Obama envoie sa première lettre à Cuba

Le président des États-Unis, Barack Obama, a pris la plume pour répondre à Ileana Yarza, Cubaine de 76 ans, qui lui avait fait part de sa volonté de le rencontrer.
Photo: Pete Souza Le président des États-Unis, Barack Obama, a pris la plume pour répondre à Ileana Yarza, Cubaine de 76 ans, qui lui avait fait part de sa volonté de le rencontrer.

« Chère Ileana. J’espère que cette lettre — qui vous parviendra grâce au premier vol postal direct entre les États-Unis et Cuba en plus de 50 ans — restera comme un souvenir d’un nouveau chapitre entre nos deux pays. »

Les gestes symboliques se multiplient de part et d’autre du détroit de Floride quelques jours avant l’arrivée à Cuba — longtemps mise au ban par Washington — du président Barack Obama.

La visite de Barack Obama — accompagné de sa femme et ses deux filles — consacrera de manière spectaculaire le rapprochement entre Washington et La Havane, après un demi-siècle de tensions héritées de la guerre froide. Les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques en juillet 2015.

Ainsi, M. Obama a profité du rétablissement des liaisons postales directes entre les États-Unis et Cuba pour prendre la plume et répondre à Ileana Yarza, Cubaine de 76 ans, qui lui avait fait part de sa volonté de le rencontrer. De son côté, La Havane a libéré mardi quatre dissidents.

Photo: Pete Souza pour la Maison-Blanche

Un café

La missive du président américain, dont la Maison-Blanche a diffusé une copie avant qu’elle ne soit placée dans une large enveloppe puis dûment timbrée, « arrivera sur l’île avant son arrivée à La Havane dimanche », souligne l’exécutif américain. La lettre a été acheminée par le vol inaugural qui a eu lieu mercredi.

Dans sa lettre, datée du 18 février, Ileana Yarza, racontait sa joie à l’annonce de la visite et invitait le président pour un café chez elle. « Je suis votre carrière politique depuis votre première campagne électorale », écrivait-elle, précisant avoir célébré ses deux victoires, en 2008 comme en 2012, et regrettant amèrement qu’un troisième mandat ne soit pas possible.

Le service de courrier entre Cuba et les États-Unis n’était plus assuré depuis 1963, peu après l’entrée en vigueur de l’embargo américain sur Cuba. Les Américains pouvaient néanmoins envoyer des lettres à Cuba par l’intermédiaire de pays tiers, ce qui rallongeait les délais et augmentait les coûts.

Libérations

De son côté, La Havane a libéré et autorisé le départ aux États-Unis de quatre dissidents incarcérés, en « cadeau » au président américain, a-t-on appris auprès de l’opposition illégale cubaine.

Les dissidents Niorvis Rivera, Aracelio Riviaux, Vladimir Morera et Jorge Ramirez « sont sortis de leurs cellules mardi et ont été transférés dans la prison Combinado del Este [à La Havane] où ont été effectuées les démarches migratoires, et ils sont partis le jour même aux États-Unis », a déclaré l’opposant José Daniel Ferrer.

Ce dernier, qui dirige l’Union patriotique de Cuba (UNPACU) et figure au nombre des dissidents cubains ayant été invités à rencontrer Barack Obama mardi prochain en marge de la visite officielle du président américain, a précisé que ces libérations, réalisées avec la médiation de l’Église, constituaient un « cadeau à Obama ».

  

Un cinquième

Ces quatre détenus faisaient partie du groupe de 53 dissidents qui avaient été libérés fin 2014-début 2015 à la demande de Washington, peu après l’annonce historique du rapprochement avec La Havane. Il avaient été de nouveau incarcérés au cours des mois suivants pour des actions illégales. Selon M. Ferrer, un autre dissident en liberté, Yohannes Arce, attendait également jeudi de quitter Cuba pour les États-Unis.

Le fils de M. Morera, Vladier, a expliqué que son père « ne savait absolument pas, jusqu’à la dernière minute, qu’il allait être libéré ni qu’il allait voyager, mais maintenant, il est là-bas, il est content, et il nous a dit que notre famille serait très bientôt réunie là-bas ».

La Commission cubaine des droits de l’homme (CCDH, illégale mais tolérée) dénombre aujourd’hui une soixantaine de détenus pour des raisons politiques à Cuba, un chiffre contesté par les autorités, qui n’en recensent officiellement aucun.