Primaires : Trump et Clinton remportent la Floride, Rubio se désiste

Le sénateur de Floride Marco Rubio a annoncé mardi son retrait de la course des primaires présidentielles du parti républicain après sa défaite cinglante à la primaire de son propre État contre Donald Trump.

«Bien que ce ne semble pas être l’intention de Dieu que je devienne président en 2016, et peut-être jamais, et bien que ma campagne soit suspendue, le fait que je sois arrivé si loin montre à quel point l’Amérique est unique», a déclaré Marco Rubio devant ses partisans dans sa ville natale de Miami, dans un discours dénonçant implicitement le discours incendiaire du milliardaire.

«Je demande aux Américains de ne pas céder à la peur, de ne pas céder à la colère», a plaidé Marco Rubio.

Dans son discours, prononcé peu de temps après les projections des médias américains, le sénateur de 44 ans, qui avait été élu en novembre 2010 au Sénat, a retracé les origines de la vague de colère anti-élites qui a saisi le parti républicain, dans les premières années de la présidence de Barack Obama.

«En 2010, la vague du Tea Party me porta avec d’autres au Congrès car il ne se passait rien, et cette vague du Tea Party a donné aux républicains une majorité à la Chambre, mais rien n’a changé», a-t-il dit regretter.

«Le plus simple, dans cette campagne, aurait été d’exploiter ces anxiétés, d’attiser la colère des gens», a ensuite dit Marco Rubio. «Mais j’ai choisi une autre voie et j’en suis fier».

Se disant «déçu» de l’establishment républicain, il a appelé à un renouveau du mouvement conservateur, mais «construit sur des principes et des idées, pas sur la peur, la colère et l’exploitation des aigreurs des gens», dans une intervention visant clairement le favori de l’investiture, et dont il n’a prononcé le nom que pour le féliciter de sa victoire.

Marco Rubio était entré en course en avril 2015, et avait progressivement gagné en notoriété, jusqu’à recueillir les espoirs de l’appareil du parti après la défaite de Jeb Bush, en février.

Mais le sénateur de Floride n’a réussi qu’à remporter trois consultations (Minnesota, Porto Rico et la capitale fédérale, Washington), distancé non seulement par Donald Trump mais aussi par son rival du Sénat, Ted Cruz.

Il avait misé sa survie sur une victoire dans la Floride, mais n’y a obtenu, selon des résultats partiels, qu’environ 27% des voix, loin derrière Donald Trump (plus de 45%).

Clinton et Trump mènent 
Si Donald Trump espérait être couronné mardi soir, il devra sans doute y repenser deux fois.

Malgré tout, le controversé populiste a franchi la moitié du chemin en vue de l’investiture républicaine qu’il comptait parcourir en enlevant la Floride, un État crucial, mettant fin aux espoirs de Marco Rubio.

A 20 h 30, Donald Trump obtenait 45,5 pour cent des voix, laissant loin derrière lui le sénateur de la Floride qui espérait y relancer sa course. Il doit se contenter de 27,2 pour cent des voix.

Le scénario était différent dans l’autre État que visait Donald Trump. En Ohio, l’élan du meneur était interrompu par le populaire gouverneur de l’État, John Kasich. Celui-ci obtenait 44,3 pour cent des voix, près de 12 points de pourcentage devant M. Trump.

En Floride et en Ohio, le vainqueur républicain s’adjuge l’ensemble des délégués en jeu.
M. Trump était aussi en mesure de gagner en Caroline du Nord, en Illinois et au Missouri. Les délégués sont répartis de façon proportionnelle dans ces endroits.


Démocrates

Du côté de soirée, le début de la soirée appartient à Hillary Clinton.

L’ancienne secrétaire d’État a poursuivi son balayage des États du sud en enlevant une victoire éclatante en Floride et étant en mesure d’ajouter la Caroline du Nord à sa besace. Dans le premier État, Mme Clinton obtient 64,5 pour cent des votes. Dans l’État voisin, ses appuis s’élèvent à 58,2 pour cent.

Bonne nouvelle pour Mme Clinton: elle s’est emparée d’une bonne avance en Ohio. Elle menait aussi en Illinois et en Missouri. Mais les résultats y étaient trop fragmentaires pour y voir une tendance.

Bernie Sanders compte profiter de la grogne contre les ententes de libre-échange, comme il avait pu le faire au Michigan, la semaine dernière, pour enlever la victoire en Illinois et en Ohio et ainsi demeurer concurrentiel face à son adversaire Hillary Clinton.

Avant la soirée d’hier, selon les estimations de la chaîne CNN, Donald Trump disposait de 471 délégués, 100 de plus que Ted Cruz. Marco Rubio en comptait 165 et John Kasich, 63.

À ce chapitre, Hillary Clinton avait une bonne avance aux dépens de Bernie Sanders. L’ancienne secrétaire d’État avait l’appui de 1244 délégués, dont 472 provenant des délégués d’office, comparativement à 574 pour son adversaire.

Les bureaux de scrutins ferment à 20 h au Missouri et en Illinois.

Suivez notre journaliste Jean-Frédéric Légaré-Tremblay sur Twitter ou ici-même, sur cette page. 

1 commentaire
  • - Inscrit 15 mars 2016 22 h 37

    L'impossible ?

    Ce pourrait-il qu eles États-Unis se retrouvent avec un SchTrumpf pour président ?