Attentat de Boston - «Capturé! La terreur a pris fin.»


	Dès l’annonce de l’arrestation de Djokhar Tsarnaev, de nombreux habitants de la région de Boston sont descendus dans la rue pour féliciter les policiers.
Photo: Agence France-Presse (photo)
Dès l’annonce de l’arrestation de Djokhar Tsarnaev, de nombreux habitants de la région de Boston sont descendus dans la rue pour féliciter les policiers.

Il était 20 h 45, vendredi soir, lorsque l’homme le plus recherché du Massachusetts, Djokhar Tsarnaev, a été arrêté à Watertown, à l’ouest de Boston. Depuis jeudi soir, plus de 9000 policiers traquaient le jeune homme de 19 ans soupçonné d’être, avec son frère aîné, l’auteur des attentats du marathon de Boston qui a fait 3 morts et plus d’une centaine de blessés.

« Le suspect est interpellé », a d’abord twitté la police de Boston, sans préciser s’il était blessé ou non. « Les policiers examinent la zone. Détails à venir », a-t-elle ajouté. Et puis dans un deuxième twitt, elle a écrit : « Capturé !!! La chasse est finie. La traque est finie. La terreur a pris fin. Et la justice l’a emporté. Le suspect a été interpellé. »


Vers 22 h, le président Barack Obama est sorti féliciter toute l’équipe policière. Il a affirmé qu’il restait encore beaucoup de questions et qu’il avait demandé au FBI de poursuivre son enquête pour donner des réponses aux familles des victimes et des blessés.


Aussitôt la nouvelle confirmée, des cris de joie et des applaudissements se sont fait entendre dans les rues où le suspect a été arrêté.


Après une chasse à l’homme, qui a duré près de 24 heures, les citoyens de la grande région de Boston étaient visiblement soulagés. Le maire de la ville s’est fait un plaisir de lancer : « Vous allez pouvoir dormir sur vos deux oreilles ! »


Au cours de la soirée, des coups de feu avaient encore été entendus dans le secteur de Watertown. Selon certains médias américains, Djokhar Tsarnaev s’était réfugié dans un bateau entreposé dans un jardin après avoir échappé aux forces de l’ordre la nuit précédente. Les policiers ont confirmé que son état était grave, mais ils n’ont pas donné d’autres détails concernant son arrestation.

 

Poursuite de 24 heures


Dans la nuit de jeudi à vendredi, Djokhar Tsarnaev, d’origine tchétchène, avait réussi à s’enfuir à la suite d’une poursuite policière durant laquelle 200 coups de feu avaient été échangés. Son frère aîné de 26 ans, Tamerlan Tsarnaev, avait été tué dans la fusillade. Djokhar avait réussi à s’échapper, à pied, après avoir abandonné sa voiture à Watertown.


Un peu plus tôt dans la soirée de jeudi, les deux jeunes hommes auraient tué un policier de 26 ans qui était dans son autopatrouille sur le campus du Massachusetts Institute of Technology à Cambridge.


Vendredi, une porte-parole du FBI a pour la première fois affirmé que l’aîné, Tamerlan Tsarnaev, avait déjà été interrogé « à la demande d’un gouvernement étranger ». Elle n’a pas précisé quel était le pays ni qui avait demandé à ce que le jeune homme soit interrogé.

 

La famille réagit


Selon l’oncle des frères Tsarnaev, Ruslan Tsarni, les deux frères sont arrivés aux États-Unis depuis le Kirghizstan en Asie centrale en 2003. Ils n’auraient jamais mis les pieds en Tchétchénie. Mais il a déclaré qu’il avait « honte » de ce que ses neveux auraient commis et qu’ils « portaient le discrédit sur tous les Tchétchènes ».


Un homme se présentant comme leur père a, par contre, décrit les deux garçons comme « des musulmans fervents », depuis la capitale du Daguestan.


Le président de Tchétchénie a, pour sa part, souligné que les jeunes hommes n’avaient « pas vécu en Tchétchénie ». « Ils ont vécu et étudié aux États-Unis. […] Ils ont forgé leurs opinions et convictions là-bas. Il faut trouver les racines du mal en Amérique », a-t-il ajouté.


Le secrétaire américain, John Kerry, a refusé de commenter et de « spéculer » sur les liens qu’il pourrait y avoir entre les attentats de Boston et des groupes rebelles en Asie centrale. Pour le moment, les policiers refusent aussi de s’avancer sur le mobile des attentats et de donner plus de détails.


Lors du marathon de Boston lundi, deux bombes ont explosé à 100 mètres de distance et 12 secondes d’intervalle, près de la ligne d’arrivée, alors que des dizaines de milliers de personnes étaient massées. Elles avaient été assemblées dans des cocottes-minute remplies de clous et de billes d’acier pour maximiser les dégâts.


Le chef de police du Massachusetts a répété que Djokhar Tsarnaev est « une personne très violente et dangereuse ».


La Ville a bien sûr levé l’ordre de demeurer à la maison et tous les services devraient reprendre leur cours normal. Vendredi, tous les transports en commun, les magasins et les écoles étaient fermés à Boston et dans les villes de banlieue. Les trains ne circulaient pas entre New York et Boston et tout survol en avion de Boston était interdit.


Avec l’Agence France-Presse

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