L'Américaine Gabrielle Giffords lance une campagne contre les armes

Phoenix — L'ancienne représentante américaine atteinte à la tête par un tireur il y a deux ans a lancé, mardi, une campagne nationale contre la violence causée par les armes à feu, affirmant que son mari et elle tenteraient de contrer le puissant lobby des armes aux États-Unis.

La campagne lancée par Gabrielle Giffords survient alors que le président Barack Obama a demandé à son administration de proposer, d'ici la fin du mois de janvier, des moyens de freiner les tueries et les autres violences causées par les armes à feu dans le pays.

L'administration Obama a appelé cette semaine des groupes de propriétaires d'armes à feu, des regroupements de victimes et des représentants de l'industrie des jeux vidéo à se rendre à la Maison-Blanche pour des discussions.

M. Obama a lancé cette initiative après la tuerie du mois de décembre dans une école primaire de Newtown, au Connecticut, et qui a fait 26 morts, dont 20 enfants. Le président, qui est resté silencieux sur le dossier des armes durant son premier mandat, a réclamé des «actions immédiates» pour faire face au problème.

Mais le Congrès est empêtré dans les questions fiscales, et un haut responsable républicain a prévenu que toute action sur les armes à feu serait repoussée à plus tard compte tenu des circonstances.

«Réduire la violence»

Gabrielle Giffords et son mari, l'ancien astronaute Mark Kelly, sont en train devenir des militants de premier plan du contrôle des armes, particulièrement depuis l'attaque au Connecticut. Dans une lettre d'opinion publiée dans le USA Today, ils affirment que leur comité d'action politique, baptisé Americans for Responsible Solutions, récoltera des fonds pour soutenir les efforts en faveur du contrôle des armes à feu.

«Réaliser des réformes pour réduire la violence causée par les armes et éviter les fusillades de masse signifiera d'égaler le lobby des armes en termes de portée et de ressources», ont-ils écrit. La National Rifle Association (NRA), le plus puissant lobby des armes aux États-Unis, a déclaré après la fusillade au Connecticut que la solution serait de déployer un policier armé dans chaque école du pays.

Le couple Giffords-Kelly a souligné qu'il soutenait le deuxième amendement de la Constitution, qui garantit aux Américains le droit individuel de porter des armes. «Nous ne voulons pas plus vous enlever vos armes que nous voulons nous départir des deux armes que nous avons placées dans un coffre-fort à la maison», affirment-ils.

«Ce que nous voulons, c'est ce que veulent la majorité des membres de la NRA et des Américains: des changements responsables dans nos lois afin d'imposer une possession d'armes responsable et réduire la violence causée par les armes.»

Inaction des élus

La semaine dernière, Gabrielle Giffords et son mari se sont rendus à Newtown, la ville du Connecticut où s'est produite la fusillade de décembre. Ils ont aussi rencontré le maire de New York, Michael Bloomberg, un partisan déclaré du contrôle des armes.
Dans leur lettre d'opinion, Mme Giffords et M. Kelly critiquent ce qu'ils estiment être l'inaction des élus. «En réponse à une série de fusillades horrifiantes [...] le Congrès a fait quelque chose d'extraordinaire, c'est à dire rien du tout.»

Ils espèrent maintenant que les élus «n'auront plus de raison d'avoir peur du lobby des armes».

Gabrielle Giffords est devenue malgré elle un symbole de la violence causée par les armes à feu après avoir été victime d'un tireur, qui a ouvert le feu lors d'une assemblée publique avec des électeurs à Tucson, en Arizona, le 8 janvier 2011. La fusillade a fait six morts et 13 blessés, dont Mme Giffords, qui a été grièvement blessée à la tête.
6 commentaires
  • Louka Paradis - Inscrit 8 janvier 2013 18 h 04

    Une femme courageuse

    Elle pourrait rester à l'abri, mais non ! elle a le courage de ses convictions. Chapeau bas ! Elle devrait solliciter une rencontre publique avec Harper : ce serait sûrement un événement couru par les médias. Je pense qu'il se défilera si jamais il reçoit une telle invitation. Il m'a toujours fait penser au loup déguisé en Mère-grand, dans le conte du Petit Chaperon Rouge...
    Louka Paradis, Gatineau

  • France Marcotte - Inscrite 8 janvier 2013 19 h 22

    Faire joujou

    J'ai une solution pour répondre à votre compulsif besoin de posséder une arme comme symbole fétiche de votre américanité sans vous massacrer et sans offrir au monde le spectacle désolant de votre immaturité:

    Permettez ou même rendez obligatoire la possession d'une arme mais interdisez les munitions!

    • Raymond Turgeon - Inscrit 8 janvier 2013 23 h 58

      Madame Marcotte,
      Votre propos témoigne d'un connaissance limitée de la société américaine. Les utilisateurs légaux d'armes à feu n'y sont pas tous systématiquement immatures, et de loin, pas plus que le ''besoin'' de posséder des armes à feu n'est compulsif pour la majorité d'entre eux. Une culture saine des armes existe et elle n'est pas nocive.
      Mais une société malade pervertit beaucoup les comportements. La prévention impose une mise à jour du Second Amendment.
      Pour ce qui est de votre suggestion, elle est aussi farfelue que drôle.

      Raymond Turgeon

  • Martin Fafard - Inscrit 8 janvier 2013 21 h 19

    Bravo Mme Marcotte

    Mme Marcotte

    Je trouve votre commentaire tout à fait pertinent, plein d'humour ... et de bon sens! J'aimerais que tout les états-uniens (américains) puissent le lire!!

    Martin Fafard

  • Raymond Turgeon - Inscrit 8 janvier 2013 23 h 30

    La violence causée par les armes!?!

    Je suis très sympatique à la cause de madame Giffords. Il en faudra de l'argent pour faire contrepoids à l'influence de ''l'inélégante'' NRA.
    Pour augmenter ses chances de succès, je garderais une certaine distance à l'endroit de l'opportuniste maire de New-York qui ne fait pas plus dans la nuance que le lobby qu'il combat.
    Aussi, afin de rallier le plus de gens à sa cause, elle devra elle aussi reformuler cet énoncé lourd d'ineptie que constitue ''la violence causée par les armes'', une formule utilisée quatre fois dans ce court article de la presse canadienne, et qui risque de lui coûter de précieux appuis.
    Au delà de cet aspect du problème, la santé sociale de ce pays a besoin d'un sérieux coup de barre pour contrer les effets du désolant rêve américain, un des plus grand fabriquant d'iniquité de la planète.

    Raymond Turgeon

  • Louise Lefebvre - Inscrite 9 janvier 2013 12 h 16

    Détruire les armes...pour sauver des vies!

    Les fabricants d'arme font de l'argent sur le dos des gens stupides qui collectionnent des objets dont l'utilité principale est de tuer alors réveillez-vous peuple américain et démantelez cette industrie inutile et néfaste...
    Mme Giffords, courage! il faut battre le fer pendant qu'il est chaud!