États-Unis - Obama appelle les républicains à négocier

Barack Obama a demandé mercredi la tenue d’un vote sur le budget et la dette.
Photo: Agence France-Presse (photo) Jewel Samad Barack Obama a demandé mercredi la tenue d’un vote sur le budget et la dette.

Barack Obama a appelé mardi ses adversaires républicains à voter un budget et un relèvement du plafond de la dette pour écarter « la menace » sur l’économie d’un blocage qui, a-t-il souligné, rend les pays étrangers « nerveux ».

Le président, une semaine après le début d’une paralysie partielle de l’État fédéral et à neuf jours de l’échéance d’un possible défaut sans précédent, a aussi laissé la porte ouverte à un accord à court terme qui permettrait à des négociations de se produire.

« Écartons la menace qui pèse sur les Américains et nos entreprises, et au travail », a déclaré M. Obama lors d’une longue conférence de presse mardi en début d’après-midi.

« Nous ne pouvons pas faire de l’extorsion une composante de notre démocratie. La démocratie ne fonctionne pas ainsi. Et ce n’est pas seulement pour moi, c’est aussi pour mes successeurs », a encore lancé Barack Obama à l’adresse des républicains. Il s’est toutefois dit disposé, une fois les votes sur le budget et la dette acquis, à négocier sur les dépenses de l’État, offrant même de coucher cette promesse sur le papier.

Réputation à sauvegarder

Le président s’est aussi inquiété des retombées de la paralysie sur l’image de son pays à l’étranger : « Chaque fois que nous faisons ces choses, notre réputation dans le monde en pâtit. Nous avons l’air de ne pas savoir où nous allons. » Mais M. Obama, qui a dû annuler une tournée en Asie précisément en raison du blocage à Washington, s’est voulu rassurant, expliquant aux créanciers étrangers des États-Unis que ces derniers « ont toujours payé leurs factures et le feront à nouveau ».

Les dirigeants étrangers, dont M. Obama a reconnu que la crise à Washington les rendait « nerveux », « ne font pas seulement attention à ce que je dis. Ils font aussi attention à ce que fait le Congrès », a-t-il cependant prévenu.

Passée l’échéance du 17 octobre, et faute d’un relèvement du plafond légal de la dette (actuellement à 16 700 milliards de dollars) par le Congrès, la première économie mondiale ne pourra plus emprunter sur les marchés obligataires ni rembourser certains créanciers.

Un tel défaut de paiement serait « bien pire » que la paralysie budgétaire actuelle, a fait valoir M. Obama, usant d’une métaphore attribuée au milliardaire Warren Buffett selon lequel une telle perspective s’assimilerait à l’explosion d’une « bombe nucléaire ».

En raison de l’incapacité de la Chambre des représentants, où les républicains sont majoritaires, et du Sénat, contrôlé par les démocrates, à s’entendre sur un budget, l’État fédéral américain tourne au ralenti depuis le 1er octobre. 

Jusqu’ici, le républicain John Boehner, maître de l’agenda, refusait d’organiser des votes, exigeant d’abord des concessions de l’exécutif en matière de dépenses sociales, en particulier sur la réforme de l’assurance maladie promulguée en 2010. Il a poursuivi dans cette veine mardi après-midi. «La position du président selon laquelle il refuse de parler sans capitulation préalable est intenable», a-t-il protesté lors d’une courte intervention au Capitole, en faisant valoir que de nombreux présidents, et M. Obama lui-même, avaient négocié dans le passé à l’occasion d’un relèvement du plafond de la dette.

1 commentaire
  • Richard Laroche - Inscrit 9 octobre 2013 12 h 07

    Relativité

    Programme obamacare = 150 milliards par année.
    Budget militaire = 680 milliards par année.

    Je vous laisse calculer où ils devraient couper en premier.

    http://www.whitehouse.gov/sites/default/files/omb/