Le meneur des occupants veut mettre fin à la «rébellion»

Le shérif Dave Ward
Photo: Rob Kerr Agence France-Presse Le shérif Dave Ward

Peu après l’appel du shérif du comté de Harney, le meneur des manifestants armés occupant un parc naturel dans l’Oregon et qui a été arrêté mardi par la police, Ammon Bundy, a demandé mercredi aux derniers protestataires de rentrer chez eux.

«À ceux qui restent dans le parc, je vous aime. S’il vous plaît, renoncez. Rentrez chez vous embrasser vos familles. Ce combat est maintenant le nôtre devant les tribunaux», a déclaré Ammon Bundy dans un communiqué publié par son avocat, Michael Arnold.

En après-midi, le shérif chargé de mettre fin à l’occupation illégale avait mis en garde contre un « bain de sang », en exigeant le départ des derniers hommes armés encore sur place. Cet avertissement a été lancé au lendemain d’une intervention policière qui s’est soldée par un mort et huit arrestations chez les protestataires, signe que les autorités pourraient avoir décidé que le temps du dialogue a vécu.

« Il est temps pour tout le monde de passer à autre chose. Il ne doit pas y avoir de bain de sang dans notre communauté », a déclaré le shérif du comté de Harney, Dave Ward. « Si certains ont des problèmes avec la manière dont fonctionnent les choses dans notre gouvernement, notre responsabilité en tant que citoyens est d’agir de manière convenable », a-t-il souligné, visiblement ému, en référence aux occupants qui contestent l’autorité du gouvernement fédéral.

« Cela ne se fait pas de prendre les armes [y compris] pour se rebeller. Il existe des canaux appropriés », a insisté le shérif Ward dans une conférence de presse.

Le FBI et la police locale ont lancé mardi une opération au parc national Malheur pour arrêter certains des hommes armés, constitués en milice, qui ont investi ce site naturel de cet État du nord-ouest des États-Unis. « Des coups de feu ont été tirés » et une personne que les policiers cherchaient à arrêter est morte, selon la police. Au total, cinq personnes ont été arrêtées à un feu sur l’autoroute 395, deux ailleurs dans l’Oregon, et une dans l’Arizona.

Les occupants du parc, un groupe disparate d’exploitants agricoles, d’éleveurs anti-gouvernementaux et de partisans des thèses

Arrestations

Ces arrestations n’ont pas permis de mettre un terme complet à l’occupation du parc : un des militants toujours sur place, Jason Patrick, a ainsi dit au journal local The Oregonian, dans une déclaration alambiquée, que lui et plusieurs autres étaient toujours sur place, « prêts à défendre nos résolutions pacifiques ».

La semaine passée une trentaine de personnes, dont des femmes et des enfants, occupaient le parc Malheur, mais on ne sait pas combien occupaient toujours les lieux mercredi.

Le leader du mouvement, Ammon Bundy, âgé de 40 ans et originaire de l’État voisin de l’Idaho, et son frère Ryan (43 ans et venant du Nevada) font partie des personnes arrêtées. Tous deux sont les fils d’un célèbre militant antigouvernemental, Cliven Bundy, personnage raciste et haut en couleurs qui a déjà affronté les autorités.

D’après la page Facebook de Cliven Bundy, le militant tué serait LaVoy Finicum, sur qui « la police et le FBI ont tiré, l’assassinant de sang froid ». Ryan Bundy, qui a été légèrement blessé lors de l’affrontement avec la police, a été brièvement hospitalisé avant d’être placé en détention.

Selon la chaîne CNN, l’incident a débuté lorsque des policiers ont arrêté deux voitures transportant des manifestants lors d’un contrôle routier. Les manifestants ont obtempéré et se seraient rendus, à l’exception de deux d’entre eux, Ryan Bundy et LaVoy Finicum. Des tirs ont éclaté, mais on ignore qui, des policiers ou des militants, a dégainé en premier.

L’occupation du parc de Malheur, dans une région retirée et rurale d’Oregon, a commencé le 2 janvier à la suite d’une manifestation de soutien à deux éleveurs locaux, condamnés à des peines de prison pour avoir mis le feu à des terres fédérales. Ces deux éleveurs, Dwight Hammond et son fils Stephen, se sont rendus dans l’établissement carcéral où ils purgent depuis leur peine, et se sont désolidarisés de l’occupation du parc Malheur.