Le Congrès américain a 60 jours pour se prononcer sur l’accord conclu avec Téhéran

Washington — Le département d’État a officiellement transféré dimanche au Congrès américain le texte complexe de l’accord sur le nucléaire iranien, sur lequel les deux chambres devraient voter sous 60 jours.

Le Congrès, dont la majorité républicaine est hostile à l’accord décroché avec Téhéran la semaine passée, pourra adopter soit une improbable résolution d’approbation symbolique, soit une résolution de désapprobation de l’accord. Celle-ci empêcherait la suspension des sanctions américaines contre Téhéran, promise par Washington en contrepartie des concessions iraniennes.

« Le décompte de cette période de 60 jours va commencer demain, lundi 20 juillet », a précisé dimanche le porte-parole du département d’État John Kirby, ce qui devrait en théorie donner aux élus jusqu’au 17 septembre pour voter, à la Chambre des représentants et au Sénat.

L’accord a été conclu mardi à Vienne entre Téhéran et les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Fragile équilibre

 

Il vise à rendre quasiment impossible la possibilité pour l’Iran de fabriquer une bombe atomique, tout en lui assurant le droit de développer une filière nucléaire civile. En échange, la République islamique bénéficiera d’une levée progressive des sanctions internationales.

Outre les critiques venant du Congrès, cet accord est vu avec inquiétude par des alliés de Washington au Moyen-Orient, en particulier Israël, qui redoutent une influence accrue de Téhéran dans la région ou que la République islamique ne parvienne malgré tout à développer l’arme atomique.

« Ce régime a juste reçu un accord de rêve », a affirmé dimanche le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, sur la chaîne américaine CBS. Ainsi, cet accord « peut bloquer la possibilité pour l’Iran d’avoir une ou deux bombes dans les années à venir, en partant du principe qu’ils ne trichent pas, mais cela ouvre la voie à beaucoup de bombes dans une décennie ».

M. Nétanyahou a insisté qu’il s’agissait d’un « mauvais accord » sur la chaîne ABC, et affirmé qu’il demanderait au secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, qui doit se rendre en Israël dans les heures à venir, que les puissances occidentales « négocient un meilleur accord ».

Également invité dans les émissions politiques du dimanche matin à la télévision américaine, le secrétaire d’État John Kerry a défendu au contraire l’accord : « On aimerait que le Congrès nous écoute attentivement », a-t-il dit sur CBS alors qu’il se prépare à affronter une commission du Sénat jeudi.

« Cet accord va tenir car il ouvre la voie à des inspections sans précédent, à un accès sans précédent, à des contraintes sans précédent sur leur programme, sur lesquels ils ont donné leur accord », a-t-il dit.

La vraie menace pour le Moyen-Orient « serait qu’il n’y ait pas eu d’accord », a-t-il ajouté sur CNN : « Si le Congrès ne valide pas cet accord, si le Congrès tue cela, alors il n’y aura pas d’inspections, pas de sanctions, nous ne pourrons pas négocier », a-t-il conclu.

Allemagne : le vice-chancelier en Iran

Berlin — Le vice-chancelier et ministre de l’Économie allemand, Sigmar Gabriel, est parti dimanche en Iran, devenant le premier important responsable occidental à se rendre dans ce pays depuis l’accord entre Téhéran et les grandes puissances sur le nucléaire iranien. M. Gabriel séjournera en Iran jusqu’à mardi « avec une petite délégation composée de représentants des secteurs allemands de l’économie et de la science », selon un communiqué de son ministère. Le responsable allemand s’entretiendra avec le président iranien Hassan Rohani et plusieurs ministres. L’accord nucléaire permet « de poser les bases d’une normalisation des liens économiques avec l’Iran à condition que les dispositions [de l’accord nucléaire] soient respectées maintenant », a indiqué M. Gabriel dans le communiqué.


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