Syrie - Washington prévoit détruire les armes chimiques en moins de 90 jours

Un navire, deux usines portables, de 45 à 90 jours pour traiter des centaines de tonnes d’agents chimiques. Le Pentagone a dévoilé jeudi sa feuille de route pour la destruction des armes chimiques syriennes considérées comme les plus dangereuses.

 

Après le refus de l’Albanie de détruire sur son sol les agents chimiques dits de « priorité 1 », considérés comme les plus dangereux et qui doivent avoir quitté la Syrie avant le 31 décembre, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a décidé de confier leur neutralisation aux États-Unis, qui mèneront ces opérations en mer à bord d’un navire.

 

Dans cette perspective, le Pentagone est en train de préparer sur sa base de Norfolk le MV Cape Ray, un cargo de 200 mètres appartenant à la flotte de réserve, avec les équipements nécessaires pour mener cette mission qui n’attend plus qu’un feu vert définitif de l’OIAC.

 

Les agents chimiques considérés comme les plus dangereux, qui doivent être détruits d’ici avril 2014 et devraient donc l’être à bord du Cape Ray, sont de l’ordre de plusieurs « centaines de tonnes », soit environ « 150 conteneurs », selon un haut responsable américain de la Défense, s’exprimant sous couvert de l’anonymat. Damas a déclaré un total de 1290 tonnes d’armes chimiques, de précurseurs ou d’ingrédients.

 

Les conteneurs doivent être convoyés par l’armée syrienne vers le port de Lattaquié, selon l’OIAC. Ils seront ensuite transportés vers le port d’un pays tiers, qui reste à déterminer. La Norvège et le Danemark se sont engagés à fournir tout ou partie de ces navires.

 

Une fois dans ce port, les conteneurs seront transbordés dans un délai de 48 heures à bord du Cape Ray, qui mènera vraisemblablement ses opérations de neutralisation dans les eaux internationales, selon ce responsable.

 

Le département américain de la Défense installe actuellement dans le Cape Ray deux systèmes d’hydrolyse déployable (FDHS), sortes d’usines portables capables de « neutraliser » les agents chimiques les plus dangereux, ceux qui entrent dans la composition du gaz moutarde, du sarin et du VX.

 

Ces systèmes portables, mis au point en début d’année par le Pentagone, sont installés dans les cales du navire sous une tente dotée d’un système de filtration. Ils seront opérés par une soixantaine d’employés civils de la défense américaine, pour un équipage total d’environ 100 personnes à bord du navire.

 

Ce système d’hydrolyse mixe les agents, stockés séparément sous forme liquide en vrac, avec beaucoup d’eau et de lessive, et aboutit à un « produit inerte avec un faible degré de toxicité » très commun dans l’industrie, explique-t-il. Les opérations prendront « entre 45 et 90 jours ».