Devant les pressions, l’Indiana recule sur une loi jugée discriminatoire

Un grand rassemblement contre le projet de loi a eu lieu lundi, à Indianapolis.
Photo: Aaron P. Bernstein Agence France-Presse/Getty images Un grand rassemblement contre le projet de loi a eu lieu lundi, à Indianapolis.

Washington — Le gouverneur républicain de l’Indiana, dans le nord des États-Unis, a cédé mardi aux pressions émanant de tout le pays et annoncé qu’une loi récente sur la liberté de religion serait modifiée pour interdire toute discrimination, notamment contre les homosexuels.

La loi pour la « restauration de la liberté de religion », promulguée jeudi dans cet État et inspirée de textes adoptés dans 19 autres États, contient un article permettant à un particulier ou une entreprise d’invoquer une entrave « substantielle » à sa liberté de religion pour sa défense dans un procès.

Pour les associations de défense des droits des homosexuels, la loi offre ainsi une défense à un commerçant qui refuserait de servir des clients gais en raison de ses convictions religieuses, par exemple un fleuriste qui refuserait de travailler pour le mariage de deux femmes.

Mike Pence, gouverneur de l’Indiana, a souligné que « cette loi ne crée pas de permis de refuser de servir des couples gais et lesbiens », lors d’une conférence de presse. Il a martelé que la loi visait à protéger l’exercice de la religion de chaque citoyen devant la justice de l’Indiana, où le mariage entre personnes de même sexe est par ailleurs légalisé depuis octobre 2014.

Atteinte à l’image

Mais, reconnaissant l’impact sur l’image de son État, il a dit être « arrivé à la conclusion qu’il serait utile d’adopter une législation cette semaine pour clarifier que cette loi ne donne pas le droit aux entreprises de refuser un service à quiconque », tout en critiquant la couverture « ridicule » des médias nationaux.

Les milieux des entreprises, du sport et du cinéma s’étaient émus de la loi et de nombreuses personnalités avaient engagé une campagne pour la changer, au-delà des seules associations homosexuelles et des démocrates.

Du propriétaire des Colts, l’équipe de football américain d’Indianapolis, à plusieurs grandes entreprises installées dans l’État, en passant par la Silicon Valley (Apple, PayPal, Salesforce.com, Yelp…), de nombreux patrons et entreprises ont condamné la loi, voire menacé de boycotter l’Indiana.