Les mises en quarantaine d'office aux États-Unis critiquées

Washington — La décision de trois États américains d’imposer d’office des quarantaines aux personnes qui reviennent d’Afrique où elles ont soigné des malades d’Ebola soulevait de nombreuses critiques dimanche aux États-Unis.

Certains craignent en effet que ces mesures ne découragent d’éventuels volontaires pour aller sur place participer à la lutte contre l’épidémie de fièvre hémorragique qui a déjà fait près de 5000 morts, principalement en Afrique de l’Ouest.

Après les États de New York et du New Jersey (est), l’Illinois (nord) requiert à présent des quarantaines strictes de 21 jours, la période maximum d’incubation du virus, pour les personnes qui ont pu être exposées à Ebola, notamment les médecins qui rentrent d’Afrique de l’Ouest où ils ont soigné des malades.

«Le meilleur moyen de nous protéger est de mettre fin à l’épidémie en Afrique, et le meilleur moyen de combattre la maladie là-bas est d’envoyer un maximum de personnels de santé sur place pour aider à soigner les malades», a déclaré dimanche le directeur de l’Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), le Dr Anthony Fauci, sur CNN.

Mais «quand ils reviennent, ils doivent être traités d’une manière qui ne les décourage pas d’aller là-bas», a-t-il ajouté.

Les données scientifiques montrent que «les gens qui ne sont pas malades, qui n’ont pas de symptômes, quand vous n’avez pas de contacts avec leurs fluides corporels, ile ne représentent pas une menace, ils ne vont pas répandre la maladie», a-t-il insisté.

Ces propos interviennent après le témoignage d’une infirmière américaine, de retour d’une mission en Sierra Leone où elle a aidé les malades d’Ebola. Celle-ci, qui n’était pas malade, a été la première personne placée en quarantaine d’office et elle n’a, selon son témoignage, pas été ménagée lors de son arrivée à l’aéroport de Newark, dans le New Jersey, interrogée durant plusieurs heures et conduite à l’hôpital.

«Nous avons besoin de davantage de personnels de santé pour lutter contre l’épidémie en Afrique de l’Ouest. Et les États-Unis doivent traiter les personnels qui rentrent de là-bas avec dignité et humanité», a notamment dit cette infirmière, Kaci Hickox, regrettant notamment d’avoir été interrogée «comme une criminelle».

«Je ne souhaite à personne une telle situation et j’ai peur pour les gens qui vont être dans mon cas à l’avenir», a-t-elle ajouté. Les tests menés sur elle pour Ebola ont pour l’instant été négatifs.

Mais le gouverneur du New Jersey Chris Christie a affirmé qu’il ne regrettait pas son choix d’avoir imposé de telles mesures, estimant qu’elles «protègent la santé des gens dans le New Jersey». «Je pense que cette politique [de mise en quarantaine d’office] va devenir nationale tôt ou tard», a-t-il encore dit sur Fox News.

Et selon lui cela ne découragera pas les volontaires d’aller en Afrique: «Je pense que les gens qui font cette démarche, qui se portent volontaires, comprennent aussi qu’il est dans leur intérêt et dans l’intérêt de la santé publique d’avoir une quarantaine de 21 jours», a-t-il conclu.