Obama blâme les républicains pour les coupes budgétaires «stupides»

Les républicains estiment plutôt que la faute revient au président parce qu'il a insisté pour que la solution comprenne des hausses d'impôts.

Le président a indiqué que les effets des coupes ne seraient pas ressentis immédiatement, mais que les familles de la classe moyenne commenceraient à voir «leur vie perturbée de façon significative». M. Obama a souligné que tant que les coupes budgétaires seront en vigueur, les Américains se diront que l'économie aurait pu aller mieux si elles avaient été évitées.

«La douleur sera réelle», a déclaré le président. «Ce n'est une victoire pour personne. C'est une perte pour le peuple américain.»

«Je ne suis pas un dictateur»

M. Obama, pressé de dire s'il portait une partie de la responsabilité de l'impasse avec les républicains, a exprimé de la frustration. «Donnez-moi un exemple de ce que je devrais faire», a-t-il lancé aux journalistes.

«Je ne suis pas un dictateur. Je suis le président», a-t-il poursuivi, en soulignant qu'il ne pouvait avoir recours à une «potion magique» pour forcer les républicains à négocier. «Je ne peux pas forcer le Congrès à faire la bonne chose», a-t-il dit.

Barack Obama pense toujours que les coupes budgétaires peuvent être remplacées par d'autres mesures, mais il veut un accord prévoyant plus de revenus gouvernementaux provenant des impôts en éliminant les échappatoires fiscales «inefficaces». Selon lui, il faudra quelques semaines ou quelques mois pour trouver une issue à l'impasse.

«Soyons clairs: rien de cela n'est nécessaire», a estimé le président. «Cela arrive à cause des choix faits par les républicains du Congrès. Nous ne devrions pas procéder à une série de coupes stupides et arbitraires.»

La visite de Boehner

Le président a reçu vendredi matin à la Maison-Blanche le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, et la chef des démocrates à la Chambre, Nancy Pelosi.

Le bureau de M. Boehner a déclaré que M. McConnell et lui avaient dit au président qu'ils étaient prêts à éliminer les échappatoires fiscales, mais seulement en échange d'une baisse des impôts pour tous les contribuables, et non pour remplacer les coupes budgétaires.

M. Obama et les leaders du Congrès se sont entendus sur le fait que le Congrès devrait adopter un projet de loi pour financer les dépenses du gouvernement après la fin du mois de mars, tout en travaillant sur une façon de remplacer les coupes budgétaires par d'autres mesures, a indiqué le bureau de M. Boehner.

«Le président a eu ses hausses d'impôt le 1er janvier», a lancé M. Boehner après sa rencontre avec le président. «De mon point de vue, la discussion sur les revenus du gouvernement est terminée. La discussion porte maintenant sur le problème des dépenses ici à Washington.»

La rencontre de vendredi était la première cette année entre les deux camps au sujet de la bataille budgétaire, et elle a duré moins d'une heure. Le président, qui s'est fait demander par des journalistes pourquoi il ne pouvait forcer les leaders du Congrès à s'asseoir dans une salle et à y rester jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, a souligné que M. McConnell avait rapidement quitté la rencontre pour prendre l'avion.

"Je ne peux pas demander aux agents du Secret Service de bloquer les portes", a dit M. Obama.

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