Attaque du consulat américain de Benghazi: le suspect plaide non coupable

Ahmed Abou Khattala, responsable présumé de l’attaque meurtrière contre le complexe diplomatique américain à Benghazi en Libye en 2012, a plaidé non coupable samedi lors de sa première comparution devant la justice américaine à Washington.

Abou Khattala, qui avait été transféré dans la capitale américaine dans la matinée, a été inculpé pour «conspiration en vue d’apporter un soutien matériel à des terroristes», a indiqué le département de la Justice dans un communiqué.

 

L’attaque contre la mission diplomatique avait coûté la vie à l’ambassadeur américain à Tripoli Christopher Stevens et à trois autres agents américains.

 

Ahmed Abou Khattala, qui est Libyen, a été confié à la Justice américaine, a déclaré William Miller, un porte-parole du parquet fédéral, à l’AFP, sans donner plus de détails.

Ahmed Abou Khattala, qui est Libyen, a été confié à la Justice américaine à Washington samedi matin «pour répondre des accusations concernant son rôle présumé dans l’attaque terroriste de 2012 à Benghazi», a déclaré William Miller, un porte-parole du parquet fédéral, dans un communiqué.

Il doit être présenté à la cour à 15 h 30 samedi au tribunal fédéral de Washington, a-t-il ajouté.

 

Il est visé par trois chefs d’inculpation, parmi lesquels «meurtre d’une personne au cours d’une attaque contre un établissement fédéral», selon le ministre de la Justice, Eric Holder. Il risque la peine de mort.

 

Ahmed Abou Khattala avait été capturé il y a deux semaines lors d’un raid des Forces spéciales américaines près de Benghazi, dans l’Est libyen, organisé en étroite collaboration avec le FBI.

 

Après son arrestation, il avait été transféré sur un bâtiment de la Marine américaine, qui l’a ensuite transporté vers les États-Unis.

 

Selon le New York Times, Ahmed Abou Khattala a été transféré samedi à Washington par hélicoptère depuis ce navire. Le quotidien assure que le suspect est désormais détenu «sous haute surveillance» dans un tribunal fédéral de la capitale américaine.

 

En 2012, le Times était parvenu à interroger Ahmed Abou Khattala. Ce dernier avait admis être présent lors de l’assaut contre la mission américaine de Benghazi, sans toutefois en endosser la pleine responsabilité.

 

Dans la foulée de son arrestation, les États-Unis s’étaient justifiés auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, assurant que l’homme était «un personnage-clé» de l’attaque et qu’il «continuait à préparer des attaques à main armée contre des Américains».

 

De son côté, la Libye avait dénoncé sa capture et condamné «une atteinte regrettable à [sa] souveraineté».

 

Accusations républicaines

 

L’attentat de Benghazi, organisé symboliquement le 11 septembre 2012, avait non seulement provoqué une vague d’effroi aux États-Unis, mais aussi une vive polémique à Washington.

 

Depuis l’attaque, les républicains accusent l’administration de Barack Obama en général et Hillary Clinton en particulier — elle était au moment des faits à la tête du département d’État — d’avoir dissimulé des informations en pleine campagne électorale présidentielle.

 

L’exécutif avait expliqué dans un premier temps que l’attentat avait été provoqué par la publication d’une vidéo islamophobe sur YouTube, une version rapidement contredite.

 

Depuis, des milliers de pages de documents internes ont été fournies par l’exécutif au Congrès, mais les républicains restent persuadés que la Maison Blanche n’a pas tout dit et cherchent des preuves d’une manipulation.

 

Dans ses mémoires publiées ce mois-ci, Hillary Clinton, candidate pressentie à la course à la Maison Blanche en 2016, dénonce «ceux qui utilisent sans relâche cette tragédie à des fins politiciennes».