La voie de l'investiture grande ouverte pour Trump

Donald Trump a gagné mardi. Et il a gagné gros. En remportant une victoire écrasante en Indiana, il est parvenu à évincer son principal rival, Ted Cruz, qui a annoncé mardi soir qu’il jetait l’éponge. Le milliardaire s’est ainsi assuré, à toutes fins utiles, de remporter l’investiture du Parti républicain en vue de la présidentielle du 8 novembre.

Ted Cruz, qui était en deuxième position dans la course républicaine, a annoncé mardi soir, dans la foulée de sa défaite cinglante, qu’il suspendait sa campagne. « Nous avons tout donné, mais les électeurs ont choisi une autre voie. Et c’est le coeur lourd, mais avec un optimisme sans limites pour l’avenir de notre pays, que nous suspendons notre campagne », a-t-il déclaré devant ses partisans à Indianapolis.

Prenant acte de la nouvelle configuration au sein de l’arène républicaine, le président du parti, Reince Priebus, s’est rendu à l’évidence en déclarant tout de suite après, sur Twitter : « Donald Trump sera le candidat probable du GOP, nous devons tous nous unir pour battre Hillary Clinton », ajoutant le mot-clic «#NeverClinton ». L’establishment du parti, qui a longtemps été à couteaux tirés avec le milliardaire, se range ainsi derrière lui et appelle les membres du parti à faire de même.

Dans son discours de victoire, Trump a semblé prendre la balle au bond en rangeant les tirades chargées au vitriol qu’il lançait encore à son rival plus tôt en journée. Il a ainsi salué Cruz en le qualifiant de compétiteur « féroce » et de personne « intelligente » et « forte », avant d’appeler à l’unité du parti. Du reste, le candidat a adopté un ton calme pour marteler ses objectifs politiques.

John Kasich, qui était jusqu’à mardi le troisième joueur dans la course républicaine, a pour sa part signalé qu’il ne jetait pas l’éponge.

État charnière

Avec ses 57 délégués en jeu, la primaire de l’Indiana était largement considérée comme celle de la dernière chance pour les adversaires du milliardaire new-yorkais. Trump ne pouvait atteindre mardi les 1237 délégués nécessaires pour obtenir l’investiture du parti, mais Ted Cruz y avait ses meilleures chances parmi les 10 primaires restantes. Avec sa forte proportion d’évangéliques (31 %), cet État devait en effet lui être favorable. Or, Trump a obtenu quelque 53 % des voix, ne laissant que 37 % au sénateur du Texas et 8 % au gouverneur de l’Ohio.

Pour celui qui a à présent toutes les chances d’être le candidat républicain à la présidentielle, le principal défi est de « recentrer le discours et de fédérer les divers segments de l’électorat républicain », soutient Frédérick Gagnon, directeur de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand à l’UQAM. « Il devra notamment convaincre les plus conservateurs au sein de son parti, lui qui s’est montré plutôt modéré sur plusieurs questions, tout en ralliant les catégories de gens qui l’ont délaissé jusqu’à maintenant, dont les femmes », poursuit M. Gagnon, qui fait remarquer au passage que sa base électorale s’est déjà élargie au cours des primaires.

Victoire de Sanders

Chez les démocrates, Bernie Sanders est parvenu à remonter légèrement la pente mardi après une série de défaites écrasantes en remportant la majorité des 83 délégués en jeu en Indiana. Mais avec une marge victorieuse relativement faible par rapport à Hillary Clinton (53 % contre 47 %), la côte vers l’investiture démocrate demeure quasi impossible à remonter pour le sénateur du Vermont.

L’ancienne secrétaire d’État a maintenant en poche environ 1700 délégués, contre un peu plus de 1400 pour Sanders, sans compter les quelque 700 superdélégués, dont la forte majorité penche jusqu’ici en faveur de Clinton. Il en faut 2383 pour ravir l’investiture démocrate.

Tout se dessine donc pour un duel Trump-Clinton lors de la présidentielle.

Avec l'Agence France-Presse

1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 3 mai 2016 22 h 22

    Ouf!

    «Bernie Sanders, un ovni socialiste dans le monde politique américain»

    Une chance que cet article se veut neutre. Si c'était un éditorial, je le contesterais, mais là, c'est vraiment une tentative de manipulation de l'opinion publique. Bon, ça vient de l'AFP, pas du Devoir, et on ne vote pas aux États-Unis, mais quand même...