Relations Canada–États-Unis - Oui au projet de pipeline Keystone?

À la demande de Barack Obama, TransCanada a annoncé en septembre dernier avoir modifié son tracé pour réduire l’impact environnemental du pipeline, notamment dans la région de Sandhills, au Nebraska.
Photo: Nati Harnik - Associated Press À la demande de Barack Obama, TransCanada a annoncé en septembre dernier avoir modifié son tracé pour réduire l’impact environnemental du pipeline, notamment dans la région de Sandhills, au Nebraska.

Washington, D.C. — Inscrites dans la continuité plutôt que dans la rupture, les relations entre le Canada et les États-Unis ont peu de chances de connaître de grands bouleversements au cours des prochaines années. Mais après un premier refus de la part de la Maison-Blanche, la réélection de Barack Obama pourrait finalement permettre au controversé projet de pipeline Keystone d’aller de l’avant, estiment des experts des relations canado-américaines.

Selon David Biette, directeur du Canada Institute au Woodrow Wilson International Center for Scholars, les raisons qui empêchaient le président de donner son aval au projet étaient essentiellement électorales. « Obama ne voulait pas perdre les votes des opposants au pipeline dans les États concernés. Il estimait cela risqué dans une élection qui s’annonçait très serrée. Maintenant qu’il est réélu, ces raisons tombent, et le président sera davantage en mesure de donner son approbation », explique-t-il.

 

Nouveau tracé


En annonçant son refus il y a un an, le président américain avait demandé à la compagnie TransCanada de présenter un nouveau tracé pour le pipeline, en plus d’exiger davantage d’études environnementales.


Un autre obstacle au projet a d’ailleurs été levé au début janvier lorsque l’État du Nebraska a rendu publique une étude d’impact environnementale approuvant le projet de pipeline, qui relierait l’Alberta au Texas.


Maintenant, « l’ultime étape à franchir pour le projet sera d’obtenir l’aval du département d’État, qui devra évaluer le projet du point de vue de l’intérêt national américain en matière de sécurité énergétique, d’environnement, de santé et d’économie », indique Julien Tourreille, directeur adjoint de l’Observatoire des États-Unis à l’UQAM. Le département d’État doit rendre son verdict d’ici la fin du premier trimestre de 2013.


Selon David Biette, tout milite pour que le projet soit maintenant approuvé. « Ça a du sens sur le plan économique et on en a besoin pour notre approvisionnement énergétique. La controverse avait pris beaucoup d’ampleur, mais c’était essentiellement le fait des groupes environnementaux. »


Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, était d’ailleurs à Washington durant le week-end et lundi, jour de la cérémonie d’investiture de Barack Obama, pour faire pression auprès des membres de l’administration et du Congrès afin qu’ils approuvent le projet.

1 commentaire
  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné 22 janvier 2013 10 h 31

    Le mot "approuvant" est inapproprié

    Il est prématuré, sinon erroné, d’écrire que « Un autre obstacle au projet a d’ailleurs été levé au début janvier lorsque l’État du Nebraska a rendu publique une étude d’impact environnementale approuvant le projet de pipeline, qui relierait l’Alberta au Texas. »

    Nulle part dans l’actualité récente, à ma connaissance, n’a-t-il été mentionné qu’une quelconque « approbation » avait été formellement délivrée en suite à ladite étude d’impact environnementale.

    Aussi, monsieur Jean-Frédéric Légaré-Tremblay, je vous lance ici un pari de 5 $ ou $ 20 $ (à votre choix) que le terme « approbation » n’est pas approprié dans votre phrase ci-dessus citée.

    Daniel Clapin-Pépin

    Professeur écologiste humaniste altermondialiste coopérativiste postcapitaliste au Département des sciences comptables de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (depuis 1980 avec - comme mentor et ami personnels - le grand professeur philosophe et écologiste Pierre Dansereau).