Immigration - Obama fait pression sur le Congrès

Barack Obama mardi à Las Vegas
Photo: Agence France-Presse (photo) John Gurzinski Barack Obama mardi à Las Vegas

Le président américain prenait la parole à Las Vegas, dans le Nevada, une journée seulement après qu’un comité de huit sénateurs appartenant aux deux grands partis eut publié un ensemble de propositions conciliant la volonté des démocrates d’offrir un « chemin vers la citoyenneté » pour les 11,1 millions de sans-papiers vivant aux États-Unis et la volonté des républicains de renforcer les contrôles aux frontières.


M. Obama a résumé ses propositions en dégageant les « trois principes » suivants : renforcer la sécurité et les contrôles aux frontières, tout en haussant les pénalités pour les entreprises qui emploient sciemment des immigrants illégaux ; définir pour les sans-papiers un « chemin vers la citoyenneté » qui comprend le versement d’une amende et des impôts non payés de même que l’apprentissage de l’anglais ; moderniser les procédures à travers lesquelles passent les candidats légaux à l’immigration, en accélérant la réunification des familles et en favorisant la naturalisation des étudiants étrangers et des immigrants investisseurs. « Nous devons demeurer un aimant pour les meilleurs et les plus brillants dans le monde », a-t-il plaidé.


Important apport


Le président a souligné l’importance des immigrants pour l’économie américaine, de même que l’urgence de « réparer un système qui est brisé depuis beaucoup trop longtemps ».


Pour montrer à quel point ses idées devraient plaire aux électeurs des deux partis, Barack Obama a affirmé qu’elles reflètent aussi bien celles de feu Ted Kennedy que celles de George W. Bush.


Il n’en a pas moins admis que le débat sur l’immigration peut devenir très émotif puisqu’il concerne l’identité même des Américains. C’est pourquoi il a rappelé que les États-Unis sont un pays d’immigrants.


Ce n’est pas par hasard qu’il a choisi Las Vegas pour prononcer son discours puisqu’au Nevada les Latinos comptent pour 27 % de la population. La majorité des immigrants illégaux aux États-Unis sont des hispanophones qui ont franchi la frontière avec le Mexique.


La réforme proposée, qu’il s’agisse de la version mise en avant par le groupe de sénateurs ou des principes énoncés mardi par Barack Obama, ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique américaine. Si les sénateurs républicains semblent enfin avoir compris l’importance du vote latino (à leurs dépens puisqu’il est allé massivement à Barack Obama en novembre 2012), il n’en est pas de même pour plusieurs membres de la Chambre des représentants.


Certains s’opposent à toute mesure de clémence, y voyant un encouragement à violer les lois. D’autres, sans doute conscients de l’importance des immigrants illégaux dans plusieurs secteurs de l’économie, sont prêts à leur donner un statut, mais pas à leur accorder la citoyenneté.


Les États-Unis comptent 53 millions d’hispanophones (citoyens, immigrants légaux et illégaux confondus), soit 17 % de la population totale. Comme l’âge moyen de ces Latinos est de 27 ans, on s’attend à ce qu’ils comptent pour 40 % de la croissance démographique d’ici à 2030.

À voir en vidéo