Un autre document de Snowden - La NSA décrypte tout sur Internet

«L’Agence nationale de sécurité (NSA) « a largement compromis les garanties données par les sociétés Internet à leurs clients sur la sécurité de leur communication», affirme le Guardian, à l’origine de ces révélations avec le New York Times et ProPublica.
Photo: Gregory Bull Associated Press «L’Agence nationale de sécurité (NSA) « a largement compromis les garanties données par les sociétés Internet à leurs clients sur la sécurité de leur communication», affirme le Guardian, à l’origine de ces révélations avec le New York Times et ProPublica.

La NSA est capable de décoder l’essentiel des systèmes de cryptage sur Internet, des courriels aux transactions bancaires, selon des révélations jeudi de plusieurs médias risquant d’ajouter aux critiques contre les méthodes de surveillance de l’agence de renseignement américaine.

 

Avec son homologue britannique du GCHQ, l’Agence nationale de sécurité (NSA) « a largement compromis les garanties données par les sociétés Internet à leurs clients sur la sécurité de leur communication », affirme le Guardian, à l’origine de ces révélations avec le New York Times et ProPublica.

 

Les trois médias s’appuient sur des documents fournis par Edward Snowden, l’ancien consultant de la NSA dont les révélations depuis le mois de juin ont provoqué une vive polémique aux États-Unis et dans le monde sur les atteintes aux libertés publiques et à la vie privée.

 

Malgré les promesses de transparence du président Barack Obama sur ces programmes, l’addition des révélations, y compris celles de jeudi, dessine les contours d’une organisation toute puissante aux capacités d’intrusion qui semblent illimitées.

 

Les communications sur Internet dont l’objet d’un cryptage informatique automatique, qu’il s’agisse de courriels, de discussions instan- tanées, de transactions bancaires en ligne ou encore de transfert de données médicales.

 

À la faveur d’un programme ultra-secret nommé Bullrun, l’agence de renseignement américaine peut « casser » ces systèmes de cryptage (VPN, SSL) et déchiffrer ce qui s’échange, affirment le Times, le Guardian et ProPublica, une organisation à but non-lucratif spécialisée dans le journalisme d’investigation.

 

D’après les documents dont ces médias divulguent la teneur, la NSA et le GCHQ ont réussi à obtenir les « clés » des différents systèmes de cryptage grâce à leurs supercalculateurs et à la coopération des sociétés Internet, parfois obtenue à coup d’injonctions judiciaires.

 

Mission première

 

De précédentes révélations d’Edward Snowden avaient déjà permis de lever le voile sur certains programmes de l’agence américaine, comme celui de recueil de millions de métadonnées téléphoniques (numéro appelé, durée de l’appel…) et de surveillance d’Internet (Prism).

 

Mais de fait, « casser les codes » est la mission première de l’agence chargée des interceptions électroniques créée en 1952.

 

C’est même une priorité, selon un document de 2007 cité par le Times : «À l’avenir, les superpuissances seront reconnues ou brisées sur la base de la puissance de leurs programmes d’analyse cryptologique ».

 

« C’est le prix à payer pour que les États-Unis maintiennent un accès et une utilisation non entravés du cyber-espace », poursuit le document.

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