Dernier hommage pour le deuxième policier tué à New York

Des milliers de policiers en provenance de partout aux États-Unis et aussi du Canada assisteront dimanche, à New York, aux funérailles du deuxième policier tué par un tireur alors qu’il se trouvait dans sa voiture de patrouille, le 20 décembre dernier.

À l’extérieur de la maison funéraire où étaient célébrées les funérailles de M. Liu, les policiers qui s’étaient déplacés pour rendre hommage à leur collègue mort en service ont répété ce geste de mépris malgré une note du commissaire de la police qui les encourageait à rester respectueux. Un écran géant à l’extérieur diffusait la cérémonie.

Plus tôt dimanche, des moines bouddhistes devaient présider une cérémonie chinoise pour l’agent Wenjian Liu. Une cérémonie policière traditionnelle, célébrée par un aumônier, suivait. M. Liu, 32 ans, a été policier durant sept ans. Il s’était marié deux mois avant d’être tué, le 20 décembre. Son partenaire Rafael Ramos est également mort.

Le tireur qui a tué les deux policiers, Ismaaiyl Brinsley, s’est suicidé peu après la fusillade qu’il a déclenchée dans une rue de Brooklyn. Selon les enquêteurs, il avait fait référence sur les médias sociaux à la mort de Michael Brown, un jeune homme noir abattu par des policiers blancs à Ferguson, disant vouloir mettre «des ailes aux cochons».

Cet événement a davantage mis à l’épreuve les relations déjà tendues entre les groupes policiers et le maire de New York, Bill de Blasio, que les chefs de syndicats accusent d’avoir contribué à créer le climat qui a mené au meurtre des deux agents. M. de Blasio avait appuyé les manifestations suivant la mort de Michael Brown, à Ferguson, et celle d’Eric Garner, à Staten Island, aussi abattu par les forces de l’ordre.

Ce week-end, le commissaire de la police William Bratton a envoyé une note à toutes les unités, demandant le respect lors des funérailles. Dimanche, les policiers, venus de partout au pays pour saluer le sacrifice de leur collègue, se sont retournés pour refaire face à l’écran lorsque M. Bratton a pris le micro, tout juste après le maire.

À l’intérieur de la maison funéraire, le maire a reçu un accueil respectueux. Un certain malaise demeurait toutefois visible, dehors. De l’autre côté de la rue, un policier à la retraite tenait une pancarte qui portait le slogan: «God Bless the NYPD. Dump de Blasio». Patrick Yoes, un secrétaire national d’un syndicat policier de 328 000 membres, a affirmé qu’il avait applaudi le chef du syndicat des policiers, Patrick Lynch, qui avait déclaré que le maire avait «du sang sur les mains» après la fusillade.

«Partout dans le pays, il semble que la profession soit attaquée. Le message à retenir de cela est que nous sommes des employés de la fonction publique. Nous ne sommes pas des ennemis publics», a fait valoir M. Yoes.

Aux funérailles de l’autre policier mort, Rafael Ramos, les policiers avaient également tourné le dos au maire lorsqu’il a pris la parole.

Les funérailles de Wenjian Lui ont été retardées jusqu’à dimanche pour permettre à des membres de sa famille en Chine de se rendre à New York. Il sera enterré au cimetière de Cypress Hills. Samedi, une petite vigile a été établie dans le quartier chinois. Des membres de la communauté s’y sont rassemblés et ont brûlé des bouts de papier en l’honneur du disparu, une tradition chinoise.

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