratique par leur anathèmes.

      La grande philosophe et historienne féministe et des droits de la personne Élisabeth Badinter a bien exprimé ce subterfuge. Voyez ceci :

      http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-il-ne-f

  • Denis Paquette - Abonné 12 juin 2016 16 h 40

    ingénieux et primitif quel paradoxe

    Encore un malade mentale, mais pourquoi peuvent-ils se procurer ces armes, les américains ne comprendrons-ils jamais quels moeurs d'un autre âge, ils s'imaginent encore en train de jouer aux cowboys être si ingénieux et si primitif, quel paradoxe