Trayvon Martin: des manifestations dans des dizaines de villes aux États-Unis

Atlanta — Une semaine après qu'un jury eut acquitté George Zimmerman du meurtre de l'adolescent Trayvon Martin, des gens ont participé à des rassemblements dans une centaine de villes aux quatre coins des États-Unis afin de réclamer des changements aux lois sur la légitime défense et d'exiger le dépôt d'accusations au civil contre l'ancien surveillant de quartier bénévole.

L'affaire Martin a ravivé les débats sur les lois en matière de légitime défense, le contrôle des armes et les relations interraciales. George Zimmerman, qui a plaidé avec succès la légitime défense, s'identifie comme un Hispanique. Trayvon Martin était Noir.

Les rassemblements «Justice pour Trayvon» ont été orchestrés par le National Action Network, fondé et présidé par l'influent révérend Al Sharpton. Des marches et des veillées à la chandelle ont lieu devant des édifices fédéraux dans au moins 101 villes, de New York à Los Angeles en passant par Wichita, au Kansas, et Birmingham, en Alabama.

Du côté d'Atlanta, les participants ont fait fi de la pluie et se sont postés à l'extérieur du tribunal fédéral, bloquant la circulation dans les rues du centre-ville.

La plupart des rassemblements étaient prévus pour samedi à midi. Des centaines de personnes — incluant les chanteurs Jay-Z et Beyoncé ainsi que la mère de Trayvon Martin, Sybrina Fulton — se sont massées à New York.

La mère de l'adolescent, qui ne portait pas d'arme au moment où il a été abattu par George Zimmerman, a lancé à la foule qu'elle était déterminée à se battre pour obtenir des changements sociaux et juridiques afin de s'assurer que les jeunes noirs ne soient plus perçus comme des individus suspects simplement en raison de la couleur de leur peau.

«Je vous promets que je vais travailler pour vos enfants aussi», a-t-elle affirmé.

Lors d'une apparition au quartier général d'Al Sharpton en matinée, à Harlem, elle avait imploré les gens de comprendre que cette tragédie n'impliquait pas seulement sa famille.

«Aujourd'hui, c'était mon fils. Demain, ce pourrait être le vôtre.»

En plus de demander au ministère de la Justice d'ouvrir un procès au civil contre George Zimmerman, Al Sharpton espère voir des changements s'opérer dans les lois sur la légitime défense.

«Nous tentons de changer les lois pour que cela ne se reproduise plus jamais», a-t-il plaidé.

Des lois semblables à la loi floridienne «Stand Your Ground» — qui n'a pas été invoquée dans le procès de George Zimmerman — sont en vigueur dans 20 États américains et vont bien au-delà des législations traditionnelles en matière de légitime défense. En général, elles éliminent le devoir d'une personne de se retirer si elle sent menacée de mort ou craint d'être blessée.

Le président des États-Unis, Barack Obama, a affirmé vendredi qu'il serait «utile d'examiner certaines lois municipales et étatiques pour voir si elles sont conçues d'une telle façon qu'elles pourraient encourager le genre de confrontation» qui a mené à la mort de Trayvon Martin.

M. Obama a tenu ces propos lors d'un point de presse inattendu à la Maison-Blanche, sa première déclaration publique depuis l'acquittement de George Zimmerman.

Il a également déclaré que les Noirs américains avaient été choqués par le verdict dans l'affaire Martin à cause d'une «histoire qui ne s'efface pas».

Le président avait déjà fait valoir que s'il avait eu un fils, celui-ci aurait ressemblé à Trayvon. Mais vendredi, il a établi un lien encore plus personnel: «Trayvon Martin, ça aurait pu être moi il y a 35 ans», a-t-il dit.

Par Bill Barrow

 
3 commentaires
  • Georges LeSueur - Inscrit 21 juillet 2013 10 h 32

    L'objectivité fait défaut.

    L'affaire Martin soulève des réflexions dominantes.
    Quand la victime est une personne de couleur, l'accusation de racisme surgit automatiquement; justifiée ou pas.
    Le droit constitutionnel de porter une arme aux E-unis et celui de légitime défense sont alors questionnés.
    La réaction publique oublie que le jeune homme portait un capuchon cachant son visage, en un lieu où il n'aurait pas dû être, ce qui justifiait qu'il soit interrogé.
    Ce qui n'exclue pas que Zimmerman soit un vigile bénévole armé peut-être un peu trop "zélé".

    Le tribunal a acquitté George Zimmerman en tenant compte de l'allégation qu'il a tiré en état de légitime défense, alors qu'il était agressé et dominé physiquement par Martin qui lui cognait la tête sur le sol. Un fait semble-t-il prouvé.
    Ni que le jeune homme avait déjà un dossier à la police.

    Barak Obama, en affirmant qu'il aurait pu être Trayvon Martin il y a 35 ans a soufflé sur le feu du mouvement de contestation. Ce n'était pas son rôle.
    L'objectivité fait défaut.

  • André Michaud - Inscrit 21 juillet 2013 12 h 57

    En appel ?

    Il y aura sûrement appel et possiblement un autre procès. Mais est-ce que le résultat sera différent ?

  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 22 juillet 2013 19 h 49

    Il n'était pas masqué sapristi!!!

    La réaction publique oublie que le jeune homme portait un capuchon cachant son visage, en un lieu où il n'aurait pas dû être, ce qui justifiait qu'il soit interrogé.
    Georges LeSueur - Inscrit
    21 juillet 2013 10 h 32

    Monsieur LeSueur, où demeurez-vous? C'est une mode chez les jeunes de porter le capuchon, qui ne cache pas du tout le visage en passant, en plus il pleuvait, se couvrir peut aller de soi. Même les chanteurs de ''rap'' à l'intérieur en spectacle porte le capuchon sur la tête et tous leurs fans ados également. On accuse toujours la mode des jeunes, dans mon temps, dans les années '70, étaient louches les cheveux longs et un signe ''peace and love'' dans le dos de notre manteau ( mal vu aussi par des Zimmerman de l'époque, pendant que des militaires à la tête rasée ''défendait'' la patrie au Vietnam ).

    Pour votre deuxième argument, en quel lieu Trayvon Martin il n'aurait pas dû être? Zimmerman l'a vu d'abord sur la rue et ensuite sur le trottoir menant chez lui. Déjà te faire suivre sur la rue n'est pas normal alors imagine cette même personne débarquant de son véhicule pour te suivre sur le trottoir jusque chez toi!!!

    Troisièmement M. LeSueur vous dites qu'il y avait justification qu'il soit interrogé. Bien ce rôle reviendrait ( si besoin! ) à un policier, pas à Zimmerman. Il n'a aucun droit de faire ce qu'il a fait. Il a agit en cowboy sans morale ( pour ne pas dire plus..KKK ), et a tué pour ses motifs personnels, point.

    Moi je demeure à Ville de Saguenay, et s'il faut que je trouve louche ici tous les jeunes qui mettent leur capuchon, je vais surement devenir paranoïaque.

    Je trouve que la réaction de Trayvon Martin a été correcte.Tant que Zimmerman le suivait en véhicule sur la rue, il l'a laissé faire. Mais si vous avez vu le vidéo où demeurait Trayvon Martin, il a dû quitter la rue pour prendre un long trottoir entre les multiplex pour se rendre chez lui. Zimmerman a quitté son véhicule pour le suivre à pied. Moi je ne me serais jama