«Nous devons changer», dit Obama

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	Une jeune fille se recueillant devant un mémorial improvisé dressé au cœur de la ville de Newtown, au Connecticut.</div>
Photo: Julio Cortez - Associated Press
Une jeune fille se recueillant devant un mémorial improvisé dressé au cœur de la ville de Newtown, au Connecticut.

Le président américain, Barack Obama, a promis de faire tout ce qui sera en son pouvoir pour éviter qu’une tragédie similaire à la tuerie de Newtown, qui a coûté la vie à 26 personnes, ne se reproduise.

Le président américain était arrivé en fin d’après-midi à Newtown pour réconforter les familles des victimes et assister à un office religieux, deux jours après le massacre de vingt enfants et de six adultes dans l’école primaire de Sandy Hook vendredi. « Est-ce que l’on peut dire honnêtement que l’on en fait assez pour que tous les enfants de ce pays puissent avoir une vie heureuse ? », a demandé le président américain aux dizaines de personnes présentes dans l’église. « Non, nous n’en faisons pas assez, et nous devons changer », a déclaré le président. Il a expliqué que les « fusillades » sont devenues « quotidiennes ».
 
Dans un silence de plomb, il a continué son discours, la voix chargée d’émotion. « Ces tragédies doivent s’arrêter et, pour qu’elles s’arrêtent, nous devons changer », a-t-il dit. Le débat sur la mise en place de lois plus strictes est bel et bien relancé avec ce discours du président Obama. S’il n’a pas évoqué le sujet de manière explicite, M. Obama a laissé entendre qu’il n’y avait pas d’autres choix que de prendre des mesures afin d’éviter d’autres tueries. « Une seule loi ou une série de lois ne vont pas éliminer le mal de la surface de la terre, mais cela ne doit pas être une excuse pour l’inaction ! », s’est-il exclamé. Il a par la suite passé de longues secondes à nommer chacun des enfants tués lors de la fusillade. « On ne peut accepter que ce genre d’événements deviennent une routine », a-t-il rajouté.
 
L’été dernier, M. Obama s’était rendu à Aurora, au Colorado, afin de rencontrer les familles des victimes d’une fusillade qui avait fait 12 morts. En janvier 2011, il était allé à Tucson, en Arizona, après que six personnes eurent été abattues à l’extérieur d’un supermarché. En novembre 2009, c’était à Fort Hood au Texas, pour rendre hommage aux victimes d’une tuerie qui s’était déroulée dans une base militaire. Après la tuerie du Colorado, M. Obama n’avait pas souhaité ouvrir un débat sur les armes à feu, peu avant les élections, note Fox News.
 
Il n’a pas donné de détails au sujet des mesures qu’il compte prendre pour éviter que de nouvelles tragédies ne se répètent, mais une des premières mesures qu’il pourrait tenter de mettre en place serait d’interdire les fusils d’assaut. Une loi, signée par le président Bill Clinton en 1994, les avait interdits, mais elle a expiré en 2004, et n’a jamais été renouvelée depuis.
 
Toutefois, la Maison-Blanche a confirmé à CNN samedi que le président Obama est d’accord pour réinstaurer une telle interdiction. Il s’était déjà engagé à le faire en 2008, mais n’avait pu tenir sa promesse, dans un contexte électoral. « Ça reste un de ses engagements », a déclaré son porte-parole, Jay Carney.
 
L’auteur présumé de la fusillade dans l’école Sandy Hook de Newtown, Adam Lanza, a utilisé un fusil d’assaut pour tuer 20 enfants et 6 membres du personnel de l’établissement. Il s’est ensuite suicidé, alors que les premiers répondants venaient d’arriver sur les lieux. Auparavant, il avait aussi tué sa mère à son domicile de Newtown. Le jeune homme avait en sa possession quatre armes différentes, selon la police de l’État du Connecticut. C’est avec un fusil semi-automatique Bushmaster.223 qu’il a abattu les 26 personnes qui se trouvaient dans l’enceinte de l’école, selon la police.

La sénatrice américaine Dianne Feinstein a indiqué dimanche qu’elle allait proposer une loi pour bannir les fusils d’assaut, comme le Bushmaster qui a servi à perpétrer la tuerie, dès l’entrée en fonction du nouveau Congrès début janvier.
 
« Je vais déposer au Sénat, et le même texte sera présenté à la Chambre des représentants, une proposition de loi pour bannir les fusils d’assaut », a déclaré Mme Feinstein, une démocrate, dans une interview à la chaîne NBC. Alors qu’on lui demandait si le président Barack Obama soutiendrait son initiative, la sénatrice de Californie a répondu : « Je pense qu’il le fera. » Mais dans un Congrès plus divisé que jamais, il faudra que les chefs des deux partis, démocrate et républicain, appuient cette proposition de loi pour qu’elle puisse être adoptée.
 
Encadrer la vente des armes

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a exhorté le président Obama à prendre des mesures pour mieux encadrer la vente et l’achat des armes à feu. M. Bloomberg demande depuis des années au gouvernement fédéral d’adopter des lois plus strictes. « Pour le président, c’est le moment de se lever, je pense, de mener et de dire à ce pays ce que l’on doit faire » a-t-il dit en entrevue dans l’émission Meet the Press, diffusée dimanche sur le réseau NBC.
 
Plus tôt dans la journée, des services religieux se sont succédé dans la petite ville traumatisée de Newtown, où de nombreux coins de rue étaient transformés en mémoriaux improvisés, avec bougies, mots de réconfort, ballons blancs et peluches.
 
Seul incident dans une ville déjà à bout de nerfs, une église a dû être évacuée après un coup de téléphone qui a conduit les autorités à sécuriser les alentours de l’édifice.
 
La police a par ailleurs formellement confirmé l’identité de l’auteur de la fusillade, Adam Lanza, 20 ans, qui s’est suicidé après avoir tiré « beaucoup, beaucoup de coups de feu, des centaines ».
 
Les enquêteurs ont parlé à la seule adulte blessée qui a survécu. Et les corps ont commencé à être rendus aux familles, a déclaré M. Vance, mettant par ailleurs en garde contre certaines fausses informations circulant sur les réseaux sociaux.
De nombreuses questions restent encore sans réponse, et Paul Vance a expliqué qu’il faudrait encore « des semaines de travail » pour en venir à bout.
 
Selon certains témoignages, Adam Lanza, jeune timide et solitaire, très intelligent, souffrait du syndrome d’Asperger, trouble du spectre autistique.
 
L’école était fermée lorsqu’il est arrivé à 9 h 30 vendredi matin, de récentes mesures de sécurité obligeant à sonner pour entrer, une fois les élèves en classe.
 
De nombreux journaux américains affichaient dimanche les visages angéliques des enfants (douze petites filles et huit petits garçons) et des six femmes mortes avec eux, certaines en tentant de sauver leurs petits élèves.
 
Avec l’Agence France-Presse
41 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 17 décembre 2012 01 h 08

    Pathétique et incompréhensible

    Comment une mère peut-elle collectionner des armes avec un fils autiste ?

    • André Dumont - Abonné 17 décembre 2012 08 h 18

      Elle n'a fait qu'adopter le comportement culturelle tout à fait normale des gens de son pays sur la possession d'arme de ce type.

    • Danielle Caron - Inscrite 17 décembre 2012 08 h 49

      Comment une mère peut-elle collectionner des armes, point.

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 17 décembre 2012 09 h 21

      Peut-être que dans sa tête, cette femme collectionnait un symbole de liberté, prescrit ainsi par le document constitutif le plus important de sa nation (la Constitution)? pour répondre aussi à M. Talbot, une telle dissonance cognitive inculquée dès l'enfance, et associant l'arme à feu au concept pourtant beaucoup plus large et nuancé qu'est celui de liberté, ferait rougir de jalousie docteur Pavlov... Il devrait exister d'autres moyens et institutions démocratiques capables de garantir le recours citoyen contre les abus de pouvoir et en préserver le sens il me semble (ce message s'adresse aussi à nous). Car le fait est qu'on ne fait qu'assister à une déviation de sens, justement partce que ça n'a pas de sens...

  • Gilbert Talbot - Abonné 17 décembre 2012 02 h 16

    Une société malade en train de s'autodétruire.

    Il ne faut plus penser que le mal vient d'individus malades. Il y en a trop eu de ces tueries. Il faut commencer à penser que c'est la société américaine toute entière qui est malade. On doit se demander pourquoi on insiste tant pour porter une arme. On ne voit pas une telle obssession ailleurs. La peur de l'autre est maladive aux USA. Michael Moore, dans son film sur Colombine avait identifié la paranoïa comme maladie possible. On doit explorer cette possibilité. On ne soigne pas la paranoïa par les armes, au contraire. Les médecins, psychologues et psychiâtres américains devront développer des thérapies de groupe pour soigner cette maladie. Et le point de départ sera de reconnaître que nous en sommes tous atteint. Peut-être que c'est ce que voulait dire le président Obama lorsqu'il a dit que nous devions changer.

    • André Dumont - Abonné 17 décembre 2012 09 h 06

      Le réflexe logique de ce peuple comme une réaction primaire de l'humain sera dans un premier temps de songer à restreindre l'usage de ce type d'arme d'assaut au niveau de la population. Mais l'on voudra le permettre qu'à certains individus que l'on croit le plus sain d'esprit dans ce type de lieux pour assurer la protection des citoyens. Cette logique est inscrite dans le concept même de ce qu'il conçoive être comme une évolution de la socièté. La protection de l'individu prime au niveau de la constitution et l'escalade dans l'armement pour atteindre ce niveau de protection est considéré comme pratiquement une évolution sociétale. On est loin de de croire à l'autodestruction de la société. Alors risque fort dans ce contexte de faire partie de l'arsenal de protection de beaucoup de lieux semblables. Une Amérique de plus en plus forte est de plus en plus évolué pense t-il ce bon Américain moyen.

    • Ben Goldy - Inscrit 17 décembre 2012 09 h 07

      Gilbert Talbot, j'aime toujours tes propos. Oui, comment le pays USA doit changer comme il continue licher les criminels comme on faisait de plus en plus et trop au Quebec? Au moins, un peu de vrais bonnes citoyennes et bons citoyens au Quebec desire maintenant continuer de cesser la mafia et autres qui les lichent et, donc, on peut instruire Obama de cesser les licher aussi? Mais Obama est un farceur qui laisse les criminels produire et vendre des drogues, ne brulant meme pas les champs des drug-warlords en Afgahnistan qui detruisent le Canada et les USA et autres bonnes democraties?

    • claire Piché - Inscrit 17 décembre 2012 13 h 22

      @Gilbert Talbot « On doit se demander pourquoi on insiste tant pour porter une arme. On ne voit pas une telle obssession ailleurs. »

      Vraiment? Pourtant, je me rappelle que des membres d'une communauté ethnique vivant à Montréal soient allés jusqu'en cour suprême pour que leurs jeunes adolescents aient le droit de porter un kirpan sur eux en tout temps, même à l'école, et ils ont gagné!

      Les journalistes donnent également souvent à voir de jeunes garçons avec des armes de type kalachinikov en bandouillère. Le nom des pays en question m'échappent mais ce n'était pas en Amérique. Le plus étonnant est que cela semblait tout à fait normal pour eux, je dirais même qu'ils avaient l'air d'en être fier!

  • François Dugal - Inscrit 17 décembre 2012 08 h 03

    Changer

    «Nous devons changer»
    Oui, alors comment, monsieur le président?

    • Ben Goldy - Inscrit 17 décembre 2012 11 h 01

      Francois Dugal, tu sais que Obama ne veut que des riches comme lui?

    • François Dugal - Inscrit 17 décembre 2012 13 h 10

      Ben Goldy, c'est le monde ordinaire qui possède des armes, rien à voir avec les riches.

  • Daniel Lambert - Inscrit 17 décembre 2012 08 h 09

    Le rêve américain

    Une fois encore, les États-Unis d'Amérique sont plongés dans le chaos, l'incompréhensible, l'inexplicable. Ce quelque chose d'indicible qui semble caractériser les États-Unis d'Amérique peut-il être compris, expliqué, dans une société qui a tant à offrir à tous, où la réalisation de tous les rêves est possible, accessible. Malheureusement, ce concept du «rêve américain» incarné par les acteurs hollywoodiens, les riches, les bien nantis, n'est pas accessible aux pauvres, aux petits, aux laissés-pour-compte. La réalité sociale américaine, depuis quelques décennies, fait déchanter bien des Américains, et de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer ses dérives.

    L'Histoire récente des États-Unis nous montre que le XXe siècle a été marqué par la lutte de bien des Américains, tels Martin Luther King, Rosa Parks, et d'autres, qui ont cherché à créer une société accessible à tous, où les droits humains, et le rêve américain, soient à la portée de tous, et les résultats escomptés n'ont pas toujours été ce qu'ils auraient dû être. De plus en plus d'Américains parlent d'une Amérique de l'ombre, bien éloignée des aspirations de ses citoyens, et la désillusion , avec le temps, a pris le haut du pavé, comme cherche à l'expliquer Chris Hedges dans son livre quasi prophétique «l''Empire de l'illusion».

    Quelques heures après le drame, le président Obama, ému, en larmes, a rappelé la nécessité à prendre des «actions significatives» pour empêcher de telles fusillades, de telles tueries. Seul l'avenir nous permettra de connaître les actions auxquelles le président fait allusion.
    au grand rêve

    • Ben Goldy - Inscrit 17 décembre 2012 11 h 05

      Daniel Lambert, pourquoi dire: l'inexplicable?
      Comme on sait que Obama ne veut pas que des enfants profitent des ecoles, mais que les criminels continuent y entrer?
      Obama endette les ecoliers en pas fournissant des $ aux ecoles!!!

  • France Marcotte - Inscrite 17 décembre 2012 08 h 17

    Nous sommes le monde

    « Une seule loi ou une série de lois ne vont pas éliminer le mal de la surface de la terre, mais cela ne doit pas être une excuse pour l’inaction ! », a dit le président.

    Même dans la douleur, on a le réflexe de se voir comme le nombril du monde.

    ll ne s'agit pas ici du mal à la surface de la terre, monsieur, il s'agit d'un problème qui vous regarde, dans votre enclos.

    • Daniel Lambert - Inscrit 17 décembre 2012 10 h 04

      Mme Marcotte, vous avez simplement oublié la maxime américaine: «We are the world». Et le président n'a pas tort quand on connaît l'influence de la culture américaine sur toutes les nations. À chaque coin de rue, de nos villes, il y a leur Mc Do, leur Brugers, leur PFK... Et si vous décidez d'aller au cinéma, vous devrez vous rabattre sur des films américains. Si vous choisissez la télé: la plupart des films sont aussi américains.

      S'il se passe une catastrophe aux États-Unis, les médias écrits et télévisuels en feront leur sujet fétiche durant toute une semaine; et si le Canada, le voisin du nord, vit une situation similaire, CNN en parlera 2 minutes et les médias écrits en parleront à peine.

      Comme mon prof d'économie disait: quand il y a la grippe aux États-Unis, le reste du monde tousse!

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 17 décembre 2012 10 h 11

      Cela nous regarde aussi, à partir du moment où l'on accepte que plus de 80% de notre espace écranique est possédé par les "Majors" faiseurs d'images et de mentalités sociales US.

    • France Marcotte - Inscrite 17 décembre 2012 10 h 42

      Cette question particulière des armes est un problème particulier à nos voisins.

      Il n'est pas celui de la plupart des pays développés.

      Lisez la chronique de F.Brousseau.

    • Ben Goldy - Inscrit 17 décembre 2012 11 h 07

      France, comme tu souligne: une excuse pour l’inaction!

      Mais Obama ne fait que donner une excuse pour l’inaction!

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 17 décembre 2012 11 h 46

      France, au lieu de lire une chronique d'un tel, regardez dans la rue et ces gangs qui sont un phénomène très récent par chez nous. Constatez aussi cette nouvelle attitude laxiste avec les armes à feu et que l'on peut palper depuis cette polémique entourant le registre des armes, que plus d'un veut supprimer, usant à la corde les arguments de nos voisins. Constatez aussi ces discours de plus en plus récurrents et réducteurs sur des principoes d'utilisatreurs-payeurs, cette volonté de plusieurs de vouloir copier le système de santé et d'éducation US (on ne peut pas parler de démocratie quand à l'entrée les dés sont pipés en faveur d'oligarchies ploutocrates), ce sentiment de mépris condamnant des strates imperméables de pauvreté et leurs enfants que le système socio-économico-culturel US renforce de génération en génération...

      Bref, madame, je ne suis pas du tout d'accord avec vous : cela nous concerne aussi, par phénomène "d'osmose culturelle" (quand cette culture que l'on véhicule chez nous, est principalement le fruit de cet "enclos" que vous décrivez ainsi faussement ; aloprs que - et je me répète - le contenu est principalement dicté par les propriétaires de nos écrans de cinéma : les Majors US). Faut pas se mettre la tête dans le sable non plus...