Plusieurs politiciens américains réclament le resserrement du contrôle des armes à feu

Entouré de personnes dont des proches ont été tués par des armes à feu, le maire de New York, Michael Bloomberg, a participé lundi au visionnement d’une vidéo portant notamment sur les témoignages de survivants de tueries. Le maire a exhorté le président Obama à adopter des lois plus strictes pour mieux contrôler le commerce des armes.
Photo: Seth Wenig - Associated Press Entouré de personnes dont des proches ont été tués par des armes à feu, le maire de New York, Michael Bloomberg, a participé lundi au visionnement d’une vidéo portant notamment sur les témoignages de survivants de tueries. Le maire a exhorté le président Obama à adopter des lois plus strictes pour mieux contrôler le commerce des armes.

Plusieurs politiciens américains ont plaidé hier en faveur d’un resserrement du contrôle des armes à feu, à commencer par l’interdiction des fusils automatiques comme celui qui a été utilisé par le tueur de Newtown.

Quelques élus démocrates qui étaient partisans d’un grand laxisme jusqu’au carnage de vendredi ont dit hier avoir changé d’idée tandis que des partisans de longue date d’un meilleur contrôle, comme le maire de New York, Michael Bloomberg, revenaient à la charge.


En conférence de presse en début d’après-midi, lundi, ce dernier a proposé plusieurs mesures précises à un moment où le président Barack Obama multiplie les discours, mais demeure vague.


Le premier magistrat de New York a réclamé la remise en vigueur de l’interdiction de vendre ou de posséder un fusil d’assaut, qui était arrivée à échéance en 2004 après avoir été votée dix ans auparavant. Il s’agit d’une des mesures les plus fréquemment discutées quand il est question d’armes à feu. La sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, a d’ailleurs réitéré son intention de présenter une nouvelle loi en ce sens dès la rentrée parlementaire en janvier.


Pour le maire de New York, il faut que tous les acheteurs d’armes à feu sans exception soient soumis à une vérification de leur santé mentale et de leurs antécédents. Une telle loi existe, mais n’est pas toujours appliquée. Il a également déploré que le Bureau de l’alcool, du tabac et des armes à feu, une agence fédérale, soit privé d’un directeur depuis six ans !


Michael Bloomberg, qui a également parlé de la nécessité de limiter la capacité des chargeurs vendus dans le commerce, n’a pas ménagé la classe politique de Washington : « Le président et le Congrès peuvent et doivent s’occuper en même temps [du contrôle des armes] et d’une solution au précipice fiscal. Il n’y a aucun rapport entre ces deux questions. Si le Congrès et le président ne peuvent pas se concentrer sur deux choses à la fois, qui donc avons-nous élu, bon Dieu ? »


Dans une déclaration publiée en fin de semaine, Michael Bloomberg, qui préside une association de maires de grandes villes préoccupés par le problème des armes, avait déjà dit : « Ce que nous n’avons vu ni à la Maison-Blanche ni au Congrès, c’est du leadership. Ça doit changer. C’est une tragédie nationale et il faut une réponse nationale. »


Plusieurs tueries ont été commises au cours des dernières années - Barack Obama a noté qu’il y en avait eu cinq depuis son entrée en fonctions au début de 2008 -, mais jamais les élus fédéraux n’ont réagi en serrant la vis aux marchands d’armes à feu.


Un défenseur du droit de porter des armes qui a toujours reçu la bénédiction du lobby concerné, le sénateur de la Virginie-Occidentale, Joe Manchin, a indiqué hier, dans une entrevue à la chaîne d’information continue MSNBC, qu’il était prêt à réviser ses positions après le drame du Connecticut, tout en appelant les deux camps à dialoguer. Il a dit douter de l’utilité pour les chasseurs de posséder des armes d’assaut ou des chargeurs de grande capacité, sans aller jusqu’à proposer leur interdiction, toutefois.


Un autre élu démocrate, le député John Yarmuth, du Kentucky, s’est excusé de ne pas s’être intéressé à la question au cours des six années qu’il a passées sur les banquettes du Congrès. « La National Rifle Association [NRA, le lobby des marchands d’armes à feu] a dépensé des millions pour semer la peur dans l’esprit des citoyens et des politiciens », a-t-il déclaré en conférence de presse.


À ces voix se sont ajoutées celles du gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, du sénateur du Connecticut, l’indépendant Joseph Lieberman, de son collègue du New Jersey, Frank Lautenberg, de plusieurs députés fédéraux de l’État de New York, dont Carolyn McCarthy, qui a perdu son mari lors d’une fusillade en 1993. Cette dernière a affirmé : « Cette fois, je crois que ce sera différent même si ce ne sera pas facile… »


D’autres politiciens ont fait une tout autre lecture des événements récents. Parmi eux, l’ancien gouverneur de l’Arkansas et prétendant à l’investiture républicaine en 2008, Mike Huckabee, qui a déclaré : « Nous nous demandons pourquoi il y a de la violence dans les écoles, or nous avons systématiquement chassé Dieu de nos écoles… ». Un député républicain du Texas a dit dimanche qu’il fallait armer le personnel des écoles pour empêcher les tragédies du genre de celle de Newtown.


Aux États-Unis, le droit de s’armer est âprement défendu par des groupes de pression, et la quasi-totalité des républicains leur emboîtent le pas.


Au Connecticut, la petite ville de Newtown a célébré les funérailles de deux des victimes de la tuerie, des garçonnets de six ans, tandis qu’on annonçait que l’école où s’est produit le drame, qui a fait 26 victimes, dont 20 enfants, pourrait ne jamais rouvrir ses portes.


Plus de 150 000 personnes avaient signé lundi une pétition déposée sur le site Internet de la Maison-Blanche pour réclamer une loi sur le contrôle des armes à feu. Pressé de questions lundi, le porte-parole de M. Obama, Jay Carney, est resté vague sur les mesures que le président souhaite voir entrer en vigueur. Ce dernier a dit dimanche : « Ces tragédies doivent cesser et, pour ce faire, nous devons changer », mais pas une fois il n’a prononcé les mots « fusil » ou « arme à feu ».


Le principal lobby des armes à feu s’est contenté d’un communiqué laconique : « Tant que les faits ne seront pas complètement connus, la NRA ne commentera pas. »


Enfin, les titres des fabricants de ces armes étaient en baisse lundi à Wall Street.

 

Avec l’Agence France-Presse et l’Associated Press

22 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 18 décembre 2012 04 h 40

    Hey!, une, deux, trois, feu.

    Voyons donc, pour voire si ca de l'allure que ce soit les marchands d'armes qui dirigent les États-Unis, Iy a une maudite différence entre avoir une arme et posséder un fusils d'assaults qui permettrait de tuer un village dans moins de temps que tu t'en rendes compte. Voila le délire de certaines personnes, ces supermans maladifs, Pourquoi ne pas acheter un thank a chaque maire , a chaque dirrecteur d'école, a chaque chef de polices. Voila ce qui arrive quand l'esprit dérape et que ce sont des commercants qui prennent le pouvoir

  • François Dugal - Inscrit 18 décembre 2012 07 h 44

    Le 2me amendement

    Le «gun» est garanti par la constitution.
    Les citoyens ne veulent pas que ça change.
    Les «dérangés» vont continuer à tirer.
    Est-ce que ça vous coupe l'envie de faire une petite virée aux «States»?

    • Sébastien Bédard - Inscrit 18 décembre 2012 15 h 57

      Tous des servant du New world Order être humanitaire n'est pas leur but tandis que le profis et l'esclavage moderne le sont.

  • Richard Laroche - Inscrit 18 décembre 2012 08 h 36

    L'alternative dont on ne parle pas

    Désarmer le gouvernement.

    L'idée derrière le second amendement aux ÉU est que le Peuple soit toujours armé pour pouvoir se révolter au besoin contre son propre gouvernement et sa propre armée.

    Donc en désarmant le gouvernement des ÉU et en relayant le pouvoir militaire à des milices civiles, le Peuple n'a plus besoin d'être armé. Par contre y'a plusieurs corporations internationales qui vont tomber si elles perdent la complicité des programmes secrets du gouvernement pour manipuler les marchés étrangers...

    • Sylvain Auclair - Abonné 18 décembre 2012 12 h 22

      Et comment se défendre contre les milices?

  • Carole Dionne - Inscrite 18 décembre 2012 08 h 43

    Le resserrement de leur cerveau également

    J'ai entendu un "amaricain" dire à la TV : " probablement que cela ne serait pas arriver si le professeur avait eue une arme". Pas tous les américains mais près de la moitié. Tout un raisonnement. Qu'est-ce que le professeur aurait fait avec un "gun" contre une mitraillette d'assaut?. Donc, j'imagine que le prof aurait dû avoir un AK-47. Oui, il y a de bonne chose chez nos voisins mais des fois, des petits pois à la place du cerveau.

    • Sébastien Bédard - Inscrit 18 décembre 2012 15 h 58

      Moi je trouve que c'est une bonne iddée surtout quand l'industrie veut faire plus d'argent !

    • Raymond Turgeon - Inscrit 18 décembre 2012 23 h 38

      Pas brillant de compter même sur un seul civil travaillant dans une école pour s'armer d'un pistolet et protéger les élèves et le personnel, et à plus forte raison s'il est ''désigné'' volontaire. Il n'a pas la compétence pour faire face à de telles situations.
      Par contre, parmi les mesures de sécurité comme augmenter le contrôle sur l'accès dans les écoles, l'implantation de plans d'urgence, un ou des professionnels armés compétents (selon la taille de l'établissement) pourraient très bien assurer une sécurité accrue et même diminuer les risques d'attaque du seul fait que leur présence (pas leur identité) soit connue publiquement.
      On pourrait utiliser des agents du FBI ou des US Marshals en civil, préparés spécifiquement pour ce travail et dont l'affectation ne durerait que 3 mois, 6 mois ou 1an, après quoi on les remplacerait.
      Il ne suffit que d'une seule balle pour neutraliser un assaillant.

      Raymond Turgeon

  • Marie-M Vallée - Inscrite 18 décembre 2012 10 h 02

    L'hypocrisie

    Ici au Québec, les malades plus ou moins atteints de folie ne les assassinent pas avec des armes à feu, mais plutôt avec des armes blanches ou encore, on les noie. C'est plus discret. Il y a moins de retentissement hystérique à la Hollywood.

    Et gardons-nous bien de parler des enfants « brassés » ou encore martyrisés par des conjoints d'un soir. Ces enfants garderont des séquelles permanentes.

    Quand parlerons-nous de tous ces cas ???

    Telle est l'hypocrisie de nos sociétés dites progressistes.

    • Martin - Abonné 18 décembre 2012 18 h 53

      Tu devrais essayer de taper enfants maltraités sur google. Tu verais qu'on en parle aussi.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 18 décembre 2012 19 h 43

      Ou comment changer de sujet. La violence conjugale, on en parle. Les bébés secoués, on en parle aussi. Les agressions aussi.

      C'est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle que de prétendre qu'au Québec on ne médiatise pas les cas de violence qui se passent chez nous.

      Personne n'a récemment pénétré dans une école pour «brasser à mort» 20 enfants et six adultes, donc inutile d'essayer de faire diversion. Là on parle de pourquoi de telles boucheries de grande envergure se produisent et comment faire pour que ça cesse.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 18 décembre 2012 23 h 43

      Vous avez raison. Et au Canada, 70% des homicides sont commis sans l'usage d'une arme à feu. Quelles mesures de contrôle exerce-t-on à l'endroit des citoyens qui ne possèdent pas d'armes?

      Raymond Turgeon