Boston se recueille après le drame - Le FBI lance la traque aux auteurs de l’attentat

De jeunes gens traversaient la rue en portant des fleurs, mardi, après l’enlèvement des barricades près de l’endroit où s’est produit l’attentat qui a fait 3 morts et 183 blessés lors du marathon de Boston, lundi. Des vigiles ont été tenues en soirée pour rendre hommage aux victimes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Darren McCollester De jeunes gens traversaient la rue en portant des fleurs, mardi, après l’enlèvement des barricades près de l’endroit où s’est produit l’attentat qui a fait 3 morts et 183 blessés lors du marathon de Boston, lundi. Des vigiles ont été tenues en soirée pour rendre hommage aux victimes.

Les explosions qui ont fait trois morts et 183 blessés au marathon de Boston ont été causées par des bombes artisanales, probablement fabriquées avec des marmites à pression contenant des billes d’acier et des clous, ont révélé mardi les enquêteurs. Si aucun suspect n’a encore été identifié, les autorités américaines ont promis d’enquêter « jusqu’au bout du monde » afin de trouver les auteurs de ce crime qualifié « d’acte terroriste » par le président Obama.

Les enquêteurs qui tentaient toujours de comprendre les événements ont multiplié les appels au public mardi pour retrouver les auteurs du crime.


« Quelqu’un sait qui a fait ça », a affirmé l’agent du FBI responsable de l’enquête, Rick DesLauriers, indiquant que ses enquêteurs avaient commencé à étudier le contenu des caméras de surveillance et les débris retrouvés sur le site de la tragédie.


Les policiers tablent notamment sur la présence de milliers de personnes venues assister à l’arrivée du marathon avec leur appareil photo et leur caméra pour faire avancer l’enquête.


Selon le FBI, les deux engins explosifs auraient été dissimulés dans des sacs noirs en nylon avant d’exploser et de propulser des billes d’acier et des clous dans la foule.


Le chef de l’unité de traumatologie de l’Hôpital général du Massachusetts affirmait d’ailleurs que les médecins avaient retiré une multitude d’objets de métal des blessures des victimes.

 

Enquêter jusqu’au bout du monde


Personne n’avait revendiqué le double attentat mardi. « L’éventail des suspects et des motivations possibles reste largement ouvert, a dit Rick DesLauriers, soulignant qu’il ne ménagerait pas les efforts pour résoudre ce crime. Il s’agira d’une enquête mondiale. Nous irons jusqu’au bout du monde pour identifier l’auteur ou les auteurs de ce crime ignoble. »


Jusqu’à présent, au moins une perquisition en lien avec l’attentat a été menée. Un logement de la banlieue de Boston a été fouillé, ont confirmé les policiers, sans donner davantage d’information.


Les autorités ont par ailleurs dévoilé mardi l’identité d’une deuxième personne qui a péri à la suite de l’attentat. Il s’agit de Krystle Campbell, une femme de 29 ans. La troisième personne à avoir perdu la vie est une étudiante d’origine chinoise de l’Université de Boston qui n’a cependant pas été identifiée.


Lundi, on apprenait le décès d’un petit garçon de 8 ans, Martin Richard. Il était allé embrasser son père sur la ligne d’arrivée quelques minutes avant l’explosion. Sa soeur et sa mère ont également été grièvement blessées.


Obama dénonce un « acte terroriste »


La classe politique américaine, le président Obama en tête, a vivement condamné l’attentat de Boston mardi. Il s’agit d’un « acte de terrorisme […] odieux et lâche », a dénoncé avec force Barack Obama lors d’un point de presse à la Maison-Blanche.


« Nous ne savons pas encore […] qui a commis cet attentat ou pourquoi, s’il a été planifié et exécuté par une organisation terroriste, étrangère ou américaine, ou si c’était l’acte d’un individu », a ajouté le président.


Le président Obama, qui se rendra jeudi à Boston pour prononcer un discours lors d’une cérémonie religieuse en mémoire des victimes, a aussi voulu rassurer ses compatriotes. « J’ai donné l’ordre à mon gouvernement de prendre les mesures de sécurité nécessaires pour protéger les Américains », a-t-il dit.

 

Vigilance accrue au pays


La surveillance à la frontière canado-américaine a été accrue, a affirmé de son côté le ministre canadien de la Sécurité publique, Vic Toews.


Il s’agit de s’assurer que si quelqu’un cherche à entrer au pays pour une raison inappropriée, il soit immédiatement détecté, a-t-il expliqué, ajoutant que les Canadiens ne devraient toutefois pas s’inquiéter.


Même si aucun citoyen du pays n’a perdu la vie dans les attaques, nous avons le coeur brisé, a pour sa part affirmé le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, à la Chambre des communes.


La première ministre du Québec, Pauline Marois, a elle aussi offert ses sympathies aux Américains. « Dans nos démocraties, c’est toujours profondément déplorable quand on voit des événements comme ceux-là se produire », a-t-elle dit.


Lundi, deux bombes artisanales ont explosé près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston. Les deux déflagrations se sont déroulées à une douzaine de secondes d’intervalle. Les éclats de bombe et d’acier ont causé de graves blessures chez des spectateurs, nécessitant parfois des amputations.


Le marathon de Boston est l’un des plus anciens et des plus prestigieux du monde. Quelque 23 000 coureurs participaient à l’événement, dont plus de 2000 Canadiens. 355 Québécois étaient inscrits à la course.

 

Avec l’Agence France-Presse, Associated Press et La Presse canadienne

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Une lettre empoisonnée envoyée au Sénat américain

Une enveloppe adressée à un sénateur républicain du Mississippi, Roger Wicker, était empoisonnée à la ricine, ont annoncé des responsables du Congrès américain, mardi. La présence de ce poison potentiellement mortel a augmenté les craintes à propos du terrorisme, 24 heures après que des bombes eurent fait trois morts et plus de 180 blessés lors du marathon de Boston. Une sénatrice, la démocrate Claire McCaskill, a indiqué que les autorités avaient déjà un suspect dans leur mire et que l’enquête progressait rapidement, mais elle n’a pas dit si une arrestation avait été effectuée. Elle a ajouté que la lettre provenait d’une personne qui écrit fréquemment aux législateurs. Le FBI et la police du Capitole enquêtent sur cette affaire.

Associated Press

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