Nouvelle manifestation à New York contre l’impunité de la police

New York — Plus de 1500 personnes battaient jeudi soir les rues de New York pour une deuxième nuit de protestation contre la décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier blanc responsable de la mort d’un père de famille noir.

La foule s’était massée à Foley Square, dans le sud de Manhattan, près de la mairie et du quartier général de la police de New York, a constaté l’AFP.

Les manifestants brandissaient des pancartes portant les inscriptions «La vie des Noirs comptent», «Le racisme tue», ou encore «Ferguson est partout», en référence à la ville du Missouri (centre) où un grand jury a décidé il y a une dizaine de jours de ne pas inculper un autre policier blanc responsable de la mort cet été d’un adolescent noir non armé.

Plusieurs hélicoptères survolaient la foule qui scandait «Pas de justice, pas de paix».

Il s’agit de la seconde nuit consécutive de manifestation à New York, après la décision mercredi d’un jury populaire de ne pas poursuivre le policier blanc impliqué dans le décès d’Eric Garner, un Noir de 43 ans, mort après une interpellation musclée le 17 juillet à Staten Island.

La nuit dernière, les manifestations se sont déroulées sans incident majeur à Manhattan, mais 83 personnes ont tout de même été arrêtées.

Jeudi, les premiers rassemblements se sont formés à Union Square, où des militants se sont allongés à même le sol en reprenant les derniers mots d’Eric Garner, «Je ne peux pas respirer».

Margarita Rosario, dont le fils de 18 ans et le neveu ont été tués par la police en 1995, a indiqué à l’AFP que rien ne changerait tant que la plus grosse ville des Etats-Unis, forte de huit millions d’habitants, ne s’élèverait contre l’impunité policière, comme l’ont fait les habitants de Ferguson pour dénoncer la mort de Michael Brown, Noir de 18 ans tué en août par un policier blanc.

«Ce type [Garner] les a suppliés [les policiers] de rester en vie et ils n’ont rien fait. Ce fut la même chose avec mon fils il y a vingt ans», a-t-elle dénoncé.

«Rien ne changera ici tant que les gens ne réagiront pas comme à Ferguson», a insisté la manifestante originaire de Porto Rico et vivant dans le Bronx. «Ici, vous pouvez supplier pour qu’on vous laisse la vie sauve, mais la police s’en fiche.»

Des avocats issus des cinq arrondissements de New York avaient rejoint les manifestations, a affirmé une manifestante, elle-même avocate, Kelli Ogbuzuo, 29 ans.

Selon elle, l’origine ethnique a joué «un grand rôle» dans la mort de Garner. «Il aurait été traité différemment s’il avait été Blanc», insiste-t-elle.

«Nous ne pouvons tolérer l’impunité de la police. Le gouvernement doit réagir. Il dispose d’une vidéo montrant ce qui s’est passé, de quoi d’autre a-t-il besoin?» a lancé Jonathan, un manifestant de 40 ans.

Selon les médias, des manifestations avaient également lieu à Chicago, Boston, Baltimore. À Washington, une centaine de personnes bloquaient une intersection à un rond-point près de la Maison Blanche, a constaté l’AFP.