Obama met en garde contre les « fous » du groupe État islamique

Le président américain, Barack Obama, a mis en garde vendredi la communauté internationale contre la menace d’une attaque nucléaire par des djihadistes « fous » du groupe État islamique (EI) et a réclamé une meilleure coopération mondiale pour renforcer la sûreté atomique.

M. Obama, qui quittera le pouvoir en janvier, est le chef d’orchestre du quatrième sommet sur la sécurité nucléaire qu’il a créé en 2010 afin d’encourager les États à coopérer et empêcher des terroristes de s’emparer de matériaux nucléaires ou d’attaquer des infrastructures nucléaires.

Le président a réuni jeudi et vendredi à Washington une cinquantaine de dirigeants de la planète dans le contexte dramatique des attentats djihadistes à Bruxelles (32 morts et 340 blessés) revendiqués par le groupe EI et d’informations sur un hypothétique projet d’« attentat nucléaire ».

« Il n’y a pas de doute que si ces fous avaient l’occasion de mettre la main sur une bombe nucléaire ou sur des matériaux radioactifs, ils les utiliseraient pour tuer autant d’innocents que possible », a averti Barack Obama lors de la session plénière de son sommet.

« Nous avons sensiblement réduit le risque. Mais […] la menace du terrorisme nucléaire persiste et continue d’évoluer », a-t-il insisté devant ses invités et la presse internationale.

Arsenal américain

Le président américain a par ailleurs affirmé qu’il aimerait poursuivre la réduction de l’arsenal nucléaire des États-Unis.

« Depuis le traité START II que nous avons conclu avec la Russie, nous avons diminué de manière importante le nombre d’armes actives, a relevé M. Obama. Ma préférence serait de réduire encore notre arsenal nucléaire », a-t-il confié, soulignant qu’il fallait néanmoins « s’assurer que notre dissuasion continue de fonctionner ».

« Tandis que nous réduisions le nombre d’armes en notre possession, j’ai voulu être sûr que nous conservions certaines responsabilités, a poursuivi M. Obama. Qu’il n’y ait pas de risque de cyber-intrusion. Que la confiance soit suffisante dans le système pour ne pas créer une activité déstabilisante. »

Après la conclusion de START II, « j’ai approché les Russes […] pour examiner la prochaine phase de réduction des armes ». Mais à cause du retour de Vladimir Poutine — « qui cherche à renforcer l’armée en Russie et la diversification de l’économie » — à la présidence de la Russie, « nous n’avons pas constaté le progrès que j’aurais espéré ».

« La bonne nouvelle est que les possibilités de progrès perdurent, a relevé M. Obama. Mon espoir est que nous ayons construit les mécanismes et les systèmes de vérification qui nous permettront de continuer à les réduire à l’avenir. »


Ottawa verse 42 millions

Washington — Le Canada versera 42 millions pour contribuer à l’effort international visant à assurer la sécurité nucléaire et à éviter que ce matériel ne se retrouve entre les mains de terroristes.

Le premier ministre, Justin Trudeau, a fait cette annonce vendredi au sommet sur la sécurité nucléaire à Washington. C’est l’un des nombreux engagements pris par les dirigeants qui participent à la conférence.

M. Trudeau a affirmé que la communauté internationale devrait poursuivre le travail de M. Obama lorsqu’il quittera son poste, en janvier 2017.

La contribution du Canada servira notamment à aider les pays à entreposer leur matériel nucléaire de façon sécuritaire et à financer des organisations telles que l’Agence internationale de l’énergie atomique et Interpol.